LIVRE PREMIER. yS
qnencé dans la conduite des Presbjrtériens , qm ne voulaient pousser la révolution que jusqu'à un certain point (i),et respectaient le roi en hri faisant la guerre.
Charles voyait cette division avec joie , et en était d'autant moins pressé de faire un traité. Il aurait dà la craindre ; car si la guerre se continuait , l'issue de ce schisme du parlement ne pouvait être douteuse.
Les Indépendants ne négligèrent pas de couvrir leurs desseins dtt prétexte de Fintérêt puMïc. Les dépenses de l'armée pesaient sur ïaî nation, et fa longue durée de la guerre, qui ïéè fendait aôcàblântesr, était imputée à là lenteur irïtéreàééé rfes généraux , que l'on accusait à-k-fôi^ d^étèrnîser la guerre par ambition , et dé ne pas vôtiloir qu'elle réussît piir attachement 4 lâ toyAilié. Cette accusation était populaire. Il en résultait que l'on devait ou conclure urie paix aveC le roi, ou choisir de nouveaux généraux. Les Indépendants ayant
(i) Our design was ouly to reform , not to alter ; to regulate , and so to save , not to destroy. Holles , pag. 2 1 ,
assez de crédit pour empêcher ce premier dénouement, que tant de difficultés entravaient, étaient maîtres du second (i).
jg-, La discussion s'ouvrit par la nécessité de réformer la discipline de l'armée. Un Indépendant assez obscur, Zouch Tate (2), membre du comité de la guerre , exposa , dans le bizarre langage du temps, que l'armée était dans le même état qu'un malade qui consulterait sur un mal au doigt, tandis que la masse entière de son sang serait corrompue.
Cromwell prit la parole (3). Le discours qu'il prononça est trop court et trop simple pour n'être pas fidèlement rî^pporté comme une preuve que ce génie souple et profond savait à propos se délivrer de l'étalage mystique dont il a fait un si fréquent usage.
« C'est aujourd'hui, dit -il, le moment de parler ou de se taire à jamais. Il ne s'agit de rien moins que de sauver le peuple de la si-
(i) Ludlow's memoirs, y. I, p. i33.
(2) Whitelocke's memoriab of the english afTairs , p. II 3.
(3) The parliamentary history, v. XIII, p. 376.