‹ Histoire de Cromwell (volume 4)Chapitre 55 sur 155 · LIVRE SECOND. l · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND. l

« vant le contraire, et voyant les dispositions <c incertaines de l'armée , et la garde de sa « prison redoublée , il s'était soustrait à Tes- « clavage , prêt à se montrer quand il le pour- (S rait avec honneur et liberté , pour concourir « à la paix , et prévenir Teffusion du sang. »

Cette nouvelle parvint aux chambres par les lettres de Cromweli. Il annonçait que le Roi était dans l'Ile deWight^ et faisait l'éloge du colonel Hammond, gouverneur de cette île,

Quelques écrivains ont supposé que Cromweli avait formé le vœu sincère de rétablir le Roi sur le trône , et qu'il n'en fut détourné que par le peu de francl^Lse de* ce prince. Lord Broghill, seigneur royaliste (i), devenu courtisan de Cromweli , racontait une anecdote qu'il avait apprise de son nouveau maître. « Ireton et moi , lui dit un jour Cromweli , à l'époque où nous voulions traiter avec le Roi, pour prévenir sa réuniop aux Presbytériens, nous fumes avertis par un de ses valets-de-chambre

(i) An history of the life of Duke of Qrntionde, by Tbomas Carte, y. ii, p. 12.

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qui nous servait d'espion , que notre perte était résolue, et que le secret de ce dessein se trouvait dans une lettre adressée à la Reine. On nous indiquait la route et le signalement du messager. Ayant pris des halnts de simple soldat , nous allâmes attendre notre homme au passage, et nous lui prîmes cette lettre où le Roi annonçait à la Reine qu'il était courtisé par les Presbytériens écossais et par l'armée ; mais qu'il était résolu de traiter avec les Écossais. Dès-ïors, ne pouvant nous fier à lui, nous jurâmes sa perte. » Cette anecdote singulière paraît se démentir eUe-méme. Ce n'était pas à Fépoquc où l'armée écossaise s'était dessaisie de la garde du Roi, que l'on pouvait redouter son influence sur le sort de ce prince. Aucun fait historique n'atteste d'ailleurs cette duplicité du Roi , dont parlent les Républicains , et qui n'est que la dernière calomnie du plus fort contre sa victime. On voit, au contraire, que Charles défendit avec une imprudente opiniâtreté certains points, sans doute parce qu'il était sincère sur ceux qu'il accordait*

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