LIVRE ONZIÈME
Page 401. «- Son Altesse est maintenant à Hampton-Gourt et y restera duelque temps , autant pour sa propre santé que pour être prés de mylady Elisabeth, qui a été très dangereusement malade, mais qui va on peu mieux» Thurloe's staU papers , v. Vil , p. 869.
Page 403. — Thurloe écrivait à Henry Cromwell :
« Son altesse, se trouvant toujours mal, a laissé de cêté tontes les affai- « res. Il était'si bien vendredi , que nous espérions que le moment le plus dan- « gereux était passé ; mais il a plu à Dieu de le laisser retomber, samedi matt tin , dans un accès de fièvre ; et par le retour du mal , il parait depuis que « c'est une fièvre tiercé. Les accès étaient longs et aigus ; mais cependant le « dernier n'a pas été aussi mauvais que le précédent ; aujourd'hui étant le « joar d'intervalle , il est venu de Hampton-Court ici, tous les médecins ju- « géant que le lieu était meilleur, outre l'avantage que le changement d'air a donne ordinairement pour la guérison des fièvres. Quoique ce soit une « mauvaise saison de l'année pour avoir la fièvre , cependant la maladie dn tt Protecteur étant une fièvre tierce, et son altesse se trouvant fort bien dans « les intervalles, les médecins ne conçoivent pas qu'il y ait de danger pour « sa vie : toutefois votre excellence imaginera sans peine , dans qud trouble « nous sommes ; et lors même qu'il plaira à Dieu de le conserver, certes, en « considérant le moment de cette viiitatûm et d'autres circonstances , cela « ne peut que nous humilier devant Dieu , et nous faire profondément sentir « combien nous dépendons de celui qui tient aussi dans sa main la vie ot le « souffle de son vieux serviteur. » Thurloe's state papers , v. Yll , p. 85S.
Page 473. — On trouve dans nne lettre écrite après la mort de GromweO,
MT un homm« îjui Pavtit approché, quelqpiei détails iur son caractère et tw w persoûnTutilcs pour faire connattre ce qtfU était, ou ce qu'a paraissait. Le teait le plus curieux de cette peinture a pour <>i>J«t cette feciUtéd^^ tendrir, souvent remarquée dans la yie de CromweU, et qui fait djre ^ Whitelocke dans ses Mémoires, que le Protecteur était un homme très bon (a goodmturedman). espèce de sensibilité quelquefois toute physique qm ne passe point jusqu'à l'àme, et qui s'accorde , dans certains ï^^mmcs , avec la frcride méditaUin des plus grandes cruautés. Voici les termes de cette lett^ , « Le Protecteur était d'une constitution puissante et robuste, sa Uille était
* au-dessous de six pieds (de deux pouces, je crois), sa tête si «orte, que « vous auriez vu qu'elle renfermait un vaste trésor de facultés intellectuel- « les: son humeur excessivement inflammable : mais ce féu tombait en paru tie de lui-même, on était bientôt apaisé par les qualités morales du Pro-
* tecteur. Il était, par nature , compatissant pour les objets en souffrance, « même jusqu'à un degré de faiblesse (wcn to an effemtnate measure). Quoi- « que Dieu lui eût fait un cœur, dans lequel il y avait peu de place pour « ridée de la crainte , excepté de celle qu'il inspirait lui-même, cependant il « poussait jusqu'à l'excès la tendresse pour ceux qui soufFraient. Rarement
* une plus grande âme habita dans ce corps d'argile. Si son histoire était « impartialement écrite , çt que le monde la reçût sans prévention, elle ajou- « terait son nom à celui des neuf preux. Il a vécu et il est mort dans une par- « faite union avec Dieu, comme l'ont observé des personnes judicieuses qui « étaient près lui. » Thurloe state papers , v. I , p. 766.
Page 433. -Les RoyaUstes anglais ont accusé Mazarin d'avoir voulu nuire au rétablissement de Charles II. Ce reproche est exagéré; ce ministre, dan» une lettre où il raconte à son confident Letellier, le refus qu'il a fait de recevoir le roi, ajoute des réflexions qui paraissent renfermer le secret de sa
politique : .^
« Je suis en résolution de m'en tenir là, s'il n'arrive quelque chose que je « ne puis pas prévoir , qui m'oblige à changer d'avis ; et à la vérité , le même tt roi a été fort mal conseiUé de faire ce voyage qui ne lui peut servir de rien , « puisque dom Louis et moi, «avons bifiû qU'U est hors de ses royaumes , et tt toutes les raisons qui pourraient obliger les rois nos maîtres de songer à «son rétablissement, tant pour ne pas laisser au monde un si méchant « exemple que celui de la mort du roi son père, condamné par ses propres tt sujets, ce qui est inouï, que pour ne souffrir pas qu'il se forme une répu- « blique puissante, qui , dans la suite du temps, donnât à penser à tous ses tt voisins. Et je suis assuré que ledit roi d'Angleterre , quelque préparé qu'il « vienne , ne m'en saurait tant dire que j'en sais sur ce sujet ; mais il devrait « songer en même temps, que le roi, ni le roi d'Espagne, ne s'engageront tt pas à rien entreprendre en sa faveur, qu'ils ne connaissent auparavant le tt pouvoir faire , sans exposer leurs intérêts particuliers , étant assez cOmmun tt et reçu dans le monde , que la charité bien ordonnée commence par soitt même. » Lettre du cardinal Mazarin , v. II, p. 159.
Page 441. — Le 27 mars 1660, Charles II écrivait à Morrice: « Je suis as- « sure , par une personne qui vous fera passer cette lettre, que vous avez un tt zèle plus qu'ordinaire pour servir mes intérêts , et que vous avez beaucoup tt de crédit près de ceux qui peuvent concourir efficacement à ce but. Je le «crois; et je veux en conséquence vous faire mes remerclments , et vous « assurer que si vos amis doivent trouver un jour dans ma bienveillance et "^ « mon pouvoir un motif de se réjouir des services qu'Us m'auront rendus.
464 mSTOIRE BE GROMWELL.
« TOUS y trourerez également Totre avantage personnel , et que ]e serai « toujours votre afFiectionné ami.
« Chaklbs , Roi. »
Page 443.— La lettre de Honk, pour recommander Thurloe , est adressée aux baillis de Bridgenorth , et conçue en ces termes : a Messieurs, la consia dération du grand intérêt qu*a le peuple à Tévénement du prochain parle* « ment , et le désir que j*ai de contribuer par mes efforts à toutes les choses « qui peuvent amener ce résultat , me déterminent à vous écrire. Je sais « quMl n*y a rien de plus moralement utile à la nation dans ce moment que « <rélire au parlement des personnes d*une habileté connue, et d*une fidélité « parfaite aux intérêts publics et rationnels. Diaprés ce motif, je m^assure « du bon accueil que vous ferez à la requête que je vous adresse , en recom- «■ mandant à votre choix Jean Thurloe , chevalier, pour être un de vos déa pûtes. Ne cherchant, dans ce résultat, qu*un intérêt public, j*y verrai « personnellement, messieurs, une obligation et une marque d*égard pour « votre fidèle ami.» Malgré cette lettre, Thurloe ne fut pas nommé. Au retour du roi , il s^éloigna , et vécut dans Tobscurité. Les papiers qui composent le volumineux recueil publié sous son nom , furent trouvés, longtemps après sa mort , dans une fausse boiserie près de Tappartement où il avait logé. Ces papiers furent alors remis au lordy;hancelier d* Angleterre. Ce premier dépôt s'augmenta d'une fbule de pièces relatives à la même époque , et qui sortirent des mains de diverses familles ; et toute la collection fut imprimée en
Fm DIS IfOTES.
TABLE DES MATIERES