‹ Histoire de Cromwell (volume 4)Chapitre 136 sur 155 · LIVRE SUtlÈMS · texte numérisé non relu

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tune de Charles II, pour lui rendre avec avantage un trône qu'il ne pouvait garder.

« Vous pouvez, lui dit-il, par un traité secret, « assurer votre fortune et celle de vos amis, «c Vous pouvez donner à vous et k votre pos- « térité autant de grandeur et de consistance, « suivant les probabilités humaines,qu'un sujet « en a jamais obtenu. Vous pouvez donner au « pouvoir monarchique des limites qui garance tiront nos libertés civiles et religieuses, et la a cause dans laquelle nous sommes tous en- « gagés. Il vous sufifîra , pour atteindre ce but , « de conserver dans vos mains le commande* « ment de la milice. » Cromwell, san« paraître offensé d'un semblable conseil, rompit la conversation , et depuis lôrs il rechercha beaucoup moins Tentretien de WTûtelocke, et fut avec lui froid et peu communicatif , jusqu'au moment ou il trouva l'occasion de l'éloigner par une ambassade. Du reste , on ne doit pas s'étonner que ce conseil ait mal réussi , et l'on n'y recoitnaît pas le grand sens de Whitelocke. Les garanties ùiéme qu'il voulait ménager dans une pareille transaction en prouvaient Tabsur^

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dite. Cromwell ne se serait jamais fié au pardon , ni Charles au repentir. Le Roi aurait redouté les sauvegardes qu'il aurait accordées. La politique est plus sévère que la religion : il y a pour elle des crimes inexpiables , et des conversions impossibles, parce qu'on doit les supposer telles.

Cromwell , qui ne voyait avec raison de sûreté personneUe que dans la grandeiu- de son pouvoir, et qui cherchait seulement quelle forme il donnerait à ce pouvoir, renouvela , dans d'autres occasions, l'épreuve qu'il avait faite sur l'esprit de Whitelocke. Quelques ministres puritains de Londres qu'il consulta sur son projet , le trouvèrent illégal et impraticable. Il discuta tranquillement le premier point, et leur demanda l'explication du second. « Votre projet , « lui répondirent les ministres, est opposé aux « vœux de la nation ; vous aurez contre vous « neuf personnes sur dix.» A la bonne heure, dit Cromwell, laissant échapper son secret , qui est une des plus anciennes vérités du monde; a mais si je désarme les neuf premiers, et que c< je mette une épée dans la main du dixième^ ce cela ne fera - 1 - il pas l'affaire ? »

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