‹ Histoire de deux soeursChapitre 15 sur 27 · LE LEGS d'uKU MÉUK · texte numérisé non relu

LE LEGS d'uKU MÉUK

deuil : les deux orphelines s'embrassèrent en pleurant, puis il fallut se séparer.

Qui peut savoir par quelles épreuves passe une ame avant d'en venir à cet état d'abnégation absolue qui fait qu'on se dévoue à consoler les misères de ses semblables ! Certes , un pareil dévouement ne peut partir d'un cœur froid et mort ; une flamme doit y brûler , ardente et vive , un courage que rien ne rebute doit lui prêter secours et force, le courage de la foi , le seul qui ne succombe pas à l'aspect des plaies saignantes, au spectacle des agonies douloureuses. Et quand celle qui se consacre à ce ministère, où tout est peine et sacrifice, quand elle est jeune, oh! qui sait quels trésors de tendresse elle renferme dans son sein ! qui sait sur combien d'amers chagrins il lui a fallu poser le baume de la résignation , combien de soupirs elle a étouffés , combien elle a réprinié de révoltes intérieures pour se Irouverenfin digne du maître et delà tâche qu'il lui impose! Ces saintes etsubUmes filles sont des anges envoyés du ciel au chevet des mourans pour adoucir les angoisses de la chair qui se plaint , pour aider le souffle immortel à s'exhaler au bruit des prières , de son enveloppe terrestre ; servant d'intermédiaire entre le monde et la divinité , ce

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