FAMILLE D'OLDENBOURG
A la mort de Christophe, se déclarèrent les pre^
rniers symptômes de dissolution de l'union deKalmar. Les étals de Danemark notifièrent cette mort à ceux de Norwége et de Suède , en les lAviiant a se réunir à Halmstad) à Teffet d'élire un roi. La famille des Oxenstjerna était alors une des plus puissantes de ce derniei* royaume. La jalousie et l'ambition avaient creusé un aUme de haine entre elle et Charles Knutsson , dont tous les projets avaient pour but de
se frayer ane ronte an lr6nc. Le sénat déclara régents Benoît et Nils Joensso» , jusijfi ij la réunion de la dièlc à Stockholm. Charles Kuuissun se rendit dans la capitale, étayaot ses prétentions de ses vastes domaines, de ses immenses richesses, et de ses nombreux partisans armés, qui inondèrent la ville ^ tandis que le château était aux mains d( s régents. Deux partis se formèrent à la diète : Tun, qui avait à sa téte tons les évéques^ voulait la stricte observatioa du traité de l'Union; Tantre, qui reconnaissait le marsk Charles pour chef, prétendait que l'union était rompue de fait par les Danois, et que la Suède devait se choisir un roi indigène. Trois prétendants s'offlraient à Félection , les deux régents et le marsk. Ce dernier réunit les suffrages, et le 1*' juin ihUS il fut proclamé roi sur la pierre de Mora, et couromié par Tarcbevéque à Upsal. Les Danois, ayant appris cette élection , faite en violation des liens qui unissaient les ti'ois peuples du Nord, résolurent de se choisir aussi un souverain. On croyait d'abord que celle faveur tomberait sur un prince du pays, et l'opinion désignait Canut Gyllenstjerna. Hais les élats, animés d'un patriotisme désintéressé, voulureiu que celle élcciion profitait à la patrie. SIeswig avait été Toccasion de guerres fi équcntes et de dissensions sanglantes; en élisant Adolphe , duc de Slesirig et comte de Ilolstein , on réunissait ces fertiles contrées à la couronne de Dauoniark. Le duc refusa l'honneur quon lui offrait, s'excusant sur son âge et sur ses infirmités; mais il désigna, comme digne de le remplacer, son neveu Christian, comte d^Oldenbourg , et do rare royale par Waldemar III. Élevé à la cour du prince Adolphe, il possédait de précieuses qualités* La couronne lui fut offerte, et II Taccepta à la eon-
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ET I>e KORWÉGE. 101
dillon expresse que le Danemark resterait royaume
électif; qu'aucun étranger ne serait investi d'une fonction pubHque, etqu^aucune guerre ne serait entreprise sans le consentement du sénat. Alors il fiit pro-^ clamé.G'était un homme politique ; il attendit du temps la couronne de Suède , sans songer à employer les moyens violents : Charles Knuisson ne pouvait longtemps se modérer dans sa haute fortune , et les Suédois étaient soupçonneux , turbulents, toujours prêts à se soulever contre leui s rois. Erik de Poméranie vivait encore, ei de ÏWe de Gothiand il inquiétait les vaisseaux marchands qui traversaient la Baltique» Charles Knutsson espéra se faire aimer et respecter de ses sujets en s^emparant de ce repaire. H dirigea sur ce point une flotte et des troupes commandées par Magnus Green , qui trahit les intérêts de son maître pour ceux de Christian. L'Ile presque tout entière était en son pouvoir, et il lui eAt été facile de s'emparer du roi-pirate; mais il lui accorda un aimistice. Ërik^ devenu dans son exil plus Danois que Suédois, fit offrir à Christhm de lui livrer 111e. Celuici se hâta d^ conduire des soldats et des vaisseaux. Wisby ouvi il ses portes , et Green signa un armistice par lequel on convint qu'une entrevue aurait lieu à Halmstad, oii Ton déciderait auquel des deux royaumes Ttle devait appartenir. Cette heureuse ex^pédition terminée , Christian l'ut couronné à Copenhague et épousa la reine douairière Dorothée. L'entrevue projetée eut lieu en 14ôO. Charles , dans son aveuglement, s'y fit représenter par le traître Green, et plusieurs personnages dont la fidélité était plus que suspecte. On arrêta que le pouvoir sur les deux pays, le Danemark et la Suède, resterait au survivant, et que Charles Knutsson, qui s'était fait un
109 HISTOna M BAMBHàRK
parii puissaoi ea Norwége et y avail éié recomui roi^ reocmoerak à louteft ses prétentions sur ce pays* Charles commença alors à ouvrir les yeiix. Sa colère
éclaia surtout contre rarchevêqiie et contre Magniis Green, qui se sauva en Danemark. Cbristian marchait ainsi à petits pas vers raccomplissement de ses dessins. Il possédait Gothland , et les plénipotentiaires suédois lui avaient cédé Druiiiheini , où il fut couronné le 29 juillet 1450» Quant à Charles, les choses élaient bien changées -, en frappant ses ennemis, il avait excité Pirritation des grands. Cbristian jugea le moment propice pour assiuer par les armes le triomphe de ses droits. De Gothland , il fit partir une flotte qui porta la terreur et le pillage jusqu'aux portes de Stockholm et revint chargée de butin. Par représailles, Charles cavahii la Scanie (l/i52) avec 70,000 hommes, 11 chercha à allécher les habitants par des promesses ; mais les trouvant fidèles au Danemark, il traita impitoyablement le pays. Helsingborg, Handscrona et Lund furent livrés aux flammes. Celte dernière ville, siège de Tarchevôché, riche et brillante pai* ses églises et par ses couvents, ne put jamais se relever de ses rnhies. Cette incursion s'était effectuée au milieu de l'hiver; à rapproche du pi imemps, Charles se relira sans autres exploits .que les ravages dont celte province se ressentit pendant des siècles. Le Sund était gelé ; mais personne n'osait s'exposer sur ce pont fragile : c'est ce qui fit que Christian ne put venir au secours de la Scanie. Le passage ne fut pas plutôt praticable, que Cbristian anivaavec des troupes. H se porta, par le Halland, sur la Yestrogothie. Une partie de
cette province lui rendit liommagc ; leclKileaud'Axel-
wold et la ville de Loedoese lui ouvrirent leurs portes.
Charles nuurohait à sa rencontre , loftqn'il ftit in-
formé que rairhevôqiîe travaillait serrètemculcoulre lui el qu'une llullc daaoise mouiilaii dans les eaux de Tarchipel de Slockbolm. 11 trouva plus prudent de se retirer dans une province éloignée, et la flotte danoise, peu eu sûreté dans ces étroits parages, regagna ia lialiique , après avoir incendié Westerwik. Christian profita de rabseuce de Charles pour s'emparer de tous les défilés que forment les montagnes du Tiweden, qui dans les anciens lenfips étaient le boulevard des provinces septentrionales. Les Danois pénéii'èreut même en Ostrogotbie et menacèrent Jœnkoeping. Mais ces contrées étaient défendues par un parent du roi , Thord Bonde ^ grand capitaine et intrépide guerrier; il rétablit les aflaires de Charles , reprit les places perdues , et inspira une si grande coDflaneë à ses soldats qu'ils le crurent invincible. Christian n'ayant pu approcher du château de Joen*^ koeping) regardé comme une des clefs du royaume, s'était redré à Hamlstad. Les commissaires des deux États eurent plusieurs entrevues sans pouvoir rien décider. Des circonstances imprévues vonient raviver de temps à au ire Tautoriié chancelante de Charles. Les grandes familles , qui avaient des propriétés dans les deux royaumes, se trouvaient souvent en rapport; une des plus puissantes du Danemark , pour ne pas
dire de tout \e Nord, était celle des Tost, descendants d'Axel. Christian, en leur enlevant plusieurs ehâleaux pour les réunir à la couronne i s'était attiré leur inimitié. Ils émigrèrent et allèrent s'établir en Suède, où un de leurs frères , Erik, était marié à la sœur de Charles : de là , il leur fui facile d'engager une lutte contre leur roi.
. La partie septentrionale de la Norwége , avons-
104 HISTOIAU; D£ DAMEMÂaK
nous dit, s'était jetée dans le parti de Charles , tandis que le sud obéissait h Christian. Ce schisme ne dura pas longtemps; les dissidents se rapprochèrent peu h peu de la masse de la naiion. Pendant que Chrls<* tîan travaillait ainsi au rétablissement de Tunion , de graves événements vinrent troubler le repos de la Norwége. Bergen en était la ville la plus commerçante : elle était peuplée presque exclusiv^ent d'Allemands, q uiytenaientdes entrepôts et des comptoirs.
Les nombreux privilèges qu'ils avaient reçus d Erik de Poméranie et de Christophe de Bavière , en développant Taccroissement de leurs richesses, avaient enflé leur orgueil et leur insolence. Us se considé* raient comme formant une petite république indépendante de l'auloriié du roi. Ils avaient surtout pris en haine le gouverneur Ûlof Nilson, qui voulait exiger d^aix le paiement de la dîme » et se disposait à les y contraindre. Sa mort Ait jurée ; en vain se retira-t-îl dans un couvent. Ni la sainteté du lieU| ni le respect dû à 1 évéque Toiol's , qui se présenta une hostie consacrée à la mafai , ne purent arrêter le cours de leur vengeance ; le gouverneur et TévAque furent massacrés et le couvent livré aux flammes. Ce crime, qui resta impuni , mais qui fut plus tard roccasion d'une guerre violente entre le roi Jean et les Lubeekois y n'était pas la seule cause des troubles et des
dissensions qui agitèrent les esprits. Le roi nomma Marceî!us,éveque d'Islande, à l'archevêché deTrondheim^ ce choix n'eut pas l'agrément du pape; le nouvel archevêque fut même arrêté à Cologne et dépouillé des papiers précieux qu'il avait en sa pos* session. Celle mesure porta un coup funeste à Tautorité du pape et à la religion , et donna naissance ù deux partis en Norwége (1455).
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L'année suivante, les hostilités recommencèrent cotre la Suède et le Danemark. La prise de l'ile d'Oeland fit éclater une jalousie profonde entre le roi Charles et Jean Bengtsson , archevêque d'Upaah Ce dernier éiaîL de la famille d'Oxensijerna, une des plus considérées du pays , ce qui lui donnait une grande autorité dans la noblesse^ le caractère sacré dont il était revêtu lui en donnait une non moins puissante sur les pays qui plaçaient sa dignité audessus de celle du roi. Du reste, il possédait toutes les qualités dont un prince de i Eglise avait besoin dans ces temps : hardi et actif, il s^était mis en rébellion contre le pouvoir i oyal ; aucun serment ne lui paraissait obligatoire; sou intérêt était sa loi : telle fut du moins la règle de sa conduite envers Charles et ensuite envers Christian. 11 ne tint qu'une parole : ce fnt lorsque , déposant sur Fautel de la cathédrale d'Upsal la mitre et la crosse , il ceignit répée et le casque , et fit serment de ne les quitter qu'après la déchéance de Charles. La perte d'Oeland avait beaucoup affaibli l'autorité de ce prince sur le peuple, et le ineui ire de Thord Bonde l'avait privé du seul homme qui eût été capable de prévenir sa chute. Charles arma pour reprendre cette ile , et les mécontents profitèrent de son absence pour l'écraser (1457). L'archevêque fit afficher à la porte de l'église l'acte de rupture et d'excommunication, fil arrêter les gouverneurs du roi et piller ses châteaux. A la nouvelle de cette révolte, Charles revint en toute hôte ; il approchait de la capitale , lorsque , attaqué à l'iniprovisie par l'archevêque, il lui blessé et obligé de prendre la fuite. 11 s était réfugié à Stockholm, dans Pespoir que le chêleau pourrait faire une résistance victorieuse ; s'y voyant assiégé ,
lOit HISTOIRE HK DIKEHAI^K
sans pouToir faire accepter aucune proposition
d'accoiiiinodement , il monia secrèlemenL sur un vaisseau avec ses trésors et arriva à Dantzig, où il resta sept ans,
L*archevéque prit la régence jusqu'à l^arrtvée de Chrisiian , ((u il avait appelé, l.e prélat le mit en possession du château de Slockliohn, Ut iii proclamer sur la pierre de Mora et couronner dans la ca-* thédrale d'Ûpsal (1457). Les trois couronnes repo« salent donc de nouveau sur une seule téte. Un au après ^ le prince Jean^ iils de Ghristiao, fut recounu comme son successeur.
Gbrisllan paraissait avoir enchaîné la fortune. Nous le voyons, sur le trône de Suède , réunir le Hûlstein à ses États et recevoir Tbommage de Hambourg comme dépendance de ce duché. Ou espérait que les troubles dans lesquels s'était rompue Tunion de Kalmar, ne se renouvelleraient plus ; car la Suède passa plusieurs années dans la plus profonde tranquillité. Mais la création d'un nouvel impôt réveilla le mécontentement. Le roi n'était enûré en pleine possession des duchés de Holstein et de Sleswig qu'en faisant laire les prétentions rivales à force d'argent, dont la Suède, conmie partie intégrante de la grande monarchie du Nord » devait fournir sa quote-part  ce germe de troubles il en faut ajouter un autre plus sérieux. Christian avait fait de grands emprunts, et ne remboursait ni intérêts ni capital; il s'était fait ainsi autant d'ennemis de ses créanciers, tous hommes des plus riches, et par conséquent des plus puissants, qui e spéraient recouvrer, à la faveur d'un ( han^oment, ce que leur trop grande confiance en Christian leur avait fait aveniurer.
KT DB NOAWÉOB. 107
Le braft commençait à se répandre en Suède
(l/i62) , que Oiaiies songeait à reconquérir ses États, ce qui donna lieu à de nombreuses poursuites et à plasieurs arrestations. A son retour de Finlande , où il était allé faire wie tournée, Oiristian commit rimpnidence de ne pas même ménapfer Tarchevêque auquel il devait la couronne , et qu'il ât conduire dans rUe de Seland» Mais les révoltée ne craignaient pas de manquer de chefs. L'évéque de Linltoeping, Keliil 5 se mit à la tête des mécontents. Ils prononcèrent la déchéance du roi , qui arrivait de Danemark avec une armée. On en vint aux mains ; les deux partis s'attribuèrent la victoire ; il parait cependant que l'avantage resta aux paysans ; car- le i oi , nonseulement ne poursuivit pas la victoire qu'il, avait gagnée, mais il quitta même la capitale, et regagna le Danemark par mer. Cependant les nobles, te clergé et les paysans étaient en dissidence. Les premiers étaient prescjne loiis dévoués aux intérêts du Danemarki les membres du clergé étaient partagés, et les paysans s'attachaient à ceux qui voulaient une rupture et Tindépendance nationale. L'évêque Kettil assiégea la capitale , et les Dalécarlîens , qui jouèrent un si grand rôle dans ces dissensions , écrivirent au sénat qu'ils voulaient Charles Knutsson, pare^ que la Suède éiait un royaume, et non pas une paroisse. Bieiuôt Kettil envoya un messager à Charles dans la retraite où il vivait, et celui-ci reparut dans son royaume à la téte de quelques troupes étrangères (1&6&). Ce ne fut qu'alors que Christian , politique cclaii é, l ecoimutla faute grave qu il avait commise eu arrêtant i archevêque. Il changea de conduite , se réconcilia avec Tarchevéque Jean Bengtsson , qui conservait plus de haine contre son ancien
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j[Qg HISTOIIŒ D£ DANEMARK.
rival que de ressentiment pour la détention qu'on lui avait fait subir. Kettil abaadomia aussitôt le parti de Charles , et entra secrètement en négociations avec Christian; on convint que celui-ci garderait le royaume , et que Charles recevrait une province en dotation. L'archevêque, nommé régent par Christian , fut reçu en Suède avec toutes les marques de la soumission. Mais Charles avait la capitale » et il ne voulait pas faire Fabandon de son autorité; il ne lui convenait pas davantage de soutenir le siège que l'archevêque s'apprêtait à mettre devant la capitale, et préféra se confier au sort d'une bataille, dût il y succomber. Un combat sanglant s'engagea, en effist, presque sous les murs : Charles fui vaincu et pris par rennemi. L'archevêque entra dans la capitale, accompagné de son prisonnier^ qu'il contraignit de renoncer à la couronne, et auquel il assigna pour résidence le château de Rasaborg en Finlande.
II n'y avait plus personne, dans tout le royaume, qui osât tenir tête à Tarchevêque , excepté Nil Sture, ami de Charles , homme intrépide et capitaine ha* bile; encore tui il ublii;é de se cacher pendant quelque temps chez son ami, Erik Axelsson Tosl, commandant de Wiborg. Sur ces entrefaites, la mort enleva Kettil ; Tarchevêque perdait en lui un de ses plus fermes appuis. Sture reparut, et malgré la diète de Joenkoeping, qui devait ramener la concorde entre les esprits, l'archevêque rencontra à celle de Wadstena une si forte résistance, qu'il fut obligé de céder la régence à Erik Axelsson Tost, ami fidèle de Sture, et par conséquent ennemi implacable du prélat; Stockholm et les forteresses furent remises au nouveau régent. La Suède, divisée en deux camps, retomba dans toutes les calamités des dissensions
intrsilnes. Les noms de Nil et de Sien Slure comnieocent à s'entourer d'éclat , tandis que leur rival , fuyant devant leurs forces réunies , se relire dans rtle de Seland , où il expire quelques semaines après. Un reproche a leriii sa mémoire, c'est celui d'avoir été une des principales causes des troubles dont son pays fut le théâtre pendant un siècle. C'était un ennemi de moins pour Charles Knntsson , qui fut appelé au irône pour la troisième fois (1468); il le conserva, à l'aide des Slures et des Dalécarlîens , jusqu'à Ùl fin de ses jours (i470)i qu'il passa dans des guerres continuelles.
La Suède élait ébranlée jusque dans ses fondemenls. Christian, en hostilité avec TAngieterre, maria sa fille Marguerite avec le roi d Éco&se , chez lequel il contracu des emprunts sur la garantie des Orcades et de Tîle de Shetland ; cet engagement fit perdre au Danemark des îles que les expéditions normandes avaient peuplées. La mort de Charles Knntsson rappela sur la Suède l'attention de Chris* tian. On avait lien de croire qu'il en résulterait une réconciliation; il n'en fut pas ainsi ; le sénat ne lui était pas hostile, le clergé le favorisait; mais il avait un rival bien plus dangereux que Charles Knntsson : c^était Sture , doué de toutes les qualités du grand capitaine et de l'homme d'État, et adoré des paysans. Aussi ce fut à cet homme remarquable que Charles, en mourant, confia les rênes du gouvernement , en lui conseillant toutefois de n'aspirer jamais au titre de roi. Les grands étant disposés à défendre les droits de Christian , et les Dalécarliens et les deux puissants frères Tost , ceux des Stures , il était probable que la solution de la question allait être remise à la décision du glaive i si le nouvel
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iiO BISTOIR£ DS DinKlUltK
archevêque, Jacques Ulfsson , qui arrivall de Rome ;
ne parvenait , par son auLorilc , à concilier tous les intéréis. Mais ce prélat parut vouloir rester étranger au mouvement politique et ne s'occuper que des affaires spirituelles; s*il penchait d*un côté, c'était pluiùi (lu côté des patriotes que des Danois. Christian, ayant vu luuies ses tentatives se briser contre la volonté des paysans , résolut de se montrer dans l'archipel de la capitale pour imposer. On Vy vit effectivement avec 70 vaisseaux; mais la lenteur des négocialions prouva ce qu'il y avait chez ce prince de modération et de douceur. L'automne approchait^ et Christiaii fui convaincu que Sten Sture n'avait d^autre intention que de l'amuser et de gagner du temps, dans l'espoir que la saison ferait plus que ses armes pour la destruction de la Hotte de son ennemi. Alors il se hâta de mettre à terre toutes ses troupes, qui campèrent dans le faubourg du nord (Norrmalm) ; il visita même Upsal , ei gii^wd par ses promesses plusieurs nobles et une foule de paysans. Sten Sture, de son côté, après s'être emparé d'Elfsborg , s^avançait avec la fleur de la jeunesse d'Ostrogothie , (le Néricie et de Sudermanie. Tout annonçait un choc lerrible. La bataille s'engagea à Brunkeberg, et l'avantage en resta à Sture , non sans lui avoir été disputé avec fureur. Le roi fut blessé , et le maréchal Clas Ronnon fait prisonnier, ainsi que plusieurs nobles danois. Après ce désastre, ( lu istiau retourna en Danemark. 11 parait que depuis cette époque il renonçi à toute intervention , du moins à main armée , dans les affaires de Suède. Des commissaires délégués par los trois royaumes eurt^ni plusieurs entrevues. Dans celle de Honnaley, en 1476, la couronne de Suède fut recomine appartenir i Chris-
£T P£ NORWÊGB. 111
tian sous certaines conditions. Mais ce prince ne re^ parut plus dans un pays gui lui avait douné tant le soucis. Il fit un voyage à Ron^e (147^ et i/i75 ), et remplit le rèle de médiateur entre le duc de Bour-* gogne et Femperenr. L'aniversité de Copenhague fut fondée par lui en 1/^70. Il iiiom m dans rotte villo, le 22 mai 1481 , dans la cinquante-cinquième anuco de son Age et la trente-troisième de son règne. Les regrets des Danois le suivirent dans la tombe. Sa taille était haute et imposante; modéré, intelligent et pieux, il préférait les bienfaits de la paix aux vicissitudes de la guerre. Deux de ses enfants montèrent sur le trAne : Jean et Frédéric ; le der^ nier, duc de lloi&Leiu et de Sleswig.