LIVRE SEPTîiME
corda point de défenseur pour la discnssion du hity mais seulement pour la discussion du droit. Traduit devant un jury composé moitié d'Anglais et moitié d'étrangers , il iut condamné ^^^A» avec quelques autres de ses complices. On le conduisit au lieu du supplice dans une voiture à six chevaux. Le même jour l'ambassadeur fut forcé de signer un traité, par lequel le Portugal s'engageait à payer au Protecteur une indemnité considérable.
Un feit singulier que les historien3 racontent sans paraître y faire attention, et qui, peut-être, n'offre qu'une rencontre accidentelle : c'est que le même Gérard (r), acteur principal dans cette anecdote , se trouva précisément, à la même époque, arrêté comme chef d'une conspiration royaliste. Il fat jugé par une haute Cour avec deux autres complices, et décapité à Tower-HiH , la veille de rexécutîoih des Portugais.
Quelques écrivains ont révoqué en doute la réalité de cette conspiration, et n'y ont
(i) Clarendon's history , p. 645.
6o HISTOIRE DE CROMWELL.
VU qu'une infâme manœuvre des espions de Cromwell. Clarendon affirme que Charles II , alors retiré à Paris , loin d'inspirer aucun projet semblable , interdisait à ses sujets toute tentative en sa faveur, dans un moment où ils ne pouvaient que se perdre eux-mêmes sans servir sa cause. Cependant , on trouve , dans le recueil de Thm^loe, beaucoup de preuves juridiques de cette conspiration , des interrogatoires , des aveux , et une . prétendue proclamation, où l'on promet, au nom du Roi, im pardon illimicé, et de grandes récompenses à celui qui ferait périr Olivier Cromwell, en exceptant toutefois de cette promesse et de cette mission, Lenthall Haslerig et Bradshaw. Ces faits ne détruiront pas le témoignage respectable de Clarendon , si l'on songe.. à tous les efforts, à tous les projets que l'indignation d'une grande infortune, le dévouement et l'ambition, devaient multiplier parmi les partisans de Charles, sans son inspiratipp.ni son aveu» Lç Protecteur affecta de donner une grande importance à cette découverte. Il fit répandre la nouvelle