‹ Histoire de Cromwell (volume 4)Chapitre 79 sur 155 · LIVRE TROISIÈME. aiy · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME. aiy

▼er, le Roi, conservant une fermeté sublime, avait dit adieu à ses deux enfants , et reçu les consolations du vénérable évéque de Londres.

Son aœe avait éprouvé un ■ mouvement de joie au moment où , prenant sur ses genoux le petit duc de Glocester, il lui dit : « mon « fils , ilis vont couper la tête à ton père , et « peut-être ils voudront te faire roi au préju- « dice de tes frères. L'enfant , avec un accent a extraordinaire à son âge, répondit : Je me ce ferai plutôt mettre en pièces. »

Dans ces derniers jours, Charles, éprouvé par tant de souffrances , avait recueilli tout ce que la religion peut ajouter de grandeur à une ame forte et sensible : il était prêt pour Féchafaud. Un. peuple immense, repoussé par des barrières de soldats, vit de loin le supplice du Roi, sans pouvoir entendre ses touchantes paroles. L'évêque de Londres resta près de Féchafaud , ppur soutenir le courage du Roi.

Ce fut à lui que Charles adressa sa dernière et sainte parole, qui renfermait la volonté formelle de pardonner aux coupables. Un homme masqué lui trancha la tête. Un autre

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homme , également masqué , montra cette tête sanglante au peuple , en criant : Foici la tête d'un traître. Le corps fut porté à White-HalL Il y avait à cette scène, dit Whitelodte (i), beaucoup de gens qui soupiraient , qui pleuraient , et qui tâchaient de ti*emper leurs moudioirs dans son sang. Ainsi ce crime fut achevé sous les yeux et au nom d'une nation qui ne le voulait pas.

On dit que Fair£aix avait résolu d'en prévenir l'accomplissement; et qu'à la tête de son régiment , il voulait arracher le Roi aux mains des meurtriers. Ireton et Cromwell, instruits de ce projet, engagèrent le générai à se mettre en prières , et à chercher le Seigneur; et pendant que le major Harrisson , aposté pour se joindre à Fairfax , prolongeait à dessein la prière , on reçut la nouvelle de l'exécution du Roi. Harrisson se levant alors, dit que c'était sans doute la réponse que le ciel leur envoyait. Sans adopter cette anecdote , qui s*accorde assez mal avec le

(ï) V^hitelockc's memorîals, p. 370.

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