LIVRE ONZIÈME
La défaite si prompte de Lambert fut le dernier coup porté aux Républicains, réduits à n'ayoir plus pour défenseur qu'un ambitieux qu'ils méprisaient. Tous les chefs de l'indépendance disparaissaient successivement de la scène. J)9m les dernières luttes du parlement ^t de l'armée , les deux partis s'étaient mutuell^m|S.nt mis hors la loi. Monk héritait de toutes C(BS proscriptions. Fleetwood et Desboroug étaient exilés de Londres , comme rebelles à cet ancien paiiement que Monk avait détruit , et ils r^(;ombaient dans une obscurité qui se prolongea sous Charles II. Yane etLudlow étaient accusés §t fugitifs; Scott, Hutcbinson, Nevil , s'étaient élojgqés ; Rich et {{aslerlg , et }es autres colonels républicains, étaient destitués. Se servant de tous ceux qui étaient prêts à obéir, Monk avait donné le régiment d'Haslerig à lord Falconbridge; et pe gendre de Gromwell se conduisait de telle manière que Charles II , rétabli sur le trône, le nomma lord-lieutenant du comté d'York, et l'envoya successivemept ambassadeur k Venise et epi Toscane. il.
Il parait que Thurloe, l'ancien cpnfident de Gromwelli s'offrit à servir la cause de Gbarle^ Mqpk employa du moins ses recommandations et son crédit pour le faire nommer au prochain parlement ^, soit qu'il comptât sur lui, soit qu'il voulût opposer ce choix aux ppaintes des Républicains , ou ménager pour lui-même m hpmi^e habile et dangereux. Les élections furent entraînées par un mouvepoient général en faveur de la royauté. ï^es Presbytériens /et les Royalistes agissaient de concert ; imt ]fi t^s\.9 était repoussé sous la dénomination de fanatique, que ^onl^^vait mise à la mode. Un souvenir des prpmiisrs tepips 4P l^ r^yolutiop pprta presque tous les choix sur 4^s Presl^tériei^s p|o4érés. C'étaient eux qui, ramenés dans le sein du long parlement, l'.av^ient
> Thurloe's «tate papien;, y, VU , p. 8S8.
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enfin dissous. Leur présence justifiait toute la révolution , excepté les crimes , et convenait ainsi à l'intérêt du plus
grand nombre.
Cependant Monk tenait tous les pouvoirs dans sa main; il avait réduit les vieux régiments de Cromwell à la même obéissance que ses propres soldats ; et le féu de la guerre civile et du fanatisme étant tombé, toute cette armée n'at« tendait plus qu'un mattre. La flotte était également soumise aux ordres de Monk , ou du moins il en partageait le commandement avec l'amiral Montagne , qui n'avait jamais été Républicain ) et qui, longtemps séduit par la puissance de Cromwell , était empressé de servir une cause qu'il avait trop longtemps oubliée. HoUes , Manchester , Fairfax , tout le parti presbftérien, la noblesse, le peuple, désiraient le roi; et Monk était porté dans son projet par les vœux de l'Angleterre. Mais beaucoup de Presbytériens auraient voulu subordonner le rétablissement de la monarchie à des conditions librement acceptées. Monk, changeant pour ainsi dire de dissimulation , affectait de demander plus qu'un autre des précautions et des sûretés contre la monarchie , tandis qu'il méditait de rendre au roi la plénitude de son pouvoir.
Sir John Grenville était secrètement revenu de Bruxelles, apportant les proclamations royales qui devaient être présentées à l'ouverture du parlement, et il avait remis à Monk la récompense de son projet commencé , le titre de lieutenant-général.
Ce fut le 25 avril 1660 , que la nouvelle chambre des communes se réunit dans Westminster. Harbotle Grimstone, autrefois exclu du long parlement, où il avait le premier dénoncé les projets de Cromwell, fut nommé préside nt,et conduit au fauteuil par le général que Cambridge avait élu député. En même temps les anciens membres de la chambre des pairs , sans distinction de parti , se réunirent sous la présidence de lord Manchester, que nous avons vu comman-