‹ Histoire de CromwellChapitre 182 sur 222 · LIVRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIÈME

raût avee le regret de n'avoir pu sauver la vie au docteur Hewet, dans ses derniers entretiens aveo son père, ne lui épargna point de cruels reproches, que sa mort prochaine rendait plus déchirants. Pendant la longue agonie de sa fille ( c'était un mois après la conquête de Dunkerque } , Gromwell parut accablé de douleur, indifférent aux affaires, découragé de toute ambition et de tout soin. Il ne voulut pas s'éloigner d'elle et consentit à peine à recevoir, à Hampton- Court, l'ambassadeur de Hollande, dont il abrégea l'audience , en se plaignant de n'être pas bien ^ La perte de lady Cleypole vint aggraver cette langueur : elle mourut le 7 août. CromweU , dans sa vive douleur , ne voulut pas cependant s'éloigner d'Hampton-Gourt. Ayant cherché à dissiper, par les secours de la médecine , une éruption d'humeurs qui le tourmentait depuis quelque temps , il fut saisi d'une fièvre dangereuse. Les médecins, jugeant que l'air de Hampton- Court ne lui était pas favorable, le firent transporter à White-Hd|l. [1658.]

C'est un curieux spectacle de considérer, aux approches de la mort , dans ces derniers moments de franchise et de faiblesse, un homme dont Thypocrisie se confondait si bien avec Fenthousiasme. Il ne parait pas qu'il se soit démenti , ni qu'U ait laissé douter la foi de ceux qui l'entouraient. Suivant le récit de Fleetwood, espèce de Séide indocile qui croyait en CromweU, et détestait son joug , le Protecteur, dès les premiers jours de sa maladie, éprouva des révélations, et reçut de Dieu l'assurance de guérir et de devenir encore utile ^ ce que Fleetwood interprétait comme la promesse d'une conversion favorable à la liberté. Uinquièle activité de CromweU le suivait au milieu des approches de la mort : Ludiow, venu à Londres pour un intérêt de famiUe, ayant passé sur la place de White-HaU, le Protec-

* Thurloe's sUte papers , ?. VU , p. 399.

401 HISTOIRE DE €ROHWELL.

teur ftit aTerti et eftrayé de oe tojrage. Il ctor^eai iraMecUamp Fleetv00dd te Haterroger. Flèetwoed HMttia * Ladlow, qui, vcmp^tmê â» voulofr eseiter desdésmi^A^, protesta quil ignoratt le danger du Proteetear , et même que , daas la Âtuatfôn présente, «1 était loAi ée #éslrer sa perte. Fleetwood M aveoaqiie le Protecteur «^ft «té dans un gl*and péril, et ajouta <fue nNâatettant il le emynit sauvé. C'était l'espérance de tout le palais, et surtout d'tnie lîMle de fanatiques ^i se répandaient en prâ^es. Goodwin, t%n des chapelains du Protecteur, répétait ' : « Seigneur, Mus a ne te demandons pas sa guérison, car elle Ufoùs est acom*- « dée : nous te demandons qu'il guérisse promptement.»

Thurloe, d'tan esprit plus froid , et qui s'occmpsât 4e favenir, dans les lettres qu^l adressait dMique fMt à Seuri Cromwetl, parait se cmÉer '«tttiéi^ment à la foroe des prières et à la miséricorde de Dieu. « les méâedns, dlMI, K espèrent encore ^'H pourra surmonter le mri, iriea que

« leur espérance soit mêlée de beaucoup de crainte. Mais «c nous avons lieu de placer notre espéranœ eu Dteu , et d'àt- « tendre miséricorde de sa part. Les saints sont ereitis à

« prier pour le Proctecteur. Jamais il n'y eut pour aucaii « homme une aussi grande abondance de prières* >»

Cependant la violence des crises, et rabattem^it du Vtih tecteur s'accroissaient chaipie jour^ et Thurloe, mdgré sa pieuse confiance, sentit qu'il était temps d'assurer le éheix d'un successeur. Cromtvell , le jour mf^ue de l'inauguntion du protectorat * , avait écrit sa volonté à cet égard , dans un testament qui était resté dans ses mains , et qui, d'après la susmption , devait être remis au secrétaire-d'état.

Au moment qu'il tomba malade à Hampton-Court, son premier soin fut d'envoyer cherchelr à White-Hall , dMs le

' Ludlow^s memoirs, v. 11, p. 610.

• The Parliamentary history, y. XXI, p. 334.

^ Thurloe'8 statepapers, t. VI^ p. 964.

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