LIVRE DIXIÈME
X AifBis que Fusurpation du Protecteur s'affermissait par le temps et par ces formes légales qui naissent de la seule durée du pouvoir , le jeune Roi Charles , malgré sa mauvaise fortune et l'injurieux oubli de la France, se préparait à tenter de nouveaux efforts. Le Roi d'Espagne lui avait o£Fert un asyle dans la ville de Bruges en Flandre , et prenait en main sa cause avec un zèle que Charles n'avait encore trouvé dans aucun souverain. La guerre se prolongeait entre la France et l'Espagne ; et l'alliaiice de Cromwell rendait seulement
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cette lutte plus dangereuse et plus implacable. Cromwell avait conservé depuis le commencement de la paix tout Tascendant qu'il avait porté dans la rédaction du traité; et son ambassadeur, le colonel Lockart, soutenait dignement à la cour de France cette politique hautaine. La mission de Lockart est peut-être un des exemples qui montre le mieux le discernement du Protecteur dans le choix des hommes , et sa puissante séduction pour attirer à son parti tous ceux qui pouvaient le servir. Cet officier, d'une illustre famille d'Ecosse, était par sa naissance et ses preimers services, engagé dans la cause des Stuaris; il avait combattu sous Chariea I^' et sous Charles II : Après la ruine du parti royal, il s'était condamné d'abord k Tînaction et i l'oubli Assez compromis pour craindre la confiscation de ses biens s'il quittait TAngle* terre, il vint à Londres solliciter un^ permission de voyage. Le Protecteur, qui oon-^ naissait son rare mérite, et qui le supposait
(t) Memoirt of the protectond-hcmse « ▼• tu , p. a4a*