‹ Histoire de Cromwell (volume 3)Chapitre 23 sur 131 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

et la violence servaient à maintenir un gouvernement usurpé. Mais Henry lui fit sentir en peu de mots, que les auteurs d'une révolution républicaine se trouvent liés en dépit d^eux-mémes au despotisme qui la termine et la protège. « Voulez-vous donc , lui dit ce « jeune homme , remettre Fépée dans le four- « reau? je vous croyais plutôt convaincu que a vous avez autant d'intérêt que personne à ne « pas poser les armes. » Ludlow répondit en alléguant les principes de la liberté civile. Le jeune Henry partit pour l'Angleterre, et laissa Ludlow mécontent , mais dans l'impuissance de rien entreprendre. La complicité d*un grand crime forçait les plus fiers Républicains de plier la tête sous une tyrannie abhorrée, mais tutélaîre.

En écrasant l'esprit de liberté, en se substituant à la république, Gromwell avait mis en lui-même le seul obstacle au retour des Stuarts, et s'étadt rendu d'autant plus indispensable aux Républicains , qu'il avait détruit leur ouvrage.

Rcunion de la nouyelle chambre. Discours du Protecteur. Opposition de la chambre au pouvoir de Cromwell. Cette assemblée met en discussion l'acte constitutif du protectorat. Cromwell fait placer une garde à la porte de la salle des séances, et, ayant convoqué les députés dans une autre salle , .il leur déclare , après un long discours, qu'aucun d'eux ne continuera de siéger sans avoir souscrit une reconnaissance de son autorité. L'assemblée reprend l'examen de l'instrument d'état, et consume le temps en discussions. — Mort de la mère de Cromwell. — La chambre refuse de reconnaître l'hérédité du protectorat. Cromwell, au bout de cinq mois, dissout la chambre. Son discours. — Conspiration et armement royaliste. Taxe du dixième des biens, imposée sur les Royalistes. Création des gouverneurs militaires. — Résistance légale du marchand Cony. Conduite honorable de quelques jurisconsultes. Fermeté du juge Haie. — Politique extérieure. Cromwell préfère l'alliance de la France à celle de l'Espagne. Il envoie une flotte contre les colonies espagnoles. Conquête de la Jamaïque. Expédition de Blake contre Alger et sur les côtes de la Toscane. — Généreuse intervention de Cromwell en favçur des Protestants de la Savoie. Traité avec la France. Manifeste contre. l'Espagne. Prise de galions chargés de trésors.

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JL ES six mois de dictature que Cromwell s'était ménagés , en reportant au 3 septembre la convocation du parlement, avaient été remplis de manière que sa puissance nouvelle semblait n'avoir plus à redouter cette dernière épreuve. Clarendon et Ludlow s'accordent à nous représenter le Protecteur affermi par l'aJJiance des Cours étrangères , la soumission du peuple, le découragement des partis , et sur-tout par la vigueur et l'activité de son gouvernement. Les charges de judicature étaient remplies par des hommes intè-

gres. Les flottes et l'armée étaient payées un mois d'avance; les magasins militaires abondamment pourvus ; le protecteur avait 3oo,ooo liv. sterling dans son trésor , et 1 5o,ooo dans les caisses de l'Irlande.

L'ordre était rétabli dans les trois royaumes; et ils étaient solennellement réunis par une administration semblable , et par la promesse d'un parlement commun. Cromwell régnait seul, et, ce qui est un des actes les plus éclatants de la souveraineté, il avait réglé , par des traités glorieux, toutes les affaires extérieures du peuple anglais.

Ce fut dans ce haut point de prospérité , qu'il vit arriver l'époque fixée pour la réunion d'un parlement C'était le 3 septembre, anniversaire heureux dans la vie de Cromwell , et marqué par ses deux plus grandes victoires. Les élections s'étaient faites dans les trois royaumes, sur des fFrits émanés du Protecteur , d'après un mode nouveau , plus égal en apparence^ et plus favorable à la liberté, les petits bourgs étant exclus d'y concourir; mais les choix furent soumis à l'approbation du

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