‹ Histoire de Danemark et de Norwège d'après les historiens les plus estimés continuée jusqu'à nos joursChapitre 29 sur 32 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

CHfilSTlAK V.

Christian était né en 1646, alors que son père,

simple évôque de Brème, ne songeait pas encore à la couronne. Les premières années de son règne annoncèrent les orages qui devaient le troubler. Il était difficile de prévoir le parti que prendrait le Danemark^ il espérait recouvrer les riches provinces qu'il avait perdues par la paix de Koskiid et de Copen* bague. Gbrîstian s'unit au grand électeur contre la Suède ^ et les hostilités commencèrent dès 1675. Il pénétra avec son armée dans la Poméranie suédoise, el il entreprit le siège de Wîsmar, qu'il emporta. C'est de cette époque que date la disgrâce du puis* sant ministre et chancelier Gi*eifenfeld. Son vrai nom était Schumaker, fils d'un marchand de vin de Copenhague ; il avait donné dès son enfance des preuves d(rne grande intelligence, et attiré l'attention de Frédéric lit chez le savant évéque Broebman, près duquel il était élevé. Le roi pourvut aux frais de son éducation et à ceux d un voyage en Angleterre. X sou retour, il ne retrouva plus sou père; mais le roi, qui ne Tavait pas perdu de vue» le fit avancer rapidcnent , et h son lit de mort recommanda à son fils d'employer Schumaker, sans toutefois laisser un libre cours à son ambition ou à raccroi^semenide sa

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puissance. Gréé conseiller et chevalier de Tordre de

Danebropj (1671) , il fut bientôt pour les grands un objet de haine et de jalousie. Il fut anobli en 1()72,' et en 167& fait chevalier de Tordre de TÉléphant, grand chancelier du royaume et comte de Tempire,

Ce fut moins encore à ses dignités qii il dut son influence qu'à sa qualité de confident et de favori du roi; il était en si grande faveur auprès du mo*» narque , qu^on projeta de le marier h la princesse Louise-Charlolte de Holstein-Souderburg : il se maintint à cette hauteur jusqu en 167G. Mais le bonheur Tavait gâté ; son orgueil dédaigneux ne fit qu'accroître la haine de ses ennemis , qui jurèrent sa perte. Cil Idenloewe , Ahlefeld , Cnut , circonvinrent le roi, en face duquel il ne pouvait même faire plier sa hauteur, à en juger par une lettre que lui écrivit Chris* lian en 1675. 11 fut arrêté et privé de ses décorations; ses biens furent confisqués; une commission fut chargée d'instruire sur les chefs d'accusation (jiii posaient sur lui. 11 fut condamné à mort et conduit au lieu du supplice; mais là sa peine fut commuée en celle de la prison perpétuelle, qu'il devait subir à Munkholmen , ih ès de Trondheîm.

I.a campagne de 1676 fut très-remarqnable; les Danois, commandés par le célèbre amiral N. Juel, ik'emparèrent de Golhiand , et eurent plusieurs engagements. Dans le dernier (9 juillet) , les Suédois furent dispersés et perdirent douze vaisseaux, de ligne. Sur terre , ils n'étaient pas plus heureux. En Allemagne, Stade fut pris, et Christian, à la tête de seize mille hommes^ fit une descente en Scanie. Les citadelles de Helsingborg et de Landsci ona se rendirent presque sans coup férir, ainsi que celle de (;|irisiisipsMd. 1ms habitants n avaient point oublié

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le 9iMiwaMMHl4MMMi&; fximm iitU intifir :

Ie6 iM^iaMis dMsoûiiraie»! au «amp , y apportant des

j3iravisloii8. Us se formèi eiit en guérillas , sous le nom tei^»0ip0nê , terribles pariisans qiâ seewdèreiu jfKiÊfmmsmt les ^yé rati a as . £aire «i les iSité* imê€*éi9k imeliille4'€ijleraii8atioiit^^^ les sv^es se iireat loagiemps sentir sur «ette riche provioce.

BeaàM ifae i£s Uam>is s^éuuidAifiat âiosi ea Srarif , M fiof^ de A^éOC èoMmas, eouModé fttr le i^éaéral DwMaa ^ Annehissail ta «oalayne de Hiillaud , paiu' aller assiéger Halmstad. Le roi de Diaaemrk était à Oiidstianslad, avec ses prinoipaites feimas ; «m Ioîb de lui emufA Chades XI ^ Vri «e «MM^Klait que 8,0M hooMies. il n'ent pas plutôt appris k maiche de Duocau, quil se rendit eii Uoliaude par les moatagnes de SoK^iid , tomba sur M à l'înpnofîais et le ât yriaoïinier avee toute sali^^pe. Après celle irieloire^aHuiesUajffiil &l!Cé son armée, s'avança dans les plaines de Scanic, et attaqua l'ennemi à Lund [k décembre 1676). La Bk^éa ÙU terriUe; plus de iQ,dô^ hûiiuttes couvriiwt Ib diMip de taieilie; Tafaniage resu aux Suédois, lis reprtf^ent Helsia^k^rg et assiégèrent Chiisiian&iud. La campagne de 1677 fui moins sanglSAije qoB précédeate. La ilotie danoise était vietoHeose sur tous les points ; Tescadfe saédoise qui venait de Gotiieiibioor^, sous les ordres de fiijertlad^

fut défaite le 11 juin, en vue de Langeland. La grande flotte suédoise perdit treize vaisseaux dans le combat qui se livra dans le golfo de Kioge. Ces revers fiirent seivis de iWupaiioo de Tlle de Gotbland par les Daoois , et des ravages des côtes du Smuland , jusqu'à la ville de Westerwik, qui fut livrée aux Uammes* L'Ile de Rugcn fut aussi enlevée aux Suédois.

Les résultats des opérations de Tannée daooiae an Soanie ne répoodaieat pas à oaai qu'<d»ttnai6i|t let armées «nr mer; le siège de llalmoe échouai ei

Christian se reiiia vaincu de la bataille de Land^ scrone.

Sur les frontières de la Norwége, tout le Jatltod ' fin conquis , et la citadelle de HarstMd enportée;

Christian pouvail donc se féliciter de 1 iâsue de celte campagne.

Les Suédois reprirent TUe de Rugen au commen* eemeiit de rannée 1678. Le comte Kœnigsmark, après avoir battu le général Rumor , se rendit en

peu de jours mattre de cette !le , dont dépendait la défense de Siralsund. En eifet , cette ville fut obligée d'ouvrir ses portes à l'électeur de Brandenboui^ , quand Hle eut été reprise par les Danois. En Scanie ,

Christianslad retomba aux mains des Snédoîs, qui

se trouvaient ainsi maîtres de presque toute cette

province. Des bandes de cbeuapaus parcouraient bien encore çà et là les bois et les montagnes \ mais elles

ne causaient plus d'inquiétude pour la possession de la province , depuis que Tarmée danoise s'était retirée en partie. Christian, abandonné de ses alliés , fut enfin obligé de céder ; la France faisait des menaces, si on ne voulait pas se rendre à ses propositions de réconciliation : la paix fut conclue i Lund en 1679; des milliers d'hommes et des sommes immenses avaient donc été sacrifiés sans aucun avantage pour le Danemark.

Ce traité était à peine signé, que les choses changèrent de face. Charles XI rompit son alliance avec la France; Christian^ au contraire, en oontraetaune avec cette puissance. Geltti<>cl ne s'occupa plus qo^à guérir les plaies que la guci i c avait faites à ses Étals.

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En évitant tout conflit avec ses voisins, il n en faisait pas moins respecter 868 droits; ainsi il marcha deux fois contre Hambourg, et il contraignit cette ville à reconnaître sa suzeraineté el à lui payer tribut. Les rapports avec le Holstein se compliquèrent lellement vers la fin du règne de Christian^ que la guerre paraissait imminente \ mais il ne vécut pas assez pcmr en voir l'explosion ; il expira le 25 aoftt 1699.

Christian étaii éclairé , vigilant et brave: il renouvela les insignes el les statuts des ordres de 1 Éléphant et de Danebrog, les seuls qui existent encore de nos jours; le premier n'admet dans ses rangs que les princes ou les hommes les plus éniinenls. Christian était marié a Charlotte-Amélie , princesse de Hesse-Cassel.

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