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d'humeurs, qui le tourmentait depuis quelque temps , il fut saisi d'une fièvre dangereuse. Le& médecins, jugeant que Fair de Hampton-Court ne lui était pas favorable^ le firent transporter z658* à White-Hall.
C^est un curieux spectacle de considérer , aux approches de la mort, dans ces derniers moments de fi^nchise et de faiblesse, un homme dont l'hypocrisie se confondait si bien avec l'enthousiasme. Il ne parait pas qu'il se soit démenti, ni qu'il ait laissé douter la foi de ceux qui l'entouraient. Suivant le récit de Fleetwood , espèce de Séide indocile qui croyait en Cromwell, et détestait son joug, le Protecteur, dès les premiers jours de sa maladie, éprouva des révélations, et reçut de Dieu l'assurance de guérir et de devenir encore utile ^ ce que Fleetwood interprétait comme la promesse d'une conversion favorable à la liberté. L'inquiète activité de Cromwell le sui* vait au milieu des approches de la mort :
Ludlow , venu à Londres pour un intérêt de famille, ayant passé sur la place de White- Hall, le Protecteur fut averti et effrayé de ce
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voyage. Il chargea sur-le-champ Fleetwood de l'interroger. Fleetwood manda (i)Ludlow,qui, soupçonné de vouloir exciter des désordres, protesta qu'il ignorait le danger du Protecteur, et même que dans la situation présente, il était loin de désirer sa perte. Fleetwood liii avoua que le Protecteur avait été dans un grand péril; et ajouta que maintenant il le croyait sauvé. C'était l'espérance de tout le palais , et sur-tout d'une . foule de fanatiques qui se répandaient en prières. Goodwin, l'un des chapelains du Protecteur, répétait (a) :
a Seigneur , nous ne te demandons pas sa gué- <c rison, car elle nous est accordée; nous te ce demandons qu'il guérisse promptement. »
Thurloê , d'un esprit plus froid , et qui s'occupait de^'avenir, dans les lettres qu'il adressait chaque jour à Henri Cromwell, paraît se confier entièrement à la force des prières et à la miséricorde de Dieu, cr Les médecins, « dit-il , espèrent encore qu'il pourra surmon-
(i) Ludloyr*s memoîrs, t. n, p. 6io.
(2) The Parliamentary history, y. xxi, p* 224,
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ff ter le mal , bien que leur espérance . soit « mêlée de beaucoup de crainte. Mais nous c avons lieu de placer notre espérance en « Dieu, et d'attendre miséricorde de sa part. « Les saints sont excités à prier pour le Pro- « tecteur. Jamais il n'y eut pour aucun homme a une aussi grande abondance de prières. »
Cependant la violence des crises, et l'abattement du Protecteur s'accroissaient chaque jour; et Thurloe, malgré sa pieuse confiance, sentit qu'il était temps d'assurer le choix d'un successeur. Cromwell, le jour même de l'inauguration du protectorat (i), avait écrit sa volonté k cet égard , dans un testament qui était resté dans ses mains*, et qui, d'après la suscription, devait être remis au secrétaired'état.
Au moment qu'il tomba malade à Hampton -Court, son' premier soin fut d'envoyer chercher à White-Hall , dans le lieu qu'il désigna, ce papier, que l'on ne trouva plus»
Dans le peu de jours qui suivirent, personne
(i) Tborlo^'» ttate papen, t. vin, p. 364. //. ai
n'osa lui en parler. Le 3o août, il en parU lui-* même, et sa fiaiblesse ne lui permit pas d'achever. Le même jour et le lendemain»
i658. ^^ officiers se réunirent dans la maison de Fleetwood : et telle était l'habitude du fiinatisme , ou l'ascendant du nom de Cromwell y, qu'ils se bornèrent à prier et à chercher le Seigneur. On peut croire que parmi les partisans du protectorat, beaucoup de vœux étaient pour Henri Cromwdl , dont le caractère et le talent promettaient quelque appui. Lord Falconbridge , gendre de CrQmwell, s'en explique dans une lettre à Henri Cromwell , et lui offre d'engager dans son parti Lockha^t et la garnison de Dunkerque.
' Cependant Cromwell , en proie à une fièvre ardente, touchait à sa fin. Les paroles qu'il lais* sait échapper étaient toutes religieuses ; mais plutôt d'un médiateur qui prie pour son peuple, que d'un pécheur humilié. «( O Dièu^ disait- il, a si je souhaite vivre , c'est pour montrer ta « gloire et manifester tes œuvres» Sei^eur, « quoique je sois une imsérable créature , je « suis en ttaité aveo toî^ par le secours de
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« la grâce. Beaucoup m'ont trop estimé, quoi* a que d'autres désirent ma mort ; ' mais , Sei- « gneur , tu as disposé de moi : continue de « faire ce qui est bien pour eux. » Dans ce moment , il appela un de ses chapelains , et lui demanda si une ame qui avait été en état de grâce pouvait douter de son salut : ce chapelain l'ayant assuré qu'elle ne le pouvait pas, alors, il dit : « Je suis sauvé, car je suis bien sûr d'avoir « été en état de grâce. i> Après quatorze jours de maladie, le Protecteur expira, dans sa cin* quante-huitième année , le 3 septembre , anniversaire de ses grandes victoires de Worcester et de Dumbar. La nuit précédente, Londres avait été battue par une horrible tempête , qui s'étendit sur la Méditerranée, et ravagea les cotes de France et d'Espagne. La superstition populaire interpréta ce désastre comme un signa^ de la mort du Protecteur , annoncée le même jour, ainsi que l'avènement de Richard.
]>s imaginations étaient tellement préoccupées de la puissance et du nom de CromweU , qu'au moment où cette nouvdle se répandit
ai.
3a4 HISTOIRE 1>£ CHOMWBLL.
dans le palais de White-Hall, qui était rempli de £saiatiques en prières, un chapelain se leva, et s'adressant à la foule consternée. « Cest une « heureuse nouvelle, s'écria -t- il. Puisque le c Protecteur était si utile et si secourable dans c cette vie mortelle, combien ne le sera-t-il « pas davantage dans le ciel , où il est assis tf avec Jésus-Christ, à la droite de Dieu! » .
Mais ce qui doit paraître plus extraordinaire que ce faqatisme, ou cette hypocrme de profession, c'est l'enthousiasme sérieux et irrécusable de Thurloe, écrivant à Henri Crômwell. « Le Protecteur est mort hier, environ « à quatre heures du soir. Je n'ai la force ni a de parler ni d'écrire : tant ce coup est cruel ^ «c inattendu; tant la providence de Dieu est ia- « concevable en cela! Si l'on considère l'homme « qui est mort , l'époque , le moment où Dieu « l'a retiré , et d'autres circonstances , il ne « me reste qu'à mettre mes lèvres dans la a poussière , et à dire : Voilà le Seigneur. »
« On ne peut exprimer l'affliction de l'armée « et du peuple. Son nom est déjà consacré, a Jamais homme n'a été l'objet d'autant de