LIVRE SECOND
OC je puis lui donuer , c'est de dire qu'il rapc( porte tout à Dieu, et qu'il aimerait mieux a périr que de rien s'attribuer à lui-même ; ce et cependant pour la bravoure , on peut lui « accorder , dans cette circonstance , tout ce «c qu'il est possible d'accorder à un homme. »
Après avoir ainsi enveloppé et fait disparaître la gloire de Fairfax dans cette grande reconnaissance pour Dieu, l'habile fanatique fait pressentir , par les dernières expressions de sa lettre, la puissance du parti des Indépendants , dont il devenait chaque jour le chef plus visible et plus accrédité.
Il les désignait ici sous le nom d'hommes bien pensant j comme il les appelait ailleurs les saints f les élus y ou simplement (i) les hon^ nêtes gens , toutes dénominations incertaines et flexibles dans la langue des factions.
« Les hommes bien pensant, dit-il en finisasant,vous ont loyalement servi; ils sont c< rempUs de confiance; je vous conjure, au a nom de Dieu, de ne pas les décourager.
(i) The parliamentary historjr, ▼. xvu, p. 260.
^8 HISTOIRE DE CROIÏWELL.
« Je désire qnt îîette action ptnsse produire « la reconnaissance et llunniUté dans le cœur « dé tous deux qm y isotit intéressés. Je désire <i que 'cJèlm qui liasai^e sa Hrie pour la liberté <c de son pays , pùiisse se <ionfier en Dieu rt pdéù* la liberté dte isa txniscience , et en voui « poui» wfte liberté *èîv3è aïi nom de bquelle ce il eàxtài^t "»
Une léttt^e »éè tairfex au parlemetit , datée du lendânâin de Ta batàflle,tie renferme que des détaâs imlitairés , des -éloges sur la condiiite du ïftajf)*' Skippon et ^e quelques autres ofi&ciers , sans aucune Mention de Grotnweft. Le ritéme fei^rit religreùi s'y fait Sentir. Le ^êiiêeA éx^rfeftè le Vœu , que îlionneur de cette grande ^t ^temot^He mrséritôrde puisse être r€fedu àDieu,^âths trh jottr ëittraordiùaité d'actionis de grkc^s.
Le tê jxûh , le jbtfcp méihé où la no'tfvélle de cette Victoire pàiVînt afu pâttiêùierit, là Ifbamljre des cortiiÈlùnès*('i) coïititttià fexCep- Cion ëh feveiir du lieutenant -généf al (!S*ôïn-
(i) Tb« Tafliàmcntary ^lli5tttry,T. xrn , p. SdS,
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well^ sans époque déterminée. Elle lui assi-^ gnait aussi le traitement de son grade , à dater du jour du renouvellement de Tannée ; mais la chambre des pairs le reporta seulement à l'expiration des quarante jours qui avaient d'abord été accordés à Gromwell , et restreignit à trois mois la prorogation de son commandement Ces minutieux détails font connaître au moins l'espèce de défiance et d'opposition , que rencondrait la grandeur de Gromwell. On se consolait en gênant par des formalités et des chicanes celui que sa fortune et son parti entraîaaient si vite et si loin. Les bons repu* blicains croyaient sauver l'esprit de la loi , en la violant chaque fois par une exception temporaire. Depuis cette époque Gromwell obtint encore trois prorogations successives ; en*' suite (i) il n'en parla plus, et il devint trop puissant pour que personne s'avisât d'en parler.
Cependant, depuis sa défaite, le Roi^ de fuite en fuite ^ avait gagné le paya die Galles,
■MM^aki
(i) Memoirs of Denzil lord HoUes , p. S5.
lOO HISTOIRE DB CRCTMWELL.
au lieu de se retirer vers un corps de troupes qui , sôus les ordres de Goring , assiégeait la ville de Taunton , et qui , en se réunissant aux débris de la journée de Nazeby, aurait '^ pu former une armée considérable. Fairfax; après avoir repris la ville de Leicester , dernière conquête du Roi, marcha contre Goring, et le força d'abandonner le siège de Taunton. Le général royaliste voulut éviter le combat et se replier sur Bridge -Water.
Il était protégé par une rivière , dont il gardait les passages. Après avoir tenu un conseil de guerre dont le* résultat fut de donner la bataillé, si on pouvait y forcer Tennemi, Fairfax le fit attaquer à -la -fois sur deux points, et remporta une victoire complète, pour laquelle le parlement ordonna un jour solennel d'actions de grâces. Goring fiit blessé , perdit beaucoup d'officiers, et sa meilleure cavalerie. La prise de Bridge- Water suivit de près. Cette place bien munie se rendit après avoir soutenu plusieurs assauts. Un • riche butin, envoyé par Fairfax au parlement, fut vendu , et l'argent remis à Fairfax , avec ordre