LIVRE TROISIEME
« son salot. J'ai toujours reconnu le roi, ajouta Cromwell, «c pour un esprit supérieur, &ais pour un homme faux et « très habile à feindre. » Cromwell rappela qu'au moment où ce prince paraissait se rapprocher des deux chambres, et s'en remettre à leur sagesse, il entretenait des négociations secrètes avec les commissaires écossais , et cherchait à embarrasser l'Angleterre dans une nouvelle guerre. En conséquence , il proposa , qu'il ne serait plus présenté d'adresses au roi, ni reçu de messages de sa part. C'était placer le roi dans une espèce d'interdit S 4^^ rompant toute espérance de paix , devait tôt ou tard amener son jugement et sa mort. Cette proposition trouva beaucoup de résistance; elle fut emportée par une minorité violente, qui dominait la chambre, et par l'ascendant de l'armée, dont Cromwell fit plus d'une fois intervenir le souvenir et la volonté, «c Ayez M soin, dit-il, quand l'armée se sacrifie pour la liberté de « la nation, de ne pas lui donner le moindre prétexte de « croire que vous trahissez ses intérêts , et ne l'obligez pas tt de chercher dans sa propre force un sâlût qu'elle voudrait «c ne devoir qu'à la vigueur de vos résolutions. » En acheirant des paroles si expressives, il appuyait, sur la garde de son épée , cette main qui avait gagné tant de batailles. [1647.]
L'armée que Cromwell avait invoquée dans la discusion approuva, par une adresse solennelle, la résolution de ne plus communiquer avec le roi. La chambre des pairs y donna son assentiment. A l'appui de sa résolution, la chambre des communes fit paraître un manifeste écrit par le colonel Nathanael, et rempli des mêmes accusations, qui ser- Tirent plus tard pour la mort du roi. Ludlow ^ et un autre député furent envoyés à Windsor pour mettre en liberté quelques niveleurs, qui n'avaient plus d'autre tort que d'a-
» Memoirs of Denzil lord Holles, p. 200.
■ Lu(Uow*8 mémoire, V. 1, p. 220.
voir voulu foire trop vite ce qae le parlement et Faraiée feîsaient aujourd'hui. Le roi fut resserré plus que jamate ians File de Wight, et tout parut annoncer un dénouement funeste.
Les Écossais, fidèles à leur traité, levaient des troupes. [1648.] Ils enrôlaient beaucoup de Royalistes et de Presbjr* tériens , deux partis opposés que la violence des Indépeadants avait réunis. Plusieurs vaisseaux de la flotte s'étaient déclarés pour le roi. Le peuple, lassé d'une guerre si Ion-* gue, souhaitait la paix avec le roi, comme un terme à ses maux, et ne regardait le pouvoir de l'armée qu'avec cette ja*lousie naturelle aux Anglais, et qui, jusqu'à ce jour, a été la meilleure gardienne de leurs libertés et de leurs ioia. Ainsi les Indépendants , mattres de l'armée, du pariement et de la personne du roi, voyaient encore de grands obat»* clés devant eux. Malgré les violences exercées sur la chaai-^ bre des communes, les Presbytériens y conservaient un crédit que la moindre chance pouvait augmenter, et qui était désormais tout en faveur du roi. Ludlow ^ rapporta que Gromwell , sous prétexte de concilier les Pre^yt^ieBS et les Indépendants, rassembla les chei^ des deux partis dans un dîner à Westminster. Mais la contrariété des opi* nions thélogiques rendit tout rapprochement impossSde. Dans une autre réunion ménagée par Cromwell^ on. cuta sur les formes du gouvernement. CromweU et que l'on appelait les grands dé l'armée et du parleoMint ', se tinrent dans les nuages, et évitèrent de choishr eiÉre la monarchie, l'aristocratie et la démocratie, aUégusoit «'qoe « chacun de ces gouvernements pouvait être bon en kiiu même, et pour l'Angleterre, suivant le secours que doft- « nerait la Providence. »
Ludlow et les véritables Indépendants argumentérrat
' Memoirs of Ludlow, v. I , p. S18 , etc.
* Kept themscives iu/the c]oud« , LudUnc, v. I, p. 33B«