‹ Histoire de CromwellChapitre 48 sur 222 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

et maltraités, Cromwell aborda les séditieux \ leur arra* cha ce signalement, et en fit saisir quelques-uns : l'un d'eux^ désigné par le sort, fut immédiatement fusillé. La sédition s'apaisa, et le régiment de Rainsborougb reconnut sa faute et se soumit. Cette fermeté de Cromi^ell lui mérita de nouveaux remerclments des communes. Quelque temps après, plusieurs officiers qui avaient partagé Tégarement des niveleurs , demandèrent à rentrer en grâce; ils observèrent un jour déjeune, et Cromwell prononça des priè^ res et des exhortations à l'unité et à l'obéissance.

Le rpi , du fond de sa captivité nouvelle , écrivit aux deu?[ chambres; il déclarait que, chrétien et roi, il ne pouvait consentir à l'abolition de Tépiscopat, et il repoussait éga-^ lement l'aliénation des terres ecclésiai^iques , comme ua sacrilège *. Du reste, il consentait à remettre au parlement Tautorité sur la milice, pendant son règne, pourvu qu'a* près lui ce commandement revint à la couronne. [1647.] Cette lettre propiettait beaucoup d'autres tolérances, dont personne ne savait gré à la faiblesse actuelle du roi, et qui n'auraient pas ras$uré contre le retour de son pouvoir. Le parlement y répondit par quatre résolutions, dont la dernière rendait la royauté impossible; elle laissait aux cbam-^ bres seules le droit de s'ajourner à leur gré. Le roi, apprenant la punition des niveleurs , crut pouvoir y trouver un motif d'espérance. Il fit partir Berkiey, pour réclamer de nouveau la parole de Cromwell et d'Ireton. On dit que cet envoyé , admis au quartier-général , présenta des lettres à Fairfat , qui lui répondit, après les avoir lues : « Nous som-* mes l'armée du parlement, et nous ne pouvons rien décider sans lui. » Berkley, tournant alors ses regards vers Ireton et Cromwell ?, ne vit sur leur visage que l'expression

' Lud]ow*s memoirs, p. 223.

» The Parliamentary historj, v. XVI, p. 518.

* ll«inQirtofLudlow,Y.l,p.2S6.

de la froideur et du dédain. Quoi qu'il en soit de ce récit , on ne peut douter que l'esprit général de l'armée ne fût opposé au rétablissement de la monarchie. Les déclarations de chaque régiment étaient pleines d'une fureur de fanatisme et d'anarchie , que les chefs auraient eu de la peine à surmonter.

Gromwell , après avoir frappé les niveleurs, flatta |a passion qui les animait. Le jugement du roi était dès lors résolu parmi les principaux officiers. Ludlow parle d'une réunion militaire, où ce grand objet fut discuté quelque temps après la fuite du roi. On a dit que Gromwell ne s'y détermina qu'avec répugnance , qu'il aurait voulu obtenir, par le rétablissement du roi, de grandes récompenses personnelles, et n'abandonna cette ambition que faute de pouvoir se confier à la parole et à la reconnaissance de Charles. Toute la politique de Gromwell , et l'ardeur qu'il mit à poursuivre la mort 'du roi , démentent assez dç pareilles conjectures. Ge qu'il est plus difficile d'expliquer, c'est le refus du roi d'accepter la proposition du parlement. [1647.]

Il est vrai que, si ce prince était prisonnier, l'Ecosse mécontente protestait en sia faveur. Une grande partie même du peuple anglais désirait la paix et le retour du roi. Les royalistes avaient essayé plusieurs tentatives pour l'enlever de l'Ile de Wight. Ainsi, quoique la fortune de ce prince fût bien déplorable , elle pouvait changer par une révolution soudaine ; et il préférait cette espérance à la certitude d'une paix humiliante pour le trône. Le refus du roi fit éclater dans la chambre des communes, de menaçantes ani^ mosités ; et Gromwell montra pour la première fois toute sa haine. Ireton et lui déclarèrent : « Que le roi se dénon- « çait lui-même le tyran de son peuple ; que la patience n'a- « vait servi à rien ; qu'il fallait gouverner sans lui , et qu'on « attendait du patriotisme de la chambre des résolutions <( dignes d'une assemblée à laquelle la nation avait confié

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