LIVRE ONZIEME
dèr contre le roi, à la première époque de la guerre civile. . Ces mesure!^ diverses étaient comme les degrés du rappel de Charles ; et ce ne fut qu'après avoir réuni près du trône renversé toutes les formes légales , que Monk rompit enfin
lé silence.
La chambre des communes marqua d'abord ses sentiments par les honneurs et les éloges qu'elle décernait à Monk. Le nom du roi n'était point prononcé ; mais son pouvoir était déjà partout. Dans ces derniers moments^ quelques anciens niveleurs furent arrêtés avec cet inflexible Harrisson, toujours pauvre et persécuté sous le protectorat. Le !•' mai , les lettres et les déclarations de Charles , apportées par Grenville , vinrent annoncer à la chambr^le rétablissement de la monarchie: elles renfermaient quelques promesses générales, et laissaient tout le reste à la décision des chambres.
Les Républicains reprochèrent à Monk de n'avoir pas transigé pour eux', et d'avoir perdu tous les fruits de la révolution. Dans ce mouvement de confiance et d'enthousiasme qui transportait les deux chambres , quelques voix s'élevèrent pour demander que l'on réclamât les anciennes concessions proposées par la couronne dans la dernière guerre. [1660.] Un homme d'une grande piété et d'une vertu respectable à tous les partis, sir Mathew Haie, le défenseur des Royalistes sous la tyrannie de Cromwell , ouvrit lui-même cet imprudent avis ; Monk le repoussa vi- Tcment, et déclara que, d'après les renseignements qu'il avait sur l'état de l'Angleterre , il ne pouvait plus répondre de la paix publique, si le rappel de Charles était différé davantage ; et que ceux qui voulaient le retarder seraient comptables du sang et du désordre qu'il craignait. « Qu'avez- « vous besoin , dit-il , d'envoyer des propositions au roi ? Il « vient à vous sans avoir ni trésor pour vous corrompre, ni
m msToniE de cromwell.
tt année pour vous asservir, n Ce fut là, dit Purpet, le pins 0raad service que rendit Monk.
Ce général avait sans doute en raison d'éearter pn dangereux litige sur le pouvoir qu'il fallait rétablir ; niais Cbarle^ eut moins à se louer qu'il ne l'aurait cru de reprendre b nipparchie , telle qu'elle était avant la guerre ciyile. Avec un pouvoir non pas plus grand , mais moins 4éfini , il retrouva les questions qui avaient agité l'Angleterre, c^ questions de tolérance religieuse et 4^ liberté politique, qp'il faut résoudre et qui ne se suppriment pas.
Cependant le peuple, lassé d'upe si longue anarchie, se livrait à la joie la plus vive. Le nom de Charles était proclamé ; les commissaires du parleipent portaient à ce pripce les adresses et les présents de la nation. L'Europe seipblait changée comme l'Angleterre , et la petite cour de Bréda voyait arriver de toutes parts les félicitations des ambassadeprs étrangers. Charles partit de La Haye sur la flotte anglaise , qui vint le recevoir. 1^ descendant du vaisseau de - l'amiral Montague , il fut reçu p^r le général Moi^k et l'embrassa sur le rivage, au milieu d'un peuple io^n^^Qs^ accouru de toutes parts , et dont les transports et l'allégresse offraient le plus touchant spectacle. [1660.] P^ps l'étpnneote^t de ce retour accueilli par tant d'homp^ages, Charles deipanda qU donc étaient ses ennemis. Japiais on ne vit en effet de révolution si complète et si soiidjaine. Ce ^pmbrf fanatisme, cette tristesse religieuse, qui dominaient dans le caractère et jusque dans l'extérieur des habitapt^ » .avaient disparu. Une joie effrénée en prit bieptdt la plaee; et, dans ce premier transport , la haine de l'hypocrisie et du fanatisme , s'étendant sur la religion ^ , répapd^H partout up es^it ^ licence et d'incrédulité.
Charles entra dans Londres le 28 mai , anniyersaire d^ sa
' Burnefs history of his own time, p. 145.