‹ Histoire de Cromwell (volume 4)Chapitre 129 sur 155 · LIVRE SIXlilHE · texte numérisé non relu

LIVRE SIXlilHE

cause royale; la~mort de Charles avait été vivement désapprouvée par elles. L'assassinat 1552. de Fambassadeur que leur envoyait le parlement , sans pouvoir leur être imputé ;« dut augmenter encore entre les deux peuples ces premières causes de défiance et d'ammosité.

Pendant l'expédition de Charles, le parlement avait essayé de s'assurer leur alliance, et il leur avait député St. John, parent et créature

de Cromwell. Cette ambassade fut même si-

gnalée par une magnificence que la république avait négligée jusqu'alors, et qui parut destinée autant à la sûreté qu'à la pompe du nouvel ambassadeur, que l'on fit escorter par quarante gentilshommes. Cette démarche n'ayant pas amené de convention décisive.

St. John, esprit ardent et impérieux, fut des plus empressés à réclamer dans le parlement de fortes résolutions contre la Hollande. La fin de la guerre civile ne laissait pas craindre au gouvernement le danger d'une autre guerre. Ceux des Républicains qui redoutaient le plus Cromwell, s'emparèrent des plaintes et des projets de St. John, et pressèrent la chambre

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de frapper le commerce bolkndaîs par une des prohiHtîons les plus hdrdiei^ et les plus injurieuses. De «ta naquit ce fameux aeîe de navigation, par lequel, osant borner et réglei? le commerce des autres peuples , le parlement fM^parait FAngleterre au monopole du monde ^ et la forçait à la domination des mers , pour qu'une prétention si haute ne fât pa$ insensée. Un des jurisconsultes du parti parlementaire avait déjà annoncé cette audacieuse théorie dans un ouvrage intitulé : £h la sois^rainéié des. mers. Le parlement osa Fetécuter. 11 reodif cet acte, qu'un écrivain appdile lar igrû^âe Charte maritime^ comparant son mv^o^ë^!iX!kC!^ au bienfait de la constitution xxi^xne.

CTest à la fin d'octobre, au moment ou il luttait pour prolonger son existence, que le parlement rendit cette loi: qui semblait tmi défi porté à toutes les nations de FEurope. U» des Républicains les plus ardents, le dhevaliep ^ixtset (r), trésorier de la matme, inspirait surtout ces pensées au parlement. H disait que

l«taiM»Mki>a.«MHh*«*>M*MMtoMMtaB^^h«<ll«aA*ii«i^

(i) StBbbt's fhrtksr jtufificAtwMt «f tbs.'vMè, p; irg*

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l'Angleterre et les Provinces-Unies ayant toutes deux besoin du commerce y étaient irrécond-* liables, et qu'il fallait ou que les deux peuples fussent confondus en un seuJ^ ou que rAngle-^ terre subjuguât la Hollande , ou que , par des> prohibitions et des entraves^ elle écrasât sou commerce. Ûe projet d'une réunion, qui^ sous le génie impérieux du parlement n'eut été qu^une forme d'esclavi^e, aurait été depuûl long-temps rejeté par les états^généraux.

Le parlement s'arrêta du moins à l'idée d'en^ chaîner le commerce de cette nation rivale.

Les principaux aiticlei^ de cet acte, qui fut conservé, mais faibtemeni soutenu par Charies 11^ et d<mt l'exécution a fait la grandeur de FAn** gleterre, prescriraient qu'aucune production d'Amérique , d'Afrique et d^Asie ne serait im-^ portée autrement que sur des vaisseaux an-* glais , et que chaque peufrfe d'Europe ne pourrait envo^rer sur ses vaisseaux que les productions de son sol et de son industrie. Il était iînpossîble que Texéculion de ce btU n'amenât pas des causes de rupture et de guerre. Ces prétentions de TAngleterK à l'empire de la

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Méditerranée , faisaient depuis long - temps partie de la politique du long parlement : elle^ sont exprimées dans les instructions (i) données à l'amiral Blake, en i65o. Mais l'application plus formelle que l'Angleterre en faisait alors, blessa l'orgueil et l'intérêt des Provinces- Unies. Elles envoyèrent aussitôt des commissaires pour réclamer contre l'acte de navigation. Les commissaires du parlement répondirent par des réclamations opposées; ils demandaient qu^on leur livrât les Hollandais qui avaient pris part aux cruautés commi^s vingt ans auparavant dans les colonies anglaises de l'Inde , et que la Hollande reconnût la suprématie du pavillon britannique. C'était demander , la guerre. Les Hollandais s'y présentaient, avec l'habitude du succès et leur célèbre amiral Tromp.

- Mais l'Angleterre avait pour elle un de ces hommes supérieurs qui s'élèvent quelquefois dans les révolutions, et qui en sont les véritables héros, lorsque sans ambition person- I 11 I II I II II . I I ■ 1 1 II 1 II ■ ■— ■— 1— — »— ^ip—

(i) Thurloe's state papers, ▼. < 9 P* h^o.

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nelle ils n'ont songé qu'à la patrie ; incapables d'attenter, à sa liberté, assez généreux pour servir constamment sa gloire, même sous la domination d'un oppresseur.

Blake, long -temps officier de l'armée parlementaire, avait pris fort tard le service de la marine , et s'était rapidement élevé au rang d'amiral. Il remplaça l'expérience par des succès. Lorsque la division commençait entre les deux républiques (i), son escadre rencontra la flotte de Tromp qui lui refiisa le salut. Le combat suivit ; et les Hollandais , malgré leur supériorité habituelle, perdirent deux vaisseaux et beaucoup d'hommes , tandis que la flotte de Blake demeura entière et victorieuse. Les Hollandais réclamèrent encore sur cette violation de la paix; et les deux peuples s'accusèrent mutuellement d'avoir commencé l'attaque. Cromwell (a) et un autre député interrogèrent , au nom du parlement , deux capitaines faits prisonniers dans le com-

(i) The Parlîamentary history, v. xx, p. 471. (2) Idem.

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bat : $xif leiir rapport, h parlement rejeta tPUt^s le? explications ^eii niQJbs^sadeurfi de hollande ; et , accusant ceCt^ république d'a» Yoir eu l'intention d'usurper leâ droits Oûmus de l'Angleterre sur i'Océ^u, il }ui déclara la guerre , d^j^ co^iinenc^e par une victoire.

Le parlement, qui, par^9$ant occupé de «a dissolution , en avait si fort retardé Ti^oque, renouvela le cpnseil*d'état pou? i|iie année , et en fixa le uombre à quarante et im membres.

Gromwell et ses principaux amis fiirenl d'ahoord nommés ; mais Vaneeî , :^adshitw , Hasleng , Harrii^pn, Henri Nevil, tous ces Républi* cains, ou fenatiques ou éclairés, mais également iutrépides^ eu faisaieol: partie. Cromwell (i) reçut en uiéiïie-temps de la ehambre une dotation {i^nueUe de qua^e mille livres sterling , à prendre spr les damaines oonfisqués du duc de Buçkingham et du marquis deWorcest^r, et quelque temps après, sa commissî«»i de capitaine - général fut iieHouvelée et s'ét^iëtt encore à llrlande. Cromwell venait de perdre

fi) The parliamentary history, v. xix, p. sBo.

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dans ce royaume le principal appui de sa grandeur , et peut-être un des obstacles de son ambition , Ireton , son gendre , son ami le plus cher, et pourtant célébré comme un Républicain sincère par Ludiow lui-même. Après avoir poussé la guerre d'Irlande et s'être emparé de Limerick, ce général était mort d'une fièvre contagieuse. Aucun homme, suivant Whîtelocke (i), n'ét^ut plus estimé de Cromwell, et n'avait plu^ de pouvoir sur lui. C'était un esprit fier et violent ; mais d'abord élevé pour l'étude des lois , il porta, au milieu de la guerre civile et Jusque dans la proscription de Tirlande , une sorte de rectitude et de justice se* vère. Quelques jours avant sa mort, il avait fait punir un offîcier anglais pour un acte de violence. Ludiow fait un magnifique éloge de son équké , de ses vertus , et de soii zèle désintéressé pour l|t patrie. Le paoiement, pour payer ^es services , lui ayant assigné un revenu de deuK nûUe livres st^ing (â) , il s'offensa ée

(i) Whitelocke*s memorials, p. 44o« (2) Ludlow's memoîrs, y. i , p. ^71.

cette libéralité, et répondit « qu'il n'avait pas « besoin de leurs terres , qu'il n'en voulait pas ; « et qu'il aimerait mieux voir le parlement a zélé pour le service de la nation, que si « prodigue du bien public. »

Il ne paraît pas que le fanatisme religieux ait . eu part dans la conduite d'Ireton : il était tout k la guerre et à la politique, et se piquait seulement d'une inflexible sévérité. Dans les rigueurs de son administration d'Irlande , une femme d'une illustre maison étant venue lui demander grâce pour un de ces délits si faciles et si communs sous des lois barbares , il dit à Ludlow : « Quelque cynique que je sois , les « larmes de cette femme m'ont touché, » et il consentit à lui accorder une sauve -garde. Il parait (i) que Cromwell apprit sans regret la mort d*un parent et d'un ami si zélé pour la république ; et , dans les grands honneurs qu'il fit rendre à sa mémoire , Ludlow ne voit qu'une vanité fastueuse, bien contraire aux intentions d'Ireton , et que ce véritable Républicain aurait désapprouvée s'il avait pu la

(i) Ludlow*s memoirs, y. ii, p. 6o3. ^

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