LIVRE SIXIÈME
« c'est que cette nation acquière la conviction ic de l'œuvre du Seigneur au milieu de nous. » Cromwell avait passé huit jours dans un travail secret avec son conseil, pour fixer le choix des membres appelés à cette singulière réunion, à laquelle il paraissait vouloir transmettre le pouvoir suprême. Jusque-là il exerçait toutes les fonctions de la souveraineté. L'Ecosse et l'Irlande , ou plutôt les armées anglaises qui les occupaient, avaient reconnu sa puissance. Les impôts étaient levés et continués par ses ordres. Il nomma les juges destinés à faire le circuit pour les assises de cette année. Les adresses de plusieurs corps, et de différentes sociétés de saints et 'd^ élus qui couvraient l' Angleterre , ne renfermaient qu'une adhésion sans réserve au pouvoir du général Cromwell. Son nom remplaçait pour beaucoup de fanatiques toutes les libertés qu'ils avaient cherchées avec tant d'efforts. Sa fortune leur paraissait l'œuvre de Dieu , et sa puissance une démonstration de la justice de sa cause. Les victoires, si belles et si récentes, que les flottes anglaises avaient obtenues , de-
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puis la destruction du parlement , flattaient l'orgueil de la nation , et n'étaient plus attribuées qu'au génie de Cromwell , qui remplaçait avec tant de gloire ceux qu'il venait de chasser avec audace. Ce fut sous de tels auspices que s'ouvrit la nouvelle assemblée.
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