‹ Histoire de CromwellChapitre 198 sur 222 · LIVRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIÈME

A Londres , b eonfcision était alors sans bornes. Il n'y atait plus que le» mines de Foligarchie militaire. Le comité de sûreté consumait le temps en querelles; Fleetwood passait les jours en prières; Haslerig avait pris les armes en ftiveur du parlement; une partie de la flotte, sous les ordres de l'amiral Lawson, avait descendu la Tamise au nom du pariement. Ce nom était redevenu puissant pour servir de prétexte à la révolte, au milieu même de Tanarchie. Les soldats en faisaient un cri d'indiscipline. De ce chaos sortaient chaque jour des articles constitutionnels , toujours ft>ndés sur l'exclusion d'une chambre des pairs et d'un roi. Ions les moyens de gouverner étaient tellement épuisés , que l'on en revint à prononcer le inom de Richard, et que les officiers songèrent un moment à le rétablir ^

Cette impuissance de fbnder l'ordre ou la liberté , paraissant présager le terme prochain de la révolution , quelques esprits adroits, qui devinaient la marche de Monk, pensèrent à la devancer pour l'intérêt de leur parti. Whitelocke , qui se retrouvait dans les changements divers toujours employé et toujours servant avec modération , vint proposer à Fleetwood de négocier le retour inévitable du J^i , et d'en tirer les meilleures conditions pour lui-même et pour ses amis. A travers les fumées du fanatisme *, JPïeetwood entrevit la sagesse de ce conseil ; il voulait en I^oflter; mais, entraîné par les discours de Vane et de -'^sboroug, qui prenaient l'excès de leur haine pour une preuve de l'éternelle destruction du trône, il changea d'avis, **s le prétexte qu'il ne pouvait rien faire sans l'assentiment ^Sétiéral Lambert.

la ^^^^^* '^^ irrésolutions de Fleetwood et l'absence de Un ^H 9 iïndestructible parlement reprit ses séances. Cest ^^05^ remarquable que la confiance et la fierté de ces

* lh%«r*^ memoirs, v. n , p. 755.

V^*^'** ™«morial», p. 692.

436 HISTOIRE DE GROMWELL.

hommes, dans Texerdce du pouvoir qui leur revenait par hasard , et qu'ils avaient perdu tant de fois , sans que jamais la conviction de leur souveraineté parût s'affaiblir dans leur esprit.

Tandis qu'ils rendaient des lois , Monk entrait enfin sur le territoire anglais , et leur écrivait : « J'amène votre armée ; « j*ai disposé de la plupart des places vacantes en faveur «c d'honnêtes citoyens , qui sont prêts à périr pour votre « service , et à quitter leurs rangs à vos ordres. »

Monk ne commandait que six mille hommes, mais sûrs et fidèles. Lambert se vit abandonné par ses troupes, et s'enfuit du champ de bataille pour revenir à Londres , où il fut arrêté par ordre du parlement, avec Desboroug et quelques autres officiers. Monk avança sans obstacle, appelé par les vœux de l'Angleterre et les ordres du parlement. Lord Fairfax, désormais favorable à l'intérêt royal, avait pris les armes au nom du parlement , et vint accueillir Monk sur son passage. La noblesse, une grande partie des pairs, qui vivaient obscurément dans leurs terres , le reçurent avec joie, comme celui qui devait détruire la puissance qu'ils craignaient le plus. Les villes lui envoyaient des députations, pour demander la convocation d'une nouvelle chambre des communes. Tel était le mélange et la vicissitude bizarre des intérêts, que le long parlement, tout à l'heure asservi par l'armée d'Angleterre, aurait voulu maintenant la conserver contre l'armée d'Ecosse , qu'il appelait à son secours. Mais à peine arrivé à Saint-Albans , Monk demanda l'éloignement des troupes qui avaient pris part à la dernière révolte. Le parlement fut obligé de céder , et de se laisser venger audelà de ses vœux ; et Monk , désormais seul maître de Londres , vint prendre ses quartiers à White-Hall. Il aurait pu dans ce moment se laisser tenter d'une grande ambition. [1659.] Beaucoup de Républicains , qui avaient plus peur de la contre- révolution que de l'esclavage , s'empressèrent

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