‹ Histoire de CromwellChapitre 211 sur 222 · LIVRE DIXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIEME

Page 860. — La suite de la lettre de Cromwell à Mazarin ferait supposer que ce ministre rendait au Protecteur de bien déshonorants services .• . « Je viens maintenant, dit Cromwell, aux remerclments que je dob à « votre éminence pour le choix judicieux que vous avez feit de la personne « à qui vous avez confié notre aifaire la plus importante ; affaire dans laquelle « votre éminence est intéressée, quoique dans un moindre degré que moitt même. Je dois avouer que j*avais quelques doutes du succès , jusqu^à ce « que la Providence les eût éclaircis pour moi par le résultat. Je craignais « que Berkley ne fût pas capable de conduire et de pousser cette affaire, que tt le duc d*Yorclc se fût refroidi dans sa demande, ou quMl eût cédé à son « frère; je doutais aussi que les instructions que j*ai envoyées fussent assez a clairement exprimées , quelques affaires que j*ai ici ne me laissant pas ac- « tuellement le loisir d^étre aussi précis sur quelques détails que je le von- « drais. Si je ne me suis pas mépris sur le portrait que votre éminence me «. fait du prince, le feu qui est allumé entre eux n*a pas besoin qu*on souflle «pour rexciter et Pentretenir. Au reste, les choses que je crois ultérieure- « ment nécessaires , je les communiquerai à votre éminence par Lockart; et « maintenant je me glorifie devant votre éminence d*une sécurité qui tient à « ma confiance bien établie dans le Seigneur; car si cette première brèche «i vient à s^élargir un peu, si cette division est fomentée avec quelque pm- « dence relativement aux personnes qui doivent y concourir, je ne puis doutt ter que ce parti, qui est d^à abandonné de Dieu, pour la dispensation « extérieure des miséricordes , et qui est importun à ses concitoyens , ne baisse « et ne s'affaiblisse chaque jour dans Popinion de tout le monde. Si j^ai im- « portuné trop longtemps votre éminence à ce sujet, vous pouvez limputer a aux sentiments de joie que j^éprouve de l*heureuse issue de cette affaire. « Je finirai en vous donnant Passurance que je serai toujours empressé de a montrer, ainsi qu'il convient à votre feère et à votre allié, que je suis votre « fidèle ami.

a Olivibi 9 Protecteur. »

Thuriœ'i state papers, v. Y, p. 736.

En lisant cette lettre shigulière , dont il n'est fait mention dans aucun ouvrage historique , on voit assez clairement que Mazarin travaillait dans Pintérét de Cromwell , à exciter des divisions entre Charles II et son firère.

Page 861. Cest une chose remarquable que le concours du Protecteur dans toutes les affaires de TEurope, toujours ayec IMdée principale de former une ligue protestante. Il approuva dans cette intention les victoires du Jeune roi de Suède, jusqu*au moment où la Prusse réclama contre ce conquérant le secours des Provinces-Unies. Cette politique paraîtra surtout résulter d*une lettre de Tambassadeur de Hollande , datée de 1656 : a Le secrétaire- « d^état me fit dire , mardi dernier, que le lord Protecteur avait jugé à pro- « pos de me donner audience Taprès-midi à quatre heures. Je i^s amené par « le maître des cérémonies. Après mon compliment , selon la circonstance, « le lord Protecteur fit sortir tous les officiers et gentilhommes qui étaient là a en grand nombre , et il ne resta près de lui que Lambert et Thurloe. Je lui « déclarai que nos ambassadeurs allaient hâter leur voyage en Danemarck « et en Prusse, avec les instructions et les motifs d^à communiqués à son « altesse , et que TAngleterre n*étant pas moins intéressée que la Hollande « dans les affaires présentes de la Pologne et de la Prusse , j'espérais que son « altesse ne ferait pas difficulté de me mettre à portée de communiquer A « leurs hautes seigneuries ses intentions sur ce point. Le Protecteur fit alors « un long récit, à commencer des premiers préparatîA de la Suède, ajou- « tant que , de de son aveu , il n*avait vu aucun inconvénient aux victoires de « la Suède sur les Papistes polonais, ni à la prise de Varsovie, de Gracovie a et d*autres places de la haute Pologne; que si le roi avait jugé à propos de « pousser ses conquêtes jusqu'à Constantinople , il lui aurait souhaité de « tout cœur un bon succès ; que s'il avait frappé sur les parties de la Polo- « gne , où il y a grand nombre de protestants et où depuis quelques années, « ils ont été exposés à de grandes persécutions , il aurait souffert cela très « volontiers; mais, que maintenant il devait avouer qu'il ne lui était pas « aussi agréable de voir attaquer les provinces qui appartiennent à des sou- « verains protestants ; qu'il se trourait obligé , en conscience , de foire tous «ses efforts dans cette conjoncture, non seulement pour prévenir une « rupture entre les princes protestants et les. états; mais qu'il devait aussi « travailler à les unir plus étroitement dans une ligue de mutuelle défense « contre les cruautés inhumaines du papisme ; qu'il avait fortement notifié sa « pensée à Pambassadeur de Suède, actuellement à Londres; qu'il m'avait « d^à déclaré sa volonté de n'accepter aucune offre préjudiciable aux Pro- « vinces - Unies : mais qu'il pouvait encore me dire, en la présence de ces « messieurs, qu'il espérait que jamais il n'entrerait dans leur esprit de rece- « voir quelque avantage , qui ne fût pas en commun avec les Provincesa Unies, relativement à des privilèges et à des libertés de commerce ou de « navigation. » Thurloe'» state papers , v. YI , p. 389.

Page 374.— Fleetwood écrivait à Henry Cromwell :

« Son altesse n'approuvant pas la continuation du parlement, l'a dissous « mardi dernier. Nous sommes maintenant occupés à considérer nos embar- « ras et les moyens de nous en tirer. Le défaut d'argent sera celui qui entraa vera le plus notre ouvrage , notre trésor étant si bas et les occasions si « grandes. Nous avons peu de temps pour songer à autre chose. L'armée est, « grâce à Dieu , dans une bonne et paisible posture. Son altesse a fait venir o samedi soir, les officiers qui sont autour de la ville , et leur a donn^ satisa faction dans ce qu'il leur a dit , et je crois qu'il trouvera toujours cette « armée fidèle et sincère pour lui. » ThuHoe's state papers , ▼• VI , p. 786, année 1657.

Page 377.— Le cardinal de Retx , qui , dans plusieurs écrits contre Masarin,

4^ HISTOIRE m CROMWELL.

If proche à ce mioUtre «ei liches condescendaaeôg iH>ur Cromwell, était devenu je conseiller secret de Charles, Je citerai ici la lettre qu*i] écrîFait à Toc* casion d*un projet sur lequel le roi avait désiré connaître son opinion : « Le « Toyage d'Espagne a , ce me semble, plus de péril que d'utUité; mais comme « il est d^une nature qu'il ne peut être approuvé par les Espagnols , qu'il n'ea «soit même fortement désiré, et comme j'appréhende, par cette raison, « qu'il ne devienne à Sa Majesté , dans les suites , plutôt un efFèt de nécessité « que de choix, je crois qu'il est bon de penser, au moins de bonne henie, « à en diminuer autant qu'il sera possible , tous les inconvénients. Le pre- « mier et le plus considérable., est tiré des mauvais conseils auxquels on a « sujet à craindre que le bon naturel de M. le duc d'Yorck se laissât empor- « ter; à quoi je ne vois point d'autres remèdes, si ce n'est que S. M. l'oblige u de l'accompagner. Je ne doute point que les mêmes considérations qui font « souhaiter aux ministres d'Espagne le voyage du roi , ne leur rendent fort « agréable celui de M. son frère ; et j'espère que les mêmes raisons qui l'ont tt porté è y envoyer le père Talbot, le pourront convier lui-même à n'en « point faire de difficulté. Enfin , je suis persuadé qu'il ne fait rien oublier tt de tout ce qui peut obliger M. le duc d'Yorck à foire le voyage , parce que a je crois que sa présence y est de tout point nécessaire au service du roi, tt pour les raisons qui parlent assez d'elles-mêmes , sans les expliquer. » Col" lection de lettres originales concernant les affaires d'Angleterre, ▼. II, p. 141.

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