‹ Histoire de Cromwell (volume 4)Chapitre 85 sur 155 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

Hamiîton ne mourut pas avec moins de courage , victime d'une fidélité méconnue jusqu'au moment où elle fut attestée par son supplice. Voltaire raconte que la vengeance 1648. de Cromwell, animée par une jalousie d'àmour, détermina la perte de lord HoUand, qui , malgré sa désertion récente , conservait de nombreux amis dans le parlement. Suivant ce récit , Gromwell , amoureux de la femme du colonel Lambert, et sachant qu'elle le trahissait pour lord Holland , se plut à faire couler le sang d'un rival sous les yeux d'une maîtresse infidèle.

(i) Mistriss Lambert était en effet jeune et belle , versée dans la connaissance des saintes écritures, chantant les psaumes avec beaucoup de grâce , et fort . occupée de méditations pieuses. Les visites firéquentes que lui faisait Gromwell pendant son séjour à Londres , ont dolmé prétexte à l'anecdote dont s'est amusé Voltaire , et qui parait peu vraisemblable^

(i) Memoirs of tbe protectoral-house of Gromwell, T. I, p. 127.

a3o HISTOIHK BS CROMWELL.

Dans rage de la maturité , dans une vie inqoîète et sérieuse , daoïs une extrême cirionspection de conduite y les faiblesses ou les agitations de ramoor ayaient peu de prise suir Cromwell(i).ClareDdon euplique son empres^ sèment à perdre lord Holland par des^ motifs de haine politique, et par le soureirir de quelques propos injmrîeux échappés à te seigneur.

La chaimbre des communes ^ qui rémissâit alors tous les pouroks , se voyant rédtiîfe k un nombre très-borné, et formant une iMolérable oligarchie, rendit plusieurs bills pour ÊiYorîser le retour des membres enchis par tes diverses épurations. Cette faculté, soumise à la condition de souscrire les actes qui avaient. précédé la mort çhi Roi , ne ramena qu'un petit nombre de députés. Il y eut ausst quelqnes élections nonveiles. La chambre, par une exception sans exemple, se chargea d'assurer elle-même un choix qui devait lui ètfe fort

précieux. Elle ordonna (a) que Bradshaw, ancien

(i) CTarendoii's history, p. 572.

(a) Whitelock6'$ memorials, p. 872.

jtige à GfiîflehaH^ siégerait comme député de cette ville , es^ eonsîdératioiif de» &xnclBons <fdik yen^àl de pettipliv dan» ht Hsrute(-€our. P^pêéA €[uel<pie9 autres députés , nommés par l'étee^ j^^q, ttan des eomté»^ on yit- repamitre' dMKs memv hfe» de la pairie s^pprauiéei

CettSr permanettce de la ckambi^ des ô«mi^

flMme» était loin** de vemplir te& espé'raneesdït

parfft démecpatMpie toutes lés docl^ines des

9^^ekur&, teu» les principes d'iifie* fepvésen^

laltea égaie , indépendante et frécpfemment

iHntottYelée, se reprodutsirenti avec ferenr, et

yifipent assiéger ce parlement perpétuel' qui

attrait tué le Roi, et qui gardais peur ltti< h.

loyauté. Be» pam^hlefs^ républicains d^non^

faient aur pecqpie les secondés^ chaînes d& la

Grands'Bretagnt: En même temps, la doutettr

dics Royalistes y les* regrets et la pitié du grand

nombre , s'àmmaisent par la lecture àih Ime

ÊHneux atlriiraé à C&arles, et qui exprimait

ka vœus les plus puvs pour le bonheur du

peupir angkwi. Ce lÎFvre éloquent inspirait

yhoi?reur contre les^ meurtriers ^ukt tel Roi :

c'était le testament, et la robe sanglante de

César.

aSa HISTOIRE DE GROMWELL.

Le nom de Fimmortel Milton parut alors dans le monde pour la première fois , et fut attaché à l'une des plus déplorables prostitutions du génie. Long-temps inconnu , malgré son immense savoir et Tardeur de ses opinions, Milton avait obscurément publie divers pamphlets théologiques, animés de la plus fougueuse démocratie , et quelques poésies charmantes , oubliées et perdues dans le fanatisme du temps. Aussitôt après le supplice de Charles, il avait justifié ce grand crime par une dissertar tion sur la responsabilité des Rois. Nommé, près le nouveau conseil d'état, secrétaire-interprète Eiion pour la langue latine , qu'il écrivait avec une

BasiUki ,

tmage rare élégance , cet emploi le jeta plus que ja-

du Roi.

mais dans les passions furieuses des Indépendants. Lorsque le livre publié sous le nom du Roi , comme une révélation de ses vertus et une image de sa vie , vint soulever la pitié dans tous les cœurs, Milton, réduit à l'odieuse tâche de combattre des sentiments généreux, fit paraître V Iconoclaste j ou le briseur d'images, annonçant par cette expression les violentes atteintes qu'il portait à la mémoire de Charles.

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