LIVRE SECOND. l5l
une grande autorité ; ils recommencèrent de nouvelles négociation avec le Roi. Ce prince eut la liberté de voir quelques seigneurs de son parti , et sar-'tout lord Ormonde ^ ancien gouverneur dlrlande, et lord Gapel , si fidèle à sa cause. Cron^well , qui continuait de visiter le Aot j ne se hâtait pas de conclure le traité* Il disant qu'il fallait auparavant purger la chambre de tous les memln^s malveillantSw Ireton parlait de même; et tous deuic^ avec cet emploi de basses allusions qui leur était fsimiKer ^ juraient de purger la cl^ambre , de manière à lui dcmner lia constitution né* cessaire pour Tintéret de sa majesté. Pendant qu'ils all^pii^ieiit divers motifs de retard , la haine de k royauté augmentait dans l'armée.
Les agitatetirs répélaieiiit que , puisque le Roi avait rejeté leurs premières ^opositions , ils n'étaient plus engagés^ ils ne devaient plus consister que leur salut et le bien public , et qu'en vertu du pouvoir que leur avait donné le droit de Fépée^il fallait abandonner la monarchie , et mettre l'Angleterre en république. Ces déclamations étaient mêlées d'in-
iSs HISTOIRE DK GROMWELL.
jures contre Ireton et Cromwell ; et ils menaçaient d'arracher le Roi des mains de ces deux traîtres. A travers les contradictions des mémoires contemporains, il semble assez •vraisemblable que Cromwell (i), craignant qu'une nouvelle entreprise , semblable à celle de Joyce, n'enlevât le Roi de Hamptoncourt , conseilla à ce prince de fuir et de chercher une autre retraite. Peut-être ce conseil n'avait-il pour objet que d'irriter la haine de l'armée contre le Roi. Cromwell écrivit au colonel (2) Whadley, son parent , et chargé de la garde du Roi , que la vie de ce prince était menacée. Whalley communiqua cet avis à Charles, et le soir même le prince s'échappa de Hamptoncourt, laissant une lettre pour le parlement. U disait, (c que la liberté, ce bien généralement «r désiré , n'était pas moins nécessaire aux Rois. <c qu'au reste des hommes. Il avait long-temps « souffert la captivité , dans l'espérance que t< cela pourrait servir à la paix ; mais éprou-
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(i) Memoirs of Denzil lord Holles, p. i85r (a) Idem^ p. 187.