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le nouveau gouvernement. Cromwell, dès le jour de son installation , affecta un grand et nouvel appareil; et malgré la rudesse religieuse des mœurs du teiâps , il ptît un céré-^ monial pdtopeux.
Ce changement prévu dépuis long^temps ne trouva pôânt d^obstadles. La plupart de!s ennemis de Cromwell convinrent c)ue son pouvoir était inévitable , et se COBsolèr^ni par leâ redttTC*« tions qu'il parai^it y mettre , et par la pro-^ messe d'un parlement. Le peuple était las et étonné. Beaucoup d'hommes qui s'étaient soulevés contre la royauté crurent avoir gagné quelque chose en retombait sous nn pouvoir, électif et temporaire ; ou plutôt , ils se dégui'aèrent ainsi leur faiblesse «t le honteux oubli de leuirs principes. Ce ftlt le se^hishie , que Von répéta le plus dans qu^lqueis écrits pu*bliés,pour soutenir le nouveau gouvememeint.
Dans un de ces pamphlet!^ (ï) , qui kit traduit en latin , et adressé aux cours étrangères , on établit que l'autorité du Protecteur sort ori*-
(i) Case of die common-'vrec^lth , p. ^7.
32 HISTOIllE DE CROMWELL.
ginairement et virtuellement ide la volonté du peuple, ce qui est le plus grand signe de la liberté publique ; coiïime si cette volonté avait existé; comme si la chambre que Cromwell chassa par la violence avait reconnu son pouvoir ; comme si la chambre , qu'il nomma par sa seule volonté, avait pu lui transmettre un titre qu eUe n'avait pas. L'auteur de cet écrit , après avoir avancé que , par la nouvelle constitution , tous les grands actes de souveraineté émanent du peuple, en vient à l'éloge de Cromv\rell: « Quant à celui (i) que le Seigneur « a mis en avant , et élevé sur nos têtes pour ce être notre, suprême magistrat , nous en par- « lerons peu, parce qu'il ne cherche pas la a gloire des hommes. Nous pensons seule- « ment que même les ennemis reconnaîtront « digne de régner l'homme dont le Seigneur ce a daigné se servir dans l'œuvre glorieuse « de la liberté de son peuple , car nous ose- « rons dire ( en pesant toutes les circonstances « à-la-fois ) que jamais cette nation n'avait été
(i) Oise of the common-wealth , p. 47.
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« réellement libre , et n avait , sous aucun rap- « port, joui de sa liberté aussi pleinement c qu'aujourd'hui; de manière qu'il ne manque « plus que de nous rallier de cœur au gouc vemement, pour détruire toutes les espé- € rances de l'ennemi commun et pour com- « pléter notre bonheur. » Telle était, en effet, l'étendue de liberté dont jouissait l'Angleterre, que personne ne répondit à ces ridicules sophismes.
Le premier acte du Protecteur et de son conseil , fut de maintenir en place les juges , les magistrats municipaux, et les officiers de l'amirauté. La proclamation qui annonçait cette mesure provisoire parut presque aussitôt que la nouvelle de l'élévation du Protecteur, et contribua, sans doute, à rendre l'obéissance plus facile et plus empressée^ Les adresses et les félicitations se prolongèrent pendant plusieurs mois; il en vint de la part des comtés, des corporations, des grands jurys. Mais une des premières et la plus importante , fut celle de la flbtte illustrée par tant de victoires. Les hommes qui la commandaient étaient ou des IL ^ 3
34 HISTOIRE l>£ CROMWELL.
créatures de CromweU , ou des marins étrangers aux spéculations de 1» politique, et qui mettaieBt leur patriotisme à vaincre et à obéir: ils $e soumirent sans pteiue.
La partie de 1 Ecosse <{m avait été coaquise et qui était encore occupée par lés lrou|)tes de Cromwyell, ne pouvait oârir ni ré^^tW^^ ni volonté. Le nosa du Protecteur fujt Mwoédiaiemeot proclamé dans toutes 1^ villes. Lés montagnards , trop pauvres et trop simples pour 'êtBe découragés par 1^ maux d^ la guearre, et p«r Texemple de U aojupiis^ion générale, continuaient did harceler les ijarnisons anglaises. Mais ne recevi^nt phis «uoun seoouvs extérieur , ils eurent presqi^ to^îo^r^ le désavantage ; et Mouk , depws )a lia des hostilités marilia»es, élaot veim j[)Q|)irefidre le commandement miliitaire de VÈaîmi»^ ré* prima bientôt toutes les rabeUions , auiaDjt par sa cruauté, que par sa valeur*
L'autorité du Protecteur recu^ntra f)l9»
d'obstacles en Irlande ; noii qu'il fut au pouvoir de ce malheureux paysd'opfMSser quelqi^ résistance: mais le heutenant ^géarfral Ludi-
LITRIS SEFTIÈMC. 35
iow (i)^ lAcien membre du pariement , repu-
J^licaiD sincère , faonime int»rruptible , »
vapiM à la tête des loroes miliuâres de ce
gomfiememeat , était peu disposé k seconder 1654.
fétubtiftsemeat d'un pouvoir, apn lut parsds-
laît injuste et u^urpé< Il nous apprend lui»
même , qu'il retarda pl«s de qtiinse jours ia
prodamation du Proteot^rmt dans DuMin , où
réeridait Tadinimstratioin anglaise. SHl a^ait élé
aussi entreprenant (pve feme €t opifdâtPe , 'il
pouvait^ à la feveur de sa situation, enJ^ar*-
iwserOronm^H, qui ^vait cru se délivrer de
lui, et% r^hHgnatfti Mais, la question ayant été
discutée entre les commissaires et qildkfues
officiera , Fle^ttrood , ^ndre de OfMEmell >
obiitkt , à la infajof ité d'tfne totsi , que k pro*
damaticm aurait lieu. Ludlow v^dftisa de sou»-
mre la décision du ^comité; et pour Oiclier
te disisentinient , Tor^ke de proclatner le t^o^
rect^ùr ftM sigtié (â) seuleineiit par ^t secrëtatre
du oonsefl au nofin de toiis^ \é& cdnmnssaiiies.
(1) Ludlow^s memoirSy ▼. 11 , p. ifi^»
(a) Idem, p. l^g^.
La cérémonie tant différée , se fit avec peu de pompe , et encore moins d'enthousiasme. Aucun officier supérieur n'y parut ; « mais Fartillerie, « ajoute Ludlow ,étant sous les ordres du lieutec( nant-généralFleetwood , tira quelques coups, ce dont le public payait la poudre. » Ludlow s'étant dès-lors retiré du conseil , manifesta hautement une opposition à laquelle son caractère donnait de l'autorité. Fleetwood et quelques autres , soit par zèle pour Cromwell , soit pour se donner un complice de leur faiblesse, essayèrent de l'engager à reprendre ses fonctions. Ce point se discutait en forme, suivant l'esprit du temps. « Supposez, disaient les (c partisans de l'obéissance, que Cromwell soit . ce un tyran, qu'il n'ait aucun droit à lauto- « rite , qu'il soit un méchant homme , ( et la a plupart , ajoute Ludlow , reconnaissaient ina génuement la vérité de cette dernière suppo- « sition , ) il n'en est pas moins vrai qu'un « honnête homme peut agir sous lui ; » et ils alléguaient aussitôt l'exemple du centurion de l'Évangile, qui servait sous Néron. Ludlow (i)
(x) Ladlow's memoîrs, t. u, p, 464.