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pect au Protecteut. Il fîit écarté (i) par les intrigues de lord Broghill.
Les Royalistes abattus par une longue oppression , ne pouvaient se produire avec avantage sous la tyrannique influence des majorsgénéraux. Cependant ceux dont le crédit semblait redoutable furent arrêtés. Le parti républicain , secondé par les formes populaires de l'élection, montra de la vigueur et de l'audace. Un écrit violent fîit répandu. On y rappelait (â) avec énergie la violation des droits publics, les emprisonnements arbitraires, l'avilissement de la réprésentation nationale, les guerres ruineuses , et la mort de tant de braves matelots, sacrifiés à la stérile ambition d'un seul homme. Un écrit plus violent encore , c'était la protestation que publièrent plusieurs membres du dernier parlement dissous par le Protecteur : ce qu'olie offrait de remarquable , c'est qu'elle s'adressait à tous les partis , en invo*quant leur réunion contre le Protecteur, sans
(i) Tharloe's state papers,y. v,p, 3i3.
(a) Idem^ p. a68.
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paraître redouter l'idée du retour à Fancienne monarchie. Toutefois les Royalistes , alors même frappés d'arrestation et d'exil, t656. n'agirent pas ; et l'opposition se manifesta sur* tout par la haine du pouvoir militaire* Dans les élections de plusieurs comtés, le peuple cria : ^ i^tis les courtisans^ à èas les soldats^ réunissant ainsi les 2d>us de l'ancien et du nouveau pouvoir.
L'institution des majors -généraux fut d'un puissant secours pour cmnprimer ce mouvement de la conscience publique. Plusieurs de ces officiers (i), par la terreur de leur pouvoir illimité, déterminèir^it à leur gré les élections.
Cependant si Bradshaw, Yanes, et Ludlow^, forent écartés, les sulfrages se portèrent sur d'autres Républicains moins célèbres, mais également éprouvés ; et , malgré l'ascendant que lui assurait la foule de se& ofificiers, de ses conseillers-d'état , et de ses parents , qui composaient les trois quarts de la nouvelle assemblée, Cromwell s'inquiéta d'une élection qui
(i) Thurloe*8 state paipers, ▼. v, p. 349*
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lui ramenait , même en minorité , des hommes qu'il arait blessés sans retour, et des principes dont la force était encore toute vive et tonte récente. i656.
Le 17 septembre 9 à dix heives du matin ^ le Protecteur, suivi de son conseil, des magistrats , des principaux ofiGlâers de l'armée , des gentils -honmies de sa maison, et d'une garde nombreuse, se rendit en grand appareil à l'église de Westminster , où les membre^du nouveau parlement étaient réunis, pour assister au sermon d'ouverture qui fut prêché par le vice-diancelier de l'université d'Oxford^ •ur un texte conforme à la circonstance. Après le sermon, le Protecteiu* étant passé dans la salle peinte , adressa au parlement un discours (]) qui n'a pas été conservé, mais dont il parait que le but principal était d'exagérer l'importance de ]a guerre d'Espagne, et d'acr créditer la supposition très-peu vraisemblable d'un armement de Sa Majesté Catholique, en faveur et sous les ordres de Charles II.
(1) Thç Parliamentaiy bistcny, ▼. xu^ p; a!(.
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Cromwell fit plusieurs fois usage de ces fausses alarmes pour réimir autour de lui les divers partis ; et le projet , dont il était alors occupé , explique Taltemative à laquelle il voulait réduire les Républicains, en leur montrant le danger du retour de Charles.
Les députés ayant quitté la salle peinte pour aller prendre séance , furent arrêtés à la porte de la chambre par des officiers du Protecteur , qui leur demandèrent leurs certificats. Plusieurs députés , dans le secret de cette formalité singulière, s'y trouvaient préparés^ et présentèrent un certificat signé du clerc de la chancellerie, et qui attestait à-la-fois If fait de Félection , et l'approbation donnée par le conseil de Son Altesse (i). C'était de beaucoup enchérir sur le serment d'obéissance demandé aux membres du dernier parlement ; c'était détruire la constitution. Mais le pouvoir de Cromwell avait fait assez de {N'ogrès pour que la majorité de la chambre se soumit sans retard à cette injurieuse formalité.
(i) The Parliamentary history, ▼. xxi, p. a4*
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Les membres approuvés prirent séance : la chambre se forma sous la présidence de sir Widdrington, dont le choix se fit à la majorité des voix , sans être soumis à l'assentiment du Protecteur. Cromwell affecta de ne jamais emprunter cette partie de la prérogative royale. Cependant la chambre, sur la plainte des membres exclus, ayant interrogé le clerc de la chancellerie, et demandé des éclaircissements au conseil, eut la bassesse de voter qu'en effet l'approbation du conseil-d'état était nécessaire. Les membres, ainsi abandonnés par leurs collègues, publièrent une protestation violente, qui fut répandue dans toute la vilJe. Us étaient au nombre de cent, parmi lesquels on distinguait Haslerig , le digne ami de Sydney , républicain aussi éclairé qu'intrépide ; Thomas Scot , qui périt depuis comme régicide ; Harbotle Grimstone , presbytérien modéré, qui , dans les premiers temps de la révolution , devina l'ambitieuse hypocrisie de Cromwell, et la dénonça au long parlement ; Ashley Cooper, qui combattit d'abord pour Charles I*', servit ensuite la révolution , fut
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confident de Cromwell , devint son ennemi , et finit par être ministre de Charles II ; Walter Moyle , auteur d'un ouvrage sur la république romaine : tous hommes différents de parti et de caractère , réunis par la haine de Cromwell.
La chambre, dont la docilité était assurée par de si nombreuses exclusions, s'occupa d'abord d'un bill pour la sûreté du Protecteur, en même temps qu'elle confirmait par un vote nouveau la déchéance de Charles Stuart , et l'abolition de tous les titres d'honneur dans sa famille (i).
La guerre d'Espagne, généralement agréable à la nation, ne pouvait manquer d'être approuvée par une assemblée d'ailleurs si favorable au Protecteur. L'amiral Montagne, qui vint prendre séance après la victoire de Cadix, reçut des remerciements de la chambre {i), et elle se hâta de voter de grands subsides pour la continuation d'une guerre si heureusement commencée. Dans ce zèle empressé de la
(i) The Parliamentary historj, v. xxi , p. 38. (a) Whitelocke*c memorials, {T. 64).