‹ Histoire de Cromwell (volume 4)Chapitre 87 sur 155 · LIVRE QUATRIÈMS. ^^J · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈMS. ^^J

plus odieux projets; et cependant leurs réclamations n'étaient que la conséquence des premières prqmesses du par]ement; souvent même elles n'étaient que l'expression de principes éternellement justes (i); l'entière liberté de conscience, la promulgation des lois dans la langue nationale, l'égalité de tous devant la loi , le jugement des détenus dans un court délai, l'exclusion de la force militaire dans toute affaire civile. Voilà les vérités que le parlement avait oubliées depuis qu'il était le maître , et qu'on est assez surpris de retrouver dans la pétition des séditieux de l'armée.

Le parlement , menacé sur le théâtre même de sa puissance , avait de grands efforts à faire pour la maintenir au-dehors. L'Irlande, séjour de toutes les factions et de toutes les fureurs, s'était réunie à la cause royale. Le marquis d'Ormonde était retourné dans cette île ; et l'on publiait que le Roi Charles II devait y descendre , et réunir < sous ses drapeaux les

(3) The parliamentary history, y. xix, p. m , etc.

<àâ8 HISTOIRE BJS iCROMW^LL.

BoyaUstes protesteats ^ et fe^ cathobqai^ , auxquels (i) il a«wfaîi: tow leurs diioîCs^ et l'iny iotajHlité 4lu graïKl crime qui« dans oe maUiieuf eux pays , ayaijt résidu tant de cœurs ktwné^ par la aottillure du saug versé et Tatroorté des veogeaaces proaûses. Onnocid^^ à la tét^ des Irlaudais oouféidérés , avait i^as^ l'araiée du long pariement Le colooel Jones , qui la «cmma&daîit, hattu à»m plusieurs reneedotre^ »

conservait à peine la ville d^ Dubljo. Un cbef iilaadais, uoum dans la fureur «des gu^res civiles et religieuses , k vieuK Queal {%) , méconteut de la confédératâou iria^daise , s'était seul déclaré l'allié des Anglais , et retaiïdaît « par sou decourso ^»e défuite qm le décourageméat et le petit uooibre rendaient inévitat>le. Dans le pressant .l^esoin 4e conserver l'Ixlavkde» et de fermer an jeune Roi un asyle, de dao^iereui^ voisinage pour TAn^terre ^ tons les yeux se tournèrent .«ur GromweU. Cmx k ^ui ison ambition inspirait le plus de défiance

{i) Lndlow's memoirs, v. i, p. 069.

(a) Idem, p. a94.

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et de iiaicie , cra^adent bien davanlage le succès ide la «cause royale. Il n'est aucun parti qui ^e préfèpe ia tyrannie d'un protecteur à la Tictoire du parti contraire. D'ailleurs la plupart ^des Républicains , gênés par la pré* seece «npéneuse de Oomwell, a'Naieiit au pliK pressé; et croyaient gagner quelque dbose en l'éloignant de la chambre , «ans prévoir que 4e «ouveaux succès militaires le renverraient pius puissiHit et plus dangereux pour la liberté.

Ciromwell (i), désigné par le <xmseH d*état pom* le coffnmandem^it de Tlrlande y après «voir ^uisé toutes les formules de la modestie «t de l^hnmâftté (a) , déclara que , par résignation à la pny^idence -de Dieu. , il acceptait ce diffîcâe <e«pp|oi. La ^âiambre^ prévenue de sa. ziéponse , w^f^ scflenneUemei]^ 'Sa nomination , et , sous le titre de lord-gouverneur de l'Irlande j 1« «conféra tous les pouvoirs mSitaires et «civils. FairfefK <reçiit en fnéme temps le titre

(i) Whitelocke-s ^emorials , p. SSo.

(a) Idenif p. 38a. »

24o HISTOIRE DE CROMWELL.

illusoire de généralissime de toutes les forces de l'Angleterre et de l'Irlande. Gromwell s'occupa aussitôt des préparatifs de la guerre.

1649. ^''^%'^^^ manquait (1) ; il fallut emprunter iao,ooo livres sterling à la cité de Londres. Pendant que Gromwell pressait avec une incroyable activité les préparatifs de l'expédition d'Irlande , il eut (2) occasion de retenir dans la cause du parlement, ou plutôt d'attacher à la sienne, un homme que ses talents rendaient précieux à tous les partis , et que sa jnaissance et ses opinions rappelaient dans les intérêts de la monarchie. C'est une anecdote qui mérite d'être racontée, pour montrer que Gromwell mettait quelquefois la franchise au nombre de ses moyens , et qu'il savait se confier à propos. e^Lord Broghill, qui, d'abord employé contre les rebelles d'Irlande , avait fait la guerre au nom du parlement et du Roi, résolut de se séparer d'une cause désormais souillée par le régicide; il était secrètement revenu en An-

(i)' Ludlow*s memoirs, y. i , p. 299.

(a) Roger's earl of Orrery's state letters.

IIVRE QUATRIÈME. 'à/^J

gleterre, avec le projet de passer en France, et de suivre la fortune de Charles IL Arrivé à Londres depuis quelques heures , il voit entrer chez lui un officier de Cromwell, qui lui annonce la visite du général, que le parlement venait de nommer gouverneur d'Irlande.

IjOrd Broghill était à peine revenu de sa surprise , que Cromwell se présenta sur les pas de son messager. Il demanda à lord Broghill la liberté de l'entretenir en secret ; et , après de grs^nds témoignages d'estime, il l'avertit que le conseil-d'état était instruit du but secret de son voyage. Il ajouta plusieurs circonstances impossibles à nier, et finit par assurer lord Broghill que les membres du conseil voulaient d'abord le faire arrêter ; mais qu'il avait prévenu cette mesure , et demandé le temps de le voir et de le ramener au parti de la république. Lord Broghill, ne pouvant rien opposer à des détails si formels, remercie le général , et s'en remet à sa foi et à ses conseils. «Votre conduite militaire en Irlande, lui dit « Cromwell , nous appartient. Chargé d'achever « la soumission des rebelles, je puis vous offrii* /. i6

!à/^1 HISTOIRE DR CROMWELL.

« un commandement général, si vous voulez tf continuer de servir dans cette guerre. » Broghill accepta, et fut fidèle, sur-tout àCromwelL Il partit sans tarder pour l'Irlande. Beaucoup de gentilshommes, qui avaient autrefois fait la guerre avec lui , se réunirent sous ses ordres. Il attendit Cromwell pour lui remettre un régiment de cavalerie, qu'il. eut bientôt rassemblé par son influence , et qui servit utilement dans la guerre.

L'esprit mutin des troupes, constamment opposé à l'expédition d'Irlande, et maintenant aigri par des espérances trompées , présentait un plus grand obstacle. La dispersion (i) du conseil des agitateurs n'avait pas éteint ce fanatisme d'égalité qui dominait dans l'armée, et que les généraux eux-mêmes avaient si long-temps favorisé. Il se forma une nouvelle bande de ces niveleurs. L'un d'eux se disait prophète; « ils allaient, hii et sa troupe, ense- «mencer les terres en friche, déclarant qu'ils « ne prétendaient pas renverser les clôtures

(i) Whitelocke*s memorials, p. 383.

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