LIVRE HUITIÈME. I!k
messager de Cromwell, qui, cependant, n'était qu'un de ses plus obscurs confidents, à peine nonnné dans son histoire. En effets les seigneurs de la cour de France n'étaient que des factieux Inen novices, en comparaison de ces hardis et sombres génies de la révolution d'Angleterre. Le Protecteur aima mieux tourner ses efForts vers le cardinal Mazarin, dont la complaisance oraintive ou politique, lui promettait un meilleur appui.
Cependant, sur de son ascendant, il ne se pressa pas de conclure un traité , et il parut hésiter quelque temps entre la France et l'Espagne. La cour d'Espagne s'engageait à forcer la France de rendre aux Anglais la ville de Calais, leur ancienne conquête. Le cardinal Mazarin offrait d'aider le Protecteur à prendre sur les Espagnols la ville de Dunkerque ; il laissait d'ailleurs entrevoir que si Cromwell s'attachait à l'alliance des Espagnols, la France pourrait jeter sur les cotes d'Angleterre une armée de sujets protestants, avec le prince Charles à leur tête. On peut supposer que la préférence de Cromwell fut déterminée par
ia4 HISTOIRE DE CROMWELL.
des vues tirées de la situation même des deux royaumes, dont l'un, plein de force au sortir des troubles civils, était dans le progrès de z655. sa grandeur, tandis que l'autre , en décadence depuis un siècle , accablé par l'étendue d'un * pouvoir mal administré, donnait une proie riche et facile. Plusieurs historiens ont blâmé Cromwell de ne s'être pas déclaré contre la France , dont la puissance menaçait de s'accroître , et ils en ont conclu que ses vues politii^ues étaient fausses et bornées. Cromwell jugea qu'il valait mieux aider à la chute de la vieille monarchie de Charles-Quint , et profiter de ses dépouilles. On assure qu'il fut confirmé dans cette idée , par les récits d'un prêtre aventurier, qui avait parcouru les possessions Espagnoles dans l'Inde orientale , et qui lui étala l'immense richesse (i) et la facilité de cette conquête.
Ce fut donc sur ce point éloigné que Cromwell résolut de porter ses premières attaques , avant d'avoir rompu la paix en Europe avec
(i) Ludlow*8 memoirs, v. u, p. 53a.