LIVRE CIirQUIÈME
plaintes mutuelles annonçaient louvertiire de la campagne. Les Écossais publiaient que Cromwell venait pour conquérir et partager rÉcôsse à ses soldats , et que les Anglais devaient passer les hommes au âl de Tépée, et brûler le sein des femmes avec un fer chaud.
Arrivé sur la frontière , après avoir fait un discours à se^ soldats, pour leur promettre les bénédictions du Seigneur, Cromwell entra en Ecosse au^ acclamations de l'armée. Tout avait fui, tout était désert par la terreur que le^ ministres avaient répandue sur les cruautés des Anglais. L'armée écossaise , forte de trentesix mille hommes, était sous les ordres de Lesley, général expérimenté , qui avait résolu d^éviter un combat décisif
Un monument singulier de cette époque (i), c'est une déclaration de Tarmée de Cromwell, adressée à tous les saints de l'Ecosse, à tous ceux qui partagent la foi du Seigneur. Elle fut bientôt suivie d'une proclamation au nom seul de Cromwell. Deux jours après , Cromwell
(i) The Parliameutary histpi7,.y. xix, p. 298.
^9^ HISTOIRE DE CRÔlrfVrÉLL.
fit publiter uïït réponse à l*églisê d'Ecosse. Tùûs ces mâttifestes feônt de petiti^ traités de théologie ftiystïijuè; L'armée an^aise arriva sans combàttffe jusqu'à Édknbourg. Les hauteurs de cette ville étaient ooéupées pte le» troupes écossaises. Gi*6mwèll tie réussit pas à les tirer de leurs retranchements et à les engager dans une bataille génémlé ; il obtint seulement l'avantage dans quelques charges de cavalerie. Dans une lettre (i) au parlement, CrottîWell suppose que les eftnémis se tefii- Saient au ôombat par l'espérance d'affamer son arttiéé. îl paraît que Charles était alors à Vbt^ mée d'Écosse. « Nous savons^ dit Cromwell dans « sa lettre , que leur jeune îlôi regardait ce mou* « vement, et qu'il était très-mécontent de voir tt que leurs soldats ne Se battaient pas mieux. » Les ïùinistres presbytériens fatiguaient leur àrtnée de prièk*eS et dé révélations divines. Mais tout le zèle dé cèS prêtres n'avait pas la puissance de l'enthousiasme et de l'épée de Cromwêll. !ls avaient beau faire ; leurs
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(i) The Pàriiamçtitaty hi*tory, v. rix , p. 319.
T^ITRE CINQUIEME. {^99
soldats, Opposés à ceux de Cromwèll, n'étaient (Jue dés bigots combattant des fanatiques. Les Écossais tremblaient deVant leUl^ ministres , tandis que chaque soldat de la secte des Inde* pendants se croyait inspiré pour lui-même , et justifiait pair sa valeur ce qûê feoû enthousiasmé lui promettait. La présence dé Charles aurait pu encourager l'armée; Aiàis là défianôè des ministres ne laissait pas même à ce jeûné prince le droit dé cbtttbattre. Charles ayant voulu (t) charger en personne , le général Lesléy le menaça dé quitter le commandement s'il né se retirait aussitôt.
Cependant Croni Vvell , (Jui manquai! dé vivres et né pouvait en récéVoir t|ué par mfet , lââtôt se repliait vers Dunbar, tantôt revenait sur ÉdinboUrg. Lorsqu'il paraissait reculer, lès ministres triomphants célébraient (a) lé bras de Dieu & qui jette l'épouvanté au cœur des ce ennemis, et les met en fuite, sans qu'ils soient « poursuivis. » Les généraux éc<>ssais demeu*
(i) Whitelocke's memorials, p. l^H^.
(a) The Parliamentary history, v. xix, p. 33o.
3oô HISTOIRE DE CROMWELL.
raient inébranlables dans leur résolution de ne point combattre. Ils eurent aussi Fart d'amuser Cromwell par des propositions de
paix.
Cromwell^ accoutumé à de rapides victoires, s'irritait de l'inaction de cette campagne. Il provoquait lui-même les avant -gardes ennemies avec autant d'impatience que de courage. Un jour (i) un soldat ennemi qui le reconnut, ayant fait feu sur lui, sans l'atteindre, Cromwell dit à ce maladroit : ce Si tu étais un de mes sol- € dats, je te ferais punir pour m'avoir manqué a en tirant de si près. » Après beaucoup de marches et de coups de canon inutiles , Cromwell se retrouvait près d'Édinbourg sans avoir pu entraîner au combat l'ennemi, dont le nombre et la confiance augmentaient chaque jour. L'armée anglaise se ruinait par la disette et les maladies. Cromwell fit sa retraite sur Dunbar, avec la résolution de se fortifier dans cette ville, et peut-être même de retourner en Angleterre. Il essuya dans cette marche deux
(i) Whitelocke's memorîals , p. 4^3.