‹ Histoire de Cromwell (volume 3)Chapitre 41 sur 131 · LIVRE ITEUVIÈME. iSl · texte numérisé non relu

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flc votre parti , qui se renomment de vous , et a a£Brment qu'ils ont votre aveu et votre a appui. »

LucUow répondit, qu'il n'avait pas de parti; que d'ailleurs il n'était pas l'ennemi de Cromwell y et que même il lui avait été fidèle dans toutes ses traverses. « De quelles traverses « parlez-vous? s'écria Cromwell; ce scmt plutôt et celles de l'état que les miennes; car pour ce moi, je n'ai pas beaucoup amélioré ma con- « dition personnelle, comme ces messieurs le tf savent bien : » et les membres du conseild'état ne manquèrent pas de se lever , en témoignage de cette vérité. ,

Sur la fin de la discussion, Ludlow, menacé d'être envoyé à la Tour, contestait à Cromwell le droit d'ordonner une arrestation , et il produisait à l'appui des anciens principes de la liberté individuelle, un acte du long parlement. Quoi ! dit Cromwell , un juge-de-paix peut faire arrêter , et je ne le pourrai pas ! « Un juge-de-paix, répliqua Ludlow, est un a officier légal autorisé par la loi pour proa céder ainsi; vous ne l'êtes pas, fussiez-vous

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a Roi ; car si vous vous trompiez, il n'y aurait ce pas de recours contre vous. »

Cromwell, qui ne pouvait rien gagner par menace ni par raisonnement sur un esprit si ferme , fit retirer le colonel , et , après avoir hésité quelque temps, il se contenta de lui prescrire les arrêts dans sa maison. Un frère de Ludlow, qui suivait la cour du Protecteur, obtint un adoucissement à cet ordre, et Ludlow alla dans une province éloignée rejoindre sa famiBe ; ce qui , du reste , suffisait aux vues du IVotecteur, en écartant de Londres, et du principal théâtre des élections, cet obstiné Répubhcaia.

Hàrrisson , accusé de complot contre le Protecteur , et long-temps prisonnier dans Kle de Wight, obtint, à la même époque, la Uberté de revenir dans une petite maison près de Londres, seul bien qu^ eut* acquis pendant une révolution , où il avait occupé de si grands emplois. Quoique Répîd>Kcaîn enthousiaste, HarrisSon n'étâft pas redoutable. Ludlow nous à conservé un trait de ce singulier caractère, en qui le fanatisme avait autant de bonhomie

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que de violence. Harrisson y victime du pouvoir qu'il avait élevé , trompé dans toutes ses espérances , forcé de reconnaître enfin la fourberie et l'ingratitude de Cromwell , n'était pas bien sûr que tout, jusqu'à sa persécution, ne fiât pas pour le mieux , en songeant à un passage du prophète Daniel : les Saints prendront te royaume et le posséderont. v

Ludlow , auquel il confia ce singulier scrupule, lui démontra ^sans peine que la qualité de Saint étant un caractère fort équivoque et facile à contrefaire , ne pouvait autoriser l'usurpation du pouvoir. « Nous en avons une preuve , «t ajoutait-il , dans Thomitte qui , sous prétexte « d'avancer le royaume de Jésus-Christ , vous « a engagé à lui prêter la main , et s'est élevé. » Harrisson tombait d'accord : cependant le texte de l'Écriture l'embarrassait toujours; et ces doutes en faveur du pouvoir de Cromwell n'étaient ^as un sophisme de la faiblesse qui se ménagie le droit de céder. Pour son compte , Harrisson voulait être pauvre et persécuté : il était incorruptible dans la haine qu'il portait au Protecteur. Mais accoutiuné à tout expli-

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quer par la providence, en voyant les succès de Cromwell, il doutait quelquefois au fond de Famé , si ce n était pas là ce que le prophète Daniel avait prédit. Voilà des caractères étranges , et dont le moule est brisé !

Le chevalier Yanes, homme aussi délié que Harrisson était simple , fut conduit prisonnier dans rUe de Wight. Bradshaw continua d'exercer les fonctions de chef de justice à Chester. Mais Cromwell fit répandre des menaces contre les électeurs qui lui donneraient leurs sufirages. On lut publiquement à Chester une lettre pour demander son exclusion. Cromwell , qui attachait à cette nouvelle épreuve la stabilité de son pouvoir et le succès du dernier vœu de son ambition , fit jouer tous les ressorts de Tintrigue et de la peur pour dominer les élections , et pour en écarter à-lafois les Royalistes et ceux des Républicains qui ne s'étaient pas vendus à son pouvoir.

Dans la subordination politique de l'Ecosse, Argyle était le seul homme qui gardât quelque ascendant personnel ; et cet homme» qui avait été si funeste à Charles , n'était pas moins sus-

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