‹ Histoire de CromwellChapitre 183 sur 222 · LIVRE ONZIÈME. 4K · texte numérisé non relu

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lien qu'a désigna , «e papier, qu« Ton be trouva pltis. Dan» le peu de jours qui suivirent , personne n'osa lui en parler. Le 30 août , il en parla lui-même , et sa faiblesse ne lui permit pas d'acheif^r. [16$6.] Le même jour et le lendemain, les officiers se réunirent dans la maison de Fleetwood : et telle était Tbabitude du fanatisme, ou l'ascendant du nom de Cromwell «, qu'ils se bornèrent à prier et à chercher le Seigneur. On peut croireque, parmi les partisans du protectorat, beaucoup de vœux étaient pour Henri^ Cromwell , dont le caractère et le talent promettaient quelque appui. Lord Falcoiibridge, gendre de Cromwell, s'en explique dans une lettre à Henri Cromwell, et lui oflfre d'engager dans son parti Lodcart et la garnison de Dunkerque.

Cependant Cromwell , en proie à une fièvre ardente, touchait à sa fin. Les paroles qu'il laissait échapper étalent toutes religieusies ; mais plutôt d'un médiateur qui prie pour son peuple, q«e d'un pécheur humilié. « Dieu, disait-il, «c si je souhaite vivre , c'est pour montrer ta gloire et mani- M fester tes œuvres. Seigneur, quoique je sois une misérable « créature, je suis en traité avec toi, par le secours de la u grâce. Beaucoup m'ont trop estimé , quoique d'autres dé*^ K sirent ma mort; mais. Seigneur, tu as disposé de moi : « continue de foire te qui est bien pour eux. [1658.] y* Dans ce moment , il appela un de ses chapelains , et lui demanda si une âme qui avuit été en état de grâce pouvait douter de son salut : ce chapelain l'ayant assuré qu'elle ne le pouvait pas, alors, il dit ; « Je suis sauvé , car je suis bien sûr d'à- <c voir été en état de gràée^ » Après quatorze jours de maladie, le Protecteur expira, dans sa cinquante-huitième année, le 3 septembre, anniversaire de ses grandes vicfarfres de Worcester etd« Dumbar. La nuit précéd^te, Londres avait été battue par une horrible tempête, qui s'étendit sur la Méditerranée , tt ravagea les cMes de France et d'Espa-^ gne. La superstition populaire interpréta cedé;sastre conune

un signal de la mort du Protecteur, annoncée le même jour, ainsi que l'avènement de Richard*

Les imaginations étaient tellement préoccupées de la puissance et du nom de Gromwell , qu'au moment où cette nouvelle se répandit dans le palais de White-Hall , qui était rempli de fanatiques en prières, un chapelain se leva, et s'adressant à la foule consternée: « C'est une heureuse nou- «i velie, s'écria-t-il. Puisque le Protecteur était si utile et si <( secourable dans cette vie mortelle, combien ne le sera-t-il «pas davantage dans le ciel, où il est assis avec Jésus-Christ, « à la droite de Dieu! »

Mais ce qui doit paraître plus extraordinaire que ce fanatisme, ou cette hypocrisie de profession, c'est l'enthousiasme sérieux et irrécusable de Thurloe , écrivant à Henri Croniwell : » Le Protecteur est mort hier, eaviron à quatre « heures du soir. Je n'ai la force ni de parler ni d'écrire : « tant ce coup est cruel, inattendu, tant la providence de u Dieu est inconcevable en cela ! Si l'on considère l'homme » qui est mort, l'époque , le moment où. Dieu l'a retiré, et «c d'autres circonstances , il ne me reste qu'à mettre mes le- «< vres dans la poussière, et à dire : Yoilà le Seigneur.

« On ne peut exprimer rafBiciion de l'armée et du peuple. «( Son nom est déjà consacré. Jamais homme n'a été l'objet u d'autant de prières qu'on en a fait pendant sa maladie. « Des assemblées solennelles se réunissaient chaque jour « pour demander à Dieu la continuation de sa vie ; de sorte « qu'il est monté au Ciel , embaumé dans les larmes de son •( peuple , et porté sur les ailes de la prière des saints. »

Un vieux confident de Cromwell, un vieux ministre d'état, parlant ainsi dans un moment où ce langage mystique est superflu , et semble repoussé par la vérité même de la douleur et des regrets ! Thurloe devait-il croire à la sainteté de Cromwell? Pouvait<il attribuer tant de vertu à la prière de ces fanatiques imbécilles , si souvent trompés par son

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