‹ Histoire de Cromwell (volume 3)Chapitre 92 sur 131 · LIVRE DIXIÈME. 3lS · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIÈME. 3lS

un degré d'effort et de fatigue , auquel la nature humaine succombait en lui. Dans un .âge • voisin de la vieillesse , le Protecteur pliait sous le poids des affaires et des inquiétudes. Ce rôle si pénible \ et joué si long-temps , avait usé ses forces : la vigueur de son tempérament était épuisée ; et les tourments de son ame s'augmentaient avec sa langueur.

Menacé par de continuels complots , effrayé de vivre au milieu des haines innombrables qu'i^ avait soulevées contre lui , épouvanté du prix immense que l'on pouvait attacher à sa mort , redoutant la main d'un ami , le glaive d'un émissaire de Charles ou d'un fanatique , il portait sous ses vêtements une cuirasse , des pistolets , des poignards ; n'habitait pas deux jours de suite la même chamlH*e y craignait ses propres gardes , s'alarmait de la solitude , sortait rarement, par de brusques apparitions, au milieu d'une escorte nombreuse; changeait et mêlait (i) sa route;

(i) Elenchus motuum nuperorum, p. 345.

3l4 HISTOIRE DE GROMWELL.

•ety dans la précipitation de ses voyages , portait quelque chose d'inquiet , d'iirégulier , d'inattendu , conime s'il avait toujours eu à déconcerter un plan de conspiration , ou à détourner lé bras d'un aissassin.

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