LIVRE QUATRIÈME
dats diminuer par la désertion. Le colonel Monck , que l'on vit plus tard détruire l'ouvrage de la révolution , alors employé en Irlande, dans les troupes du parlement, fut abandonné de ses soldats, et forcé de se rendre à l'ennemi.
Le colonel Jones, au milieu de ces revers, pour s'assurer de l'obéissance de Dublin , son seul asyle , en avait impitoyablement chassé tous les catholiques ; et il s'y défendait avec un petit nombre d'Anglais. Le secours envoyé par Cromwell, ramina l'espérance de la garnison, et changea promptement la fortune. Le colonel Jones, ayant fait une sortie , battit les corps avancés qui for* inaient le siège de la place, les renversa sur le quartier -général de l'armée irlandaise, et la mit toute entière en déroute avant qu'elle fut en ordre de bataille , et que le marquis d'Ormonde (i) eût quitté une partie de cartes dont il était occupé. Ce succès extraordinaire s'explique par la supériorité que plusieurs années
(i) Lndlow's memoirs, ▼. i, p. 298.
25o HISTOIRE DE CROMWELL.
de victoire, et sur -tout l'esprit de liberté, donnaient aux troupes parlementaires. Ludlow remarque (i) que ces soldats n'étaient plus les mêmes quand ils désertaient. Un riche butin et deux mille prisonniers, parmi lesquels se trouvaient beaucoup de nobles, et le frère du marquis d'Ormonde, tombèrent au pouvoir des Anglais.
La nouvelle d'une si grande victoire devait hâter le départ du lieutenant -général. Il mit à la voile pour Dublin, le samedi i3 août 1649 9 ^^^^ trente-deux vaisseaux. Son gendre, Ireton, s'était dirigé sur Munster avec soixante vaisseaux chargés de soldats et de provisions; mais contrarié par les vents, il aborda également à Dublin.
 l'époque où la république était obligée d'entretenir des «troupes sur les frontières du nord, une flotte si considérable exigeait de grands sacrifices. On aliéna les domaines de la couronne. On mit en vente les domaines autrefois possédés par les doyens et les cha-
(i) Ladlow'8 memoirs, v. I9 p. 3o2.