‹ Histoire de Cromwell (volume 4)Chapitre 92 sur 155 · LIVRE quathième. a5i · texte numérisé non relu

LIVRE quathième. a5i

pitres, et, ce qui est remarquable (i), ils se vendirent sur le taux de quinze ou seize fois la valeur du revenu. Les terres de la couronne furent employées au même usage. La nation Ait imposée à une taxe extraordinaire de cent vingt mille livres sterling par mois, que, suivant Ludlow, tout le monde {%) paya fort gaiement Ainsi cette révolution commencée en haine d'un faible droit sur les boissons, assujettit le peuple à des chaînes exorbitantes, dont aucun de ses Rois n'avait osé concevoir la pensée.

Cromwell fut reçu dans Dublin avec beaucoup de pompe et d'enthousiasme. Il harangua les habitants sur la place publique , le chapeau à la main ; il les assura que Dieu l'avait conduit sain et sauf pour leur rendre la liberté ; déclarant que tous ceux dont le cœur était zélé pour la punition des Irlandais sanguinaires, et pour la propagation de l'Évangile de Jésus -Christ, trouveraient faveur et

(i) Ludlow*s memoirs , v. i , p. 299* (a) Idem,

riSli HISTOIRE DE CROMWELL.

protection dans le parlement d'Angleterre.

Quelques jours après (i), il se plaignit, dans une proclamation, que, malgré les succès dont le Seigneur avait béni leurs armes, le saint nom de Dieu était journellement déshonoré parles jurements, la débauche, et l'ivrognerie, et il enjoignit aux magistrats et aux officiers de punir sévèrement les coupables.

Ce pieux réformateur n'en exerça pas moins, ' dans la guerre d'Irlande, les plus odieuses barbaries. Dès l'ouverture de la campagne, à la prise de Tredagh , où le marquis d'Ormonde avait jeté des provisions et ses meilleures troupes, Cromwell ordonna de tout massacrer. Aussi brave que féroce, il franchit des premiers la brèche, et donna l'exemple du carnage , qui se continua^ dans les rues et dans les églises. On fit à peine une trentaine de prisonniers , qui furent déportés aux îles Barbades. « Il ne s'est sauvé qu'un seul officier a ennemi , écrivait Cromwell au parlement ; « l'ennemi est frappé de terreur , et véritable-

(i) Whitelocke's memorials, p. 4o6.

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