LIVRE QUATRIÈME
A. la nouvelle du supplice de Charles , un cri dHndignation et d efiroi éclata dans les trois royaumes , et fut répété par l'Europe.
Les illusions républicaines, qui avaient égaré beaucoup d'ames honnêtes , se dissipèrent.
Tous les voiles que la terreur , la calomnie , le fanatisme, épaississent sur les yeux des peuples, tombèrent en un moment; et l'on ne vit plus que le sang d'un monarque loyal et généreux^, dont les longs malheurs avaient trop expié quelques fautes reprochées à son règne , et dont la fin déplorable avait paru le
aaa histoire de cromwell.
triomphe d'une vertu sublime et d'une résignation sums^urelle. La douleur fiit portée à son comble ; et , dans quelques personnes d'une imagination vive , elle causa la perte de la raison ^ ou la mort, Lei chaire» même des églises, qui avaient retenti de tant d'imprécations, étaient baignées de larmes. On rappelait la bonté personnelle du Roi , ses soufifrances inouies , ses vertifô , qui , dani^ de meilleurs temps, auraient suffi à^la prospérité de l'Angleterre. *
Cependant la chambre des communes, animée par son attentat et par l'horreur publique, redoubla de rigueur. Après avoir (t) décerné des témoignages honoraUes à la Haute-Cour»
elle nomma mm nouvelle* conuvÂssion pour juger les principaux seigneurs £ai€$^ prisonniers dans la guerre civile; lotd Goringyle comte de Norwieh, le due HamiU;ai>, h<mime d'une vertu si persévérante et si mal^ieureuse \ lord Capel, dont k fidélité semble avoii? un carao* tèré particulier d'héroïsme; lord Hollande qui,
(i) LudloTv's memoirs, v. x, p. 28/1.