‹ Histoire de Cromwell (volume 3)Chapitre 124 sur 131 · LIVRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIÈME

en faveur de la royauté. Les Presbytériens et les Royalistes agissaient de concert ; tout le reste était repoussé sous la dénomination de fanatique , que M onk avait mise à la mode.

Un souvenir des premiers temps de la révolution porta presque tous les choix sur des Presbytériens modérés. C'étaient eux qui, ramenés dans le sein du long parlement , l'avaient enfin dissous. Leur présence justifiait tout de la révolution, excepté les crimes, et convenait ainsi à Tintérét du plus grand nombre.

Cependant Monk tenait tous les pouvoirs dans sa main; il avait réduit les vieux régiments de Cromwell à la même obéissance que ses propres soldats ; et le feu de la guerre civile et du fanatisme étant tombé , toute cette armée n'attendait plus qu'un maître. La flotte était également soumise aux ordres de Monk, ou du moins il en partageait le commandement avec l'amiral Montagne , qui n'avait jamais été républicain, et qui, long -temps séduit par la puissance de Cromwell, était empressé de servir une cause qu'il avait trop long -temps

BgS HISTOIRB DE CROMWELL.

oubliée. HoUes y Manchester, Fairfax , tout le parti presbytérien , la noblesse , le peuple , desiraient le Roi; et Monk était porté dans son projet par les Tœox d« TAngleterre. Mais beaucoup de Presbytériens auraient youIu subordonner le rétablissement de la monarchie à des conditions librement acceptées.

Monk j changeant pour ainsi dire de dissimulation , affectait de demander plus qu un autre des précautions et des sûretés contre la monarchie , tandis qu'il jnédifeMt de rendre au Roi la plénitude de son pouvoir.

Sir fohn GrenviQe était secrètement rerenu de Bruxelles, apportant les proclamations royales qui deyaient être présentées à Touverture du parlement; et il avait retms à Monk la récompense de son projet commencé , le titre de Ueutenant-général.

Ce fut le a 5 avril 1660, que la nouvelle chambre des communes se réunit dans Westminster. HariK)tle Grimstone, autrefois exclu du long parlement , où il avait le premier dé* nonce les projets de Cromwell, fut nommé président y et conduit au fauteuil par le gêné-

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rai, que Cambridge avait élu député. En même temps les anciens membres de la chambre des pairs , sans distinction de parti , se réunirent sous k présidence de lord Manchester, que nous avons vu commander contre le Roi, à la première époque de la guerre civile. Ces mesures diverses étaient comme les degrés du rappel de Charles ; et ce ne fut qu'après avoir réuni près du trône renversé toutes les formes légales , que Monk rompit enfin le silence.

La chambre des communes marqua d'abord ses sentiments par les honneurs et les éloges qu'elle décernait k Monk. Le nom du Roi n'était point prononcé ; mab son pouvoir était déjà par- tout. Dans ces derniers moments, quelques anciens niveleurs furent arrêtés avec cet inflexible Harrisson , toujours pauvre et persécuté sous le protectorat. Le i*^ mai, les lettres et les déclarations de Charles, apportées par Grenvil , vinrent annoncer à la cham* bre le rétablissement de la monarchie : elles renfermaient quelques promesses générales^et laissaient tout le reste à la dédaion des chambres.

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Les Républicains reprochèrent à Monk de n'avoir pas transigé pour eux , et d'avoir perdu tous les fruits de la révolution. Dans ce i66o. ïï^ouvement de confiance et d'enthousiasme qui transportait les deux chambres, quelques voix s'élevèrent pour demander que l'on réclamât les anciennes concessions proposées par la couronne dans la dernière guerre. Un homme d'une grande piété, et d'une vertu respectable à tous les partis , sir Mathew Haie, le défenseur des Royalistes, sous la tyrannie de Cromwell , ouvrit lui-même cet imprudent avis; Monk le repoussa vivement , et déclara que , d'après les renseignements qu'il avait sur l'état de l'Angleterre , il ne pouvait plus répondre de la paix publique , si le rappel de Charles était différé davantage ; et que ceux qui voulaient le retarder seraient comptables du sang et du désordre qu'il craignait. « Qu'ace vez-vous besoin , dit-il , d'envoyer des proie positions au Roi; il vient à vous, sans avoir « ni trésor pour vous corrompre, ni armée « pour vous asservir. » Ce fut là , dit Burnet , le plus grand service que rendit Monk.

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