CHAPITRE XVI
FiÉOÉaiC IV.
Frédéric IV était né en 1671. Avant son mariage
avec Louise, princesse de Mecklerabourg-Gustrow, il avait parcouru l'Allemagne , la France et TUaiie. Dès son avènement y il se distingua par une grande assiduité au travail et par une intelligence des afirfres d'autant plus surprenante, qu'il n'était pas admis au conseil du vivant de son père. Les différends qui s'étaient élevés avec le duc de Holstein , le déterminèrent à s^allier avec Frédéric-Auguste de Saxe et le Gtar Pierre de Russie , contre Charles XII , qu'il sup-
posait devoir prendre parti pour Frédéric de Holfilcio, son beau- frère. Il avait inondé de ses troupes ce duché, et bombardé la citadelle de Tomnisgeo; mais lorsque le roi de Suède parut en Seland , lorsque les flottes de Suède, d'Angleterre et de Hollande couvrirent le Sund^ il &e décida h sigoer le traité de Travendal (1700) , à reconnaître de nouveau la souveraineté du Holstein et à payer la somme de 260,000 llialers. Frédéric se trouvait ainsi réduit a Tinaction, il la mit à profit, pour appliquer plusieurs mesures d utilité publique , tandis que les flammes de la guerre du Nord dévoraient la LIvonie, la Pologne et la Saxe. H accrut 1 eileclit" de son ai niée ^ de sor te qu'elle se trouvait sur un pied respectable lorsque le désastre de Pultawa avait réduit presque à néant celle de Suède. Pour arriver là, il avait fait^ en 1701 , une levée de 18,000 jeunes paysans eu état de porter les armes, et en 1702 il avait fait publier un édit portant Tabolition du servage des paysans. Cette liberté fut éphémère ; les niAles réclamèrent pour leur intérêt au nom de leurs droits, et les paysans se virent garrottés dans de nouveaux liens. En 1708, Frédéric entreprit un voyage en Italie; à son retour, il s'arrêta en Saxe, où il conclut avec Auguste une alliance offensive et défensive contre la Suède. A son arrivée eu Danemark , il apprit la défaite des Suédois et leur déclara aussitôt la guerre. Seize mille Danois, sous les ordres du général Rewentlau, se transportèrent en Scanie; de cette province ils menacèrent toute Tancienne Suède. Mais le comte Magnus Stenbock fit une levée de jeunes conscrits , devant lesquels les Danois se retirèrent jusqu'à Helsingborg, se livra une sanglante bataille; les Danois, écrasés, repassèrent le Sund. Frédéric espéra être plus heu-
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reux en Allemagne, où il avait des alliés. 11 s'empara en effet des duchés de Brème et de Verden; mais Tintrëpide Stenbock accourut encore à sa rencontre ,
et la bataille de Gudebreseh fil laire pour quelque temps les projets ambitieux de Frédéric. Stenbock envahit le Holstein, brûla la \ille d^Altona^ enfin, enveloppé par les Rosses, les Danois et les Saxons, il fut obligé de capituler avec son armée ii Toeuningue. Frédéric pi otiia de cette victoire pour s emparer des États du duc de Goitorp. 11 assista en personne au siège de Stralsund , et médita une nonvelle invasion en Scanie, de concert avec les Russes. Ceux-ci arrivèrent avec leur czar ; mais l'expédition étant remise de jour en jour, Frédéric vit sans regret partir ses alliés.
Charles XII , revenu de Turquie , envahit deux fois la Norwége, et périt, en 1718, devant FrederikshalL Frédéric fit la paix avec lo nouveau gouvernement suédois, en 1720, Il rendit ce qu'il avait conquis en Allemagne^ la Suède renonça à rexemj)lion des droits de navigation sur le Sund, cl paya 600,000 écus pour le racbat de Marstrand, pris par le fameux amiral Tordenskold. Le traité de paix renfermait la promesse , de la part de la Suède , de ne pas troubler le Danemark dans la possession pleine et entière du Sleswîg. La reine Louise étant morte en i721 , le roi épousa Anne*Sophie, comtesse de Rewentlau.
Ce fut sous le règne de Frédéric IV que le pieux Égede alla prêcliei* le christianisme dans le Groenland^ il y fonda quelques établissements, berceau des colonies danoises qa*on voit aciuellement sur la c6ie occidentale de ce pays. Frédéric fonda aussi des missions à Tranquebar et eu Lapoole-
Ea 17t8 ^ un iaeendie consoma les àmm liera de
la eupitale; Frédéric assigna des fonds considéi ables à la réparaliou de ce désastre, fl mourul à Odensée, le 12 octobre 1730. Prince sage et éclairé, il (avo*riaa le progrèa des lumières et Tamélionitioa da sort des paysaas, autant que le comportait Tesprll du temps.
CHAPiittE XYU
GHIISTIAK TK
Cbristian VI , né en 1699, succéda à sou père ea 1750. Il était d'uae constitution délicate et faible , ce qui n'empêcha pas qu'on ne rappliquât à de sérieuses éludes. La paix la plus profonde étendit ses biea&ils sar tout le cours de soa rèfpie. Ea i7SS, il fit, avec les cours de Vienne et de Salnt-Pétera* bourg, une alliance de gar amie pour leurs possessions respectives, et en 1734 il en fit une défensive, poar quinze aas, avec la Suède. La paix doat Jouit le Danemaric favorisa Famélioratioa de Tétat intérieur du pays et le développement rapide du commerce cl de i industrie. On acquit de la France rUe Sainte-Croix daas les Antilles. Des compagnies sWganIsèrent pour Texploitation commerciale de l'Islande et du Finmarck. Quelques conlestaiions avec Hambourg s'arrangcrent à l'amiable, au moyen d'un demi million .de marcs que paya cette ville.
Après avoir signé poar deux ans aa traité d'al-»
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Uance défensive avec la Franoe, en 1745 , Christian mourut en 1746.
Son zèle pour la religion prolesiante lui acquit , le surnom de Pieux. U aimait le fasie, et malgré la paix dans laquelle il avail vécu, il laissa les finances du royaume dans un étal de 80ui&*ance. Son épouse , Marie-Madeleine de Brandenbourgi lui donna un (lis, Frédéric I qui lui succéda.