‹ Histoire de Cromwell (volume 3)Chapitre 94 sur 131 · LIVRE ONZIEME · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIEME

XjEPins la dernière dissolution du parlement , qui avait rompu pour Cromwell toute espé- *rance de s'appuyer sur le pouvoir civil, ses craintes et ses inquiétudes semblaient augmenter. On s'étonnera peut-être de trouver les douleurs domestiques et les pertes de l'amitié parmi les causes qui abrégèrent la vie du Protecteur ; mais l'ambition , même capable de crime , peut laisser une place aux sentiments naturels : et dans l'hypocrisie de Cromwell, îl y avait d'ailleurs une grande force d'imagination qui le rendait accessible aux profonds chagrins. Tous les historiens attestent, qu'il fut

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singulièrement frappé de la mort du comte Warwick , son ancien ami. La maladie de lady Cleypole l'obligea de se retirer près d'elle à Hampton-Court. On dit que cette jeune femme mourant avec le regret de n'avoir pu sauver la vie au docteur Hewet, dans ses derniers entretiens avec son père, ne lui épargna point de cruels reproches, que sa mort prochaine rendait plus déchirants. Pendant la longue agonie de sa fille ( c'étoit un mois après la conquête de Dunkerque ), Cromwell parut acccablé de douleur, indifférent aux affaires, découragé de toute ambition et de tout soin.

Il ne voulut pas s'éloigner d'elle et consentit à peine à recevoir à Hampton-Court, l'ambassadeur de Hollande, dont il abrégea l'audience, en se plaignant de n'être pas bieù (i). La perte de lady Cleypole vint aggraver cette langueur : elle mourut le 7 août. Cromwell dans sa vive douleur ne voulut pas cependant s'éloigner d'Hampton- Court. Ayant cherché à dissiper, par les secours de la médecine > une éruption

(i) Thurloe'ft state papers, v.'vjii , p» 999.

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