LIVRE QUATRIÈME. a
soldats. Lord Inchequin envoya d'abord à cette garnison avancée, une sommation de se rendre (i). Personne dans la garnison ne 1649. savait lire ; mais jugeant à la vue du trompette , de quoi il s'agissait , ils lui répondirent : a Va dire à Inchequin que nous n'avons rien <c à démêler avec lui, qu'il s'en aille à ses « affaires , et qu'il sera pendu, » Voilà quels étaient les soldats de Cromwell.
Le lieutenant- général se trouva, le ag novembre , sous les murs de Wexford , place de guerre et de commerce. Le gouverneur de la ville commença quelques négociations jusqu'à l'arrivée d'un secours qui l'enhardit à se défendre. Cependant , dès que l'artillerie eut ouvert une brèche à la citadelle , Cromwell donna l'assaut ; et les soldats s'étant répandus dans la ville, massacrèrent, comme à Tredagh, tout ce qu'il y avait d'hommes armés.
Cette seconde barbarie augmenta la terreur, et hâta beaucoup la soumission de l'Irlande.
La ville de Wexford étant fort riche et rem-
(i) WhiteloGke*s memorials, p. 4 18.
plie de magasins , Cromwell préposa des commissaires, pour assurei: la conservation et l'emploi du butin fi).
La saison, déjà fort avancée, et le climat humide de llrlande, avaient amené beaucoup de maladies dans l'armée. On eut alors à regretter la perte du colonel Jones, honoré par sa belle défense et ses succès, avant l'arrivée de Cromwell. La contagion était le dernier désastre de cette malheureuse Irlande. L'ignorance et le défaut de secours en augmentaient le danger. Il y avait fort peu de médecins en Irlande , de sorte que les malades protestants étaient obligés de se confier à des docteurs papistes (a); ce qui, suivant Whitelocke, leur paraissait plus périlleux que le champ de bataille. Ces défiances et ces haines désolaient l'Irlande. Les vengeances étaient atroces. Plusieurs garnisons anglaises furent égorgées , et Cromwell finit (3) par ordonner que tout Ir
(i) Ludlo'w*s memoirs, v. i , p. 3o4.
(2) Whitelocke's memorials, p. Ii2i.
(3) Idem.