‹ Histoire de Cromwell (volume 3)Chapitre 18 sur 131 · LIVRE SEPTiiME* Sj · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTiiME* Sj

<E Sous le ciel, jamais le Seigneur ne s'est « ainsi conduit avec aucun peuple. Le Seice gneur vient d'ajouter un nouvel anneau « à la chaîne d'or de sa bienveillance ; il nous c a donné la paix avec nos voisins, les Pro* « vinces-Unies. »

Cromwell ayant imposé la paix k la seule x654. puissance maritime que pût redouter l'Angleterre j et recevant les félicitations empressées des principaux souverains, se trouva, dès le commencement de son usurpation, reconnu, de toute l'Europe. Il emporta cet hommage par l'inflexible hauteur de sa politique. Une circonstance remarquable fit ressortir dès le commencement ce caractère , qu'il maintint toujoiu'S dans ses relations avec les autres étals. Le frère de l'ambassadeur de Portugal ayant eu querelle , dans un lieu public , avec un Anglais nommé Gérard , se fit suivre le lendemain de plusieurs valets armés, qu'il chargea de venger son injure. Ceux-ci tuèrent un passant , qu'ilç prirent pour Gérard. Dans le désordre qu'excita ce meurtre , ils se réfugièrent avec leur maître à l'hôtel de l'ambassade , où

le peuple les poursuivit Cromwell envoya aussitôt un officier avec sa compagnie, pour sommer Tambassadeur de livrer son frère.

L'ambassadeur • insista sur le privilège de sa dignité , et se plaignit de la violence qu'on lui faisait. Cromwell fit répondre : Un homme a été tué, il faut que justice soit faite; et il ordonna en même temps qu'on remît entre les mains de son officier tous les coupables , qui autrement seraient enlevés à force ouverte par le peuple. L'ambassadeur céda, et les Portugais ftirent conduits à Newgate. Toutes les sollicitations , toutes les prières qu'on essaya en leur feiveur n'obtinrent jamais de Cromwell que cette réponse : il faut que justice soit faite. Elle le fut réellement ; en vain le principal accusé allégua , que non-seulement il était frère de l'ambassadeur, mais qu'il était son représentant , et qu'il avait secrètement le même titre que lui. Le Protecteur fit décider par la cour (i) que cet étranger n'aurait aucun privilège.

Suivant la procédure anglaise, on ne lui ac-

(ï) Whitelockc*8 memorials, p. 55o.

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