I.IVBE SEPTièUE
des lois de Cromwell. Non content d'avoir soumis la feculté de prêcher à l'autorisation d'un comité, il nonuna des commissaires pour supprimer les ministres scandaleux ou ignorants. D'autres mesures, rapidement expédiées dans ce court intervalle, avaient un caractère moins despotique, et même une utilité véritable. Telles étaient une ordonnance pour la punition du duel (i ) , ime réforme de la cour de chancellerie, l'établissement d'une inspection légale sur les deux universités de Cambridge et d'Oxford , et sur Je célèbre collège d'Éaton. Cromwell faisait tous ces actes législatifs, par le seul concours de son conseil ; et ce fut aussi dans la même forme qu'il prolongea la durée des impôts que payait le peuple anglais. Llrlande, où l'autorité du Protecteur avait été si facilemeut reconnue, malgré l'opposition de Ludlow, lui donna l'occasion de produire, sur un grand théâtre, son fils Henry , qu'il avait introduit dans sonconseU, et qu'il voulait préparer à l'exercice du pouvoir. Cromwell l'envoya visiter ce royaume.
(i) The parliamentary hittory, v. xx , p. 3io.
Le fils du Protecteur, sans autre suite qu'un seul valet, vint débarquer à Monck-Town, près de la maison de campagne de Ludldw, qui lui envoya son carrosse pour le recevoir. Le jeune Cromwell se rendit à Dublin , chez Fletwood , et put bientôt s'assurer par lui-même de deux choses également Ëivorables au despotisme, la fidélité des troupes, et l'indifférence du peuple abattu par la misère. Pressé de re^ porter ces nouvelles à son père (i), il revit avant son départ Ludlow, et s'entretint familièrement avec lui à sa maison de campagne.
La conversation s'étant fort animée, le jeune Henry, élevé dans la profonde dissimulatioa de son père, n'opposait au mécontentement de Ludlow, que l'assurance de l'affection particulière du Protecteur. Ludlow qui, disait-il ne changerait pas d'opinion , lors même qu'il verrait son propre père à la place du Protecteur, expliqua, suivant ses principes, comment il avait pris les armes pour assurer la liberté civile , tandis que maintenant les armes
(i) Ludlow^ft memoi», y. u, p. 490.