LIVRE QUATRIÈME
parce qu'il ne pouvait pas les comprendre.
La souveraineté du peuple, qui renversa la vieille aristocratie anglaise, n'aurait pas souffert parmi nous la création d'une chambre privilégiée. En France , comme en Angleterre , il fallait une longue épreuve pour ramener la liberté à des idées plus saines, et lui faire sentir qu'étant elle-même une fiction devant la force matérielle , ce despote de l'anarchie , elle doit, pour se maintenir, s'allier à d'autres conventions sociales.
Cependant la chambre fit choix d'un conseil d'état, composé de quarante -un membres, parmi lesquels siégeait Cromwell, avec ses deux fidèles appuis, Ireton et Saint-John.
Les membres du conseil devaient approuver, par un serment , la mort du Roi et l'abolition de la monarchie. Sur le refus de Fairfax et de quelques autres , on adoucit la formule du serment , et on la réduisit à la promesse d'être fidèle au parlement, sans approbation des actes antérieurs. Cromwell (i) fut le rapporteur df
(i) The parliamentary history, v, xix, p. 36, 38, /. l5
5U.6 HISf^^miE 9E CRCXMWCLL.
Gfi jdébiM:,, 'qvhe l'kutaiîté d^ fiainf» et les jcriipide^ 'plvitm^ <^ «conscieBoes ponnraieBil
i64d« X^ Scosftais , (OOQStamment opposés à la fOiCM^t 4ii lUû, ^'étaii»it iiâtéi» <le mcoenaltre <ïharles II , tandis ^ue ie paiiemeat xl'^Aigieliefve fwsaxt por-lxMft déiruîte les efffigîes T^^ple^ , ^ prodamait Fabolition jàe ia monsnrxJiîe i^t rétahliss€W€sBt.cle lanépifUiqiie. A.«Â une nouvelle guerre civile aaâssak. delà moit
1^ {loi.
X^rpiiocès des loBdsitiAduits;de«aivtla haiste- ^cour n^ traîiKi .pas «en âoii^uew. Toufi furent .coadaoïQés. Lia chambse , «dësomiats «laîquè j»oiKvoif et juf^ suprême de i'Étot , i^eçttt les ^demandes ten ^aee présentées par 4eiips paf!eiiits. .Lord ^enwich, peu r^edoutddile pw 'la frivolité ide «on jearaetève et de^ sa m^ , oTlirtint }e 'pardon Ae ila chandupe. Un sursis iat accordé au locd ^Goring , à la majoiûlé d^tme f^eule vois. A côté de FinlBlexiMe rigueur ^que 1^ chambre xles xommune s montrait -esters les ;»itres accusés ^ irotou^^fui S'iégeait dans
LIVRï QUATRIÈME. a^ij
Ja Haute^ouF , où ils avaient élé condamnés , JlfiEecta de deaoander une préférence en feveur 4'ttn chevalier Owen, enveloppé duis la même condamnation, et qui, n'ayant ni un grand nom 9 ni d'illustres alliances, n'était réclamé par personne. Le odonel Hutdiinson appuya «ette demande, qui fut accueillie sans dfort Lorsque l'on vint k la supplique présentée par mybdy Capel , l'ime des £emmes les plus ftboaables «et les plus vertueuses de l'Angleterre, plusieurs membres de la chambre l'appuyèrent, et dirent que lord Capei ne les avait jamais trahis, ni trompés, et qu'il avait tou- ÎGurs £ut une guerre ouverte et franche.
GrooifireU, à son tour, fit un magnifique éloge jde lord Capel (i), professa le pli^ grand respect piour la loyauté de son caractère , et , au moment où l'on attendait une conclu»an favo*rable , il déelaia que « son zèle pour le bien fn de rÉtat l'emportait sur une affection prL- M vée ; que la question se réduisait à savoir « s'il faUait conserver le plus implacable eu»-
(i) Clarendon^ iû&ispiy, p. Sy).
aiS HISTOIRE DE GROMWELL.
a nemi de la république; que lord Capel, « par la grandeur même de son ame , serait a le demieF^homme de F Angleterre qui abanh « donnerait la cause royale ; qa'il avait du « courage , du talent , de la générosité , de <c nombreux amis ; qu'il serait fidèle tant qu'il ce yjiyrait,et redoutable dans quelque situation ce que la fortune le mit ; et que , par consé-^ ce quent, on devait rejeter la supplique. »
Capel justifia sur l'échafaud la détestable hypocrisie de cet éloge. Il y parut (i), dit Whitelocke , avec la contenance d'un stoïque Romain. Il n'avait pas de ministre auprès de lui ; il ne semblait pas s'apercevoir des approches de la mort ; mais il était d'une hardiesse et d'une fermeté qui frappaient d'étonnement. Il parla quelque temps au peuple. Il déclara qu'il mourait pour avoir obéi à son Roi , le plus religieux de tous les monarques, au prince Charles, qui maintenant était Roi, et à tous les autres enfants du Roi , légitimes héritiers de sa couronne.
(i) Whitelocke's memorials, p. 879.