‹ Histoire de Cromwell (volume 4)Chapitre 127 sur 155 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

jLJLPRis la victoire , commencèrent les supplices, suivant le génie des révolutions. Le parlement fit condamner le brave comte de Derby par une cour martiale; institution arbitraire que Ch^rle^ avait abolie dans les premières années de son règne. ^Plusieurs Presbytériens dirent exécutés pour ces projets de conspiration qui ne manquent jamais sous un régime oppresseur. Tel était alors Toubli des principes de justice et d^humanité, que presque tous les prisonniers de Tarmée royale (i) furent vendus

(t) fiie PatliatteAtdry hiÉiosy^ v. xx^ p. 7a.

comme esclaves pour les plantations américaines. Ces barbaries étaient cependant la fin de la guerre civile. La révolution triomphait * dans les trois royaumes. Les' petites îles' voisines de r Angleterre , et qui long-temps avaient servi de refuge aux partisans du Roi , suivirent la soumission générale. Jersey, Scilly, furent rendues par les chefs royaUstes qui les occupaient depuis le commencement de la guerre.

Une femme, la comtesse de Derby, apprenant le supplice de son mari , voulut défendre Tile de Man qu'il lui avait confiée. Elle, était française et du sang de la Trimouille. Abandonnée par la garnison qu'elle commandait , son courage fut inutile, et son malheur n'obtint pas même les égards du parlement.

. Monk, chargé de poursuivre la réduction de l'Ecosse , et maintenant favorisé dans cette entreprise par les grands succès de Cromwell, avait poussé la conquête avec autant d'activité que de rigueur. Maître du château de Sterling, il s'était avancé sur la ville de Dundee, défendue par une forte garnison ; et n ayant pu déterminer le gouverneur à se rendre , il avait

renouvelé dans cette ville, prise d'assaut, l'exemple des cruautés de Cromwell en Irlande, et fait tuer, après le combat, le gouverneur et plusieurs officiers. Fidèle à l'excès dans chacun des partis qu'il embrassa , Monk remplit les ordres de Cromwell avec autant de férocité (1) qu*il montra dans la suite de zèle pour la cause de £harles II. Cette politique sanguinaire hâta la soumission du pays; et les villes , les forteresses encore indépendantes^ se rendirent volontairement à ces vainqueurs , qui commençaient à punir la résistance plus cruellement qu'on ne punit la révolte. Quelques efforts fdrent essayés dans les montagnes d'Ecosse , où les derniers débris du parti royal se trouvaient également protégés par l'âpreté inaccessible des lieux et le zèle sauvage des habitants ; mais ils furent aussitôt réprimés par le colonel Morgan; et la domination anglaise s'étendit dans toutes les parties du royaume , et même jusqu'aux îles Shetland* - Cromwell , après sa grande victoire -, s'était

(i) Clarendon's faistbry, p.-6ao*

346 HISTOIRE yc GHOVWELL.

hité de congédier le$ milices que Tinvasioi^ de Gl^rl^ et le danger de la république avaient réunies sous ses drapeaux. Ce mouvement patriotique ^ excité si rapidement à la voix du parlement , contrariait les vues du général qui voulait ne laisser à la république (i) d'autre force et d'atitre protection que celle de Tarmée qu'il maîtrisait.

Deux objets principaux occupaient le parlement, l'un, de retarder autant qu'il était pos»ble l'époque de sa di^soilution ; Tautire , d'augmenter la puissance msuritime de l'État. Ce dernier projet n'était pa& seulement le calcul d'une politique nationale quji portait îes forces de l'État v^r$ le point où devait tendre leur développement naturel; il avait enoore pour but d'affaiblir l'armée par la cou** currence d'une autre force et d'une autre gloire; cft sôus. ce i*apport, l'intérêt personnel du parlement s'acoordaitavec b grandeur de l'Ahgleterre. /

L'intention de liàter la disacdutioi]? du par-

(i) Ludlow*s memoirs, y. if^p* 39i&

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