LIVRE CINQUIÈME
route sur un mauvais cheval, et revit enfin Wilmot , tandis que les soldats républicains étaient occupés d'investir et de fouiller la maison de Witgrave, où le Roi n'avait fait que s'arrêter un moment.
Après avoir fait quelque séjour chez le colonel Lane, le Roi se mit en route sous un déguisement de valet , courant à cheval devant la voiture de mistrissNorton, parente du colonel Lane,et mariée à un gentilhomme qui habitait un château près de Bristol. Arrivé dans ce lieu , le Roi fut reconnu par un domestique , qui lui promit et lui garda le secret.
De pareils incidents se renouvelèrent plusieurs fois. Wilmot , qui avait suivi la routç du Roi dans l'appareil d'un gentilhomme campagnard, et portant un faucon sur le poing, ménagea au Roi une nouvelle retraite dans le château du colonel Windham , ancien chef royaliste.
. La mère de Windham avait perdu, dans la première guerre civile , trois fils et un petitfils. Elle n'en reçut qu'avec plus de respect /. aa
et d'amour Fhéritier d'un Roi qui lui coûtait de si grands sacrifices. Windbam (i) dît à Charles : Mou père avant sa mort nous ayant appelés près de son lit, nous parla ainsi : a Mes « enfants , nous avons vu des teu^ps paisibles <c et sereins sous nos trois derniers Rois^ ; mais « je dois vous avertir de vous préps^^ i des a orages. Les factions s'élèvent de toutes parts ^ et menacent le repos de la patrie. Mais quoi <c qu'il en arrive , gardez respect et obéissance <i à votre Roi, soyez fidèles à la couroRne. Je <c vous recommande de ne jamais abandonner « la couronne , quand même vous ne la verriez <c suspendue qu'à un buisson. » Ces paroles , conservées dans une famille, étaient un bean gage de fidélité. Le' Roi d^oeura dix-* neuf jours dans cet asile,
Windbam parvint à tout disposer piQiir Is départ du Roi, et fit marcbé avec le patron d'une barque qui devait mettre à la voile un jour convenu. Le rendez- vmis manqua.
Le Roi attendit vainement cet bo^me dan^
(i) CIarendon*s history, p. 652.
une aubef ge de là petite ville de LiDdé , et faillit d*être vidtimé de ce mécùmpté* Cétait U jour de k fét« an lien : ui!^ tisserand ^ qm straît ëfé iio4dat dan& la defiiiète guetté^ et qnï était gfatttd fanatique et gt^ttd pf édicatetur ^ dëf^îatnail videfi^â^iit d^rns Féglis^ c^nttt Taiïcictoue moiiarebié^ «t disatty p^ur «tifkiiiniet lés^ tspPitû 9 qud ^ le liai 4tsit cssdhé ifoelque « part dafl« le comté, et qa0 celui tftii psir-^ t vieiidrait à le dé<50urrir mériterait beaucoup «^ atfii y<g^uiiE de Dieu«^ » 1M marécha) ^ qui fer^ raH ié» ehevauot dans l'atiber^ oà sètrou^ valent Charles eft Wilmot, gsyàm exsanmé tea pieds de h^m^ dkimuM^ feiâatj^â qiifiie ve-»
l^ém de k>ki^ et ^'ile^ araient été ft uré» dam qttaffe Cdrutéft àUSéreiÈ^i. I) alla i;b»t^ la cfa^se dati» FégKse. Le bruit m visit aux oreftles; du prédicateur, qui souleva aussit6t^ tout le pieuf^^ ei fit courii^ apyèn te^ de«»t royagéuf^^ décljp^ ratit qùé Vun ^éiîs: étaiit eert ainemem Cbaito| SMàrt Maisf lé Roi, la«dé d*atteiKb^, était déjà setaurné dans le château du colonel Windham^ d'où bientôt il partit poup chercher ,^ dans le comté de âussex, une- votre, occasion de s'eifK barquer. 22 .
34o UISTOIBE D£ CROMWELL.
. Dans ce voyage , le Roi traversa plusieurs corps de troupes parlementaires , et rencontra près.de Salisbury le colonel Desborough, beaufi^re . dç Cromwell. Il se cacha quelques jours chez une veuve nommée Hyde; de là le fidèle Wilmot avait préparé de nouveau le passage du Roi sur un navire. qui tout-à-coup fut requis pour transporter les troupes parlementaires dans File de Jersey. Le Roi, revenu dans son asyle , parvint enfin , par le secours d'un ancien officier royaliste, à trouver une barque de pécheur dans la petite ville de Rritthemsted, près Portsmouth. Dans la terrem* que répandaient les décrets parlementaires, cette dernière ressource faillit encore manquer. Le patron de la barque reconnut le Roi , et fut tenté de gagner la récompense promise. Un historien (i), qui tenait ce récit de la bouche du Roi , raconte que cet . homme fut encouragé par sa femme , qui lui dit : « Fasse le Ciel que « tu sauves le Roi! il m'est égal ensuite de men-
(i) Quod ab ore ipsius régis haurire .rmhi datum est, Ëlenchiis motuum naperonim a Bateo, p. 23o.