LIVRE SEPTIÈME. Sy
ne manquait pas de réponses. Alors on lui objectait, qu'en abandonnant son poste , il perdait l'occasion de faire du bien. Ludlow répondait suivant la doctrine de TÉglise , qu'il n'était pas permis de faire le plus petit mal dans la vue du plus grand bien , et que c^était un mal de fortifier l'usurpation de Cromwcll. Il ajoutait que si tous les Républicains refusaient d'agir et s'éloignaient, Cromwell ne pouvant se fier aux hommes du parti contraire , serait forcé d'abandonner ses projets , faute d'instruments pour le servir. De tels caractères étaient sans doute incommodes pour un usurpateur; mais cette fermeté de principes était mêlée d'une sorte de rectitude systématique qui réduisait Ludlow à des protestations, et ne lui permettait pas de rien entreprendre. Il persista dans son refus de participer aux délibérations du conseil; et conservant le grade militaire qu'il avait reçu du parlement, mais sans en faire aucun usage contre l'intérêt de Cromwell , il assista à l'entière soumission de llrlande sous l'autorité du Protecteur.
38 HISTOIRE BE CHOMWELL.
Crom well , après avoir solennellement établi dans Londres le siège de se» pouvoir, s'occupa de inéna^E ^mtes les sectes et tous les i653. partis, dont les divi^^ms avaient £aivQrisé sa grandeuff , mais qu'une haine cocomune devait maintenant réunir* contre, lui.
Le parti militaire , dont il empruntait toute sa puissance , fut maintenu dans le respect et la crainte. La plupart des officiers Curent à peine consultés, et ne servirent que de témoins et d'appuis^ à l'usurpation de leur général. Avant que le Protectorat eût été proclamé^ dans le premier conseil militaire où le général Lambert exposa la situation de la république et donna lecture de Vinstrument déêcUy quelques officiers avaient essayé d'élever la voix contre cette nouveauté ; mais Cromwell les interrompit, en les avertissant qu'il n'était plus temps de cbscuter sur le fond même du gouvememeot^et qu'on, voulait seulement connaître leur opinion sur la forme de Tacte. Renfermés daps ce cercle étroit, ils avaient demandé que àfà moins à l'avenir le titre de général fût incompatible avec la di-