‹ Histoire de diocèse de BayeuxChapitre 1 sur 112 · APPROBATION · texte numérisé non relu

APPROBATION

DB MONSBIGNBUR L'ÉVÉQUB DB BATBUX.

M. l'abbé Laffetay , chanoine de notre église cathédrale , nous ayant soumis la continuation de Y Histoire du diocèse de Bayeux depuis Vépiscopat de Mgr de Nesmond, qu'il se propose de publier prochainement, nous donnons à cet ouvrage, si plein d'intérêt, notre entière approbation. Nous remercions le pieux et savant auteur d'avoir employé ses talents et ses veilles à retracer les actions et les vertus de nos illustres prédécesseurs, et nous recommandons q)écialement son livre au clergé et aux fidèles de notre diocèse.

Bayeux, le 20 juillet 185/i.

-|- L.-F., évéque de Bayeux.

Quelque opinion que Ton adopte sur la manière d'écrire l'histoife ; qu'on la réduise à la simple ex:-^ l>08ition des faite , ou qu'on la fa^se serrir à là dé^ moDBtration d'utie vérité , on reconnaît qu'elle doit porter avec elle un enseignement moral « qu'elle doit ^rvir à nous diriger dans l'appréciation des événe^ ments dont elle nous offre le tableau; autrement elle ne serait plus qu'un appât jeté k la curiodité du lecteur, et souvent un piège tendu à son igno^ rance. Or, pour qw l'histoire atteigne son but, pour que notre inexpérience s'éclaire k la lumière du passé et en déduise des règieis de sagesse, il faut que la parole de l'historien soét l'écho fidèle de la parole de Dieu, écrite dans les Taits qu'il raieonte. Un historien qiii prend la pivme, contracte les mêmes obl^alîons qu'un 'témoin interpellé par le juge, et qui promet de dire — la vérité, toute la vé-

rite, rien que la vérité. — Toute omission volontaire et réfléchie de la part d'un historien est à nos yeux une infidélité coupable. Dissimuler une partie de la vérité dans un intérêt quelconque, si respectable qu'il soit, ce n'est plus écrire l'histoire, c'est plaider pour un système; c'est ôter toute valeur à son témoignage; c'est compromettre la cause que l'on veut servir. L'histoire n'est point un recueil d'anecdotes édifiantes ; à côté des vertus qu'elle glorifie, elle doit réserver une place pour les erreurs, les faiblesses, les souffrances de l'humanité. Ce principe, qui a pour nous l'évidence d'un axiome, nous nous sommes efforcé de l'avoir constamment sous les yeux en écrivant les pages qu'on va lire, et nous espérons qu'il nous obtiendra grâce auprès de nos lecteurs, s'il arrive quelquefois que la franchise de notre langage contrarie lei^rs opinions, froisse leurs sentiinBBts. Nous sommes convaincu que la vérité ^st toujours utile ^ quaisid elle se pro* duit avec les ménagements convenables, et; si nous comprenons les -tempàramente qui radoucissent, nous ne comprenons pas les réticences qui la suppriment.

Plusieurs de nos amis auraient souhaité que , au lieu de continuer l'ouvrage du oiiré de Maltot , si défectueux à tous égards , nous eussions repris l'histmre du diocèse depuis l'origine. Un ml travail présenterait aujourd'faitt de "grandes' difficultés : une partie defr sources auxquelles Hermant a puisé, n'existent phis^, 0i il faudrait avoir les: moyens de le contrôler, pour s'arroger le droit de le^ réformer et de le contredite. Cependant nous ne désespérons pas de mettre quelque jour ce coDseil à profit , si

Dieu ncnis en laisse le teinpâ et la force ; mais nous avons cru devoir accorder la priorité aux deux der^ niers siècles. Ea différant davantage, on s*exppse^ rait à laisser périr une foule ^ «uOériaugi épan> dans des fragments de manuacrits ,. dan^ les journaux de la pnovinte , dans les mamdemeQts et les ordonnances de. nos évèqms, dont quelques rares exemplaires ont échappé jusqu^ici à la destruction, il fallait donc se hâier de les recueillir- et de tes mettre en ceuvre.

Il est une époque, fameuse entre toutes^ dont le elergé de notre diocèse a écrit Thistoire ^vec son sang, mais qui n*a point encore été rajooqtée. Le^ derniers téuoins de ce drame lugubre disparai&^nL tous les jours. Que de qjbboses eurienses» x^onfiées à krinémoire, finiront par s'altérer , et même par se perdre, si elles restent plua long-temps à Tétat de simples souvenirs I

L'histoire d'Hermant ne s'arrête qu'à l'épiscopat de M^' de Lorraine. Toutefois, ayant eu le bonheur de me procurer, sur la seconde moitié du xvii* siècle, des documents précieux, inconnus d'Hermant ou dédaignés par lui, je n'ai pas hésité à placer au frontispice de mon travail le mémorable épiscopat de M^ de Nesmond, dont le commencement est k peine esquissé dans Thistoire du diocèse de Bayeux, et dont la fin est restée manuscrite. M'' de Nesmond est une de ces grandes figures que l'on ne peut trop étudier, un de ces prélats selon le cœur de Dieu auxquels la vertu tient lieu de génie, et qui, malgré les imperfections de leur nature, peuvent servir de modèles à tous les temps. La longueur des chapitres n'aura point pour mesure

la durée de cliaque épiseopat. Cette division purement artificielle aurait introduit trop d'irrégularité dans la distribution des matières. L'épiscopat de M*' de Nesmond , qui a duré cinquante-trois ans, remplit la moitié de notre premier volume; tandis que celui de ItP' de La Tremoille , qui n*a jamais pris possession de son siège , poorait k peine nous fournir quelques pages.

L*eiïtreprise que je poursuis, a long-temps dé-* courage ma faiblesse. Que ne puis-je m'acquitter envers toutes lès personnes qui m*en ont aplani les difficultés I Les unes , par leurs recherches et leur» communications bienveillantes , m'ont fourni les moyens d*êlre exact et coihplet : les autres, par les sages conseils de leur critique , m'ont tracé la voie et signalé les écueils. Que toutes reçoivent ici l'expression de ma profonde gratitude I

Bayetix, le 23 juillet «864.

J* L.4FFETAY.

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INTRODUCTION

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