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STATISTIQUE DE L ANCIEN DIOCÈSE DE BAYEIX

L'ancien diocèse de Bayeux était borné , au le- isu^w ^nt , par la Dives , qui le séparait du diocèse de "* ""^^^ LisieuK ; au couchant , par la Vire , au-delà de laquelle commençait le diocèse de Coutances; au nord , par la mer ; au sud , il touchait aux diocèses d'Avranches, du Mans et de Séez. Il possédait, dans le diocèse de Lisieux , une enclave composée de neuf paroisses, et appelée Y exemption de Cambremer, entre Lisieux et la Dives. Une autre , dans le diocèse de Coutances , appelée \ exemption, de Sainte-Mère-Église, comprenait cinq paroisses, situées entre Valognes et Carentan ; on les rattachait au doyenné de Trévières. De son côté, révêché de

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Lisieux possédait, dans notre diocèse, i*abbaye de Mondaye, la cure de Nonant, ainsi que trois autres paroisses : Elion, Juaye et Verson. L'évêché de Coutances comptait aussi quelques paroisses dans le Bessin, en-deçk de la rivière de Vire. Ce que Ton peut dire de plus probable sur Torigine de ces enclaves, c'est qu'elles remontent à une concession réciproque des anciens évèques de Normandie, préémineim L'évêquo do Baveux a toujours été regardé

hiérarchique. t J J o

comme le premier suilragant de la province de Rouen. En l'absence du métropolitain, c'était à lui qu'appartenait le droit de présider les assemblées ecclésiastiques. Il jouissait encore de sa prééminence a la fin du dernier siècle, malgré la décision rendue en 1584 par le pape Grégoire XIII, en faveur de l'évèque de Séez, le plus ancien par sa promotion.

Temporel Le revouu de l'évêché de Bayeux s'élevait à 100,000 livres. Il était taxé en cour de Rome à 4,433 florins, tant pour l'annate que pour l'expédition des bulles. Le temporel de l'évêché, lorsque M^ de Harcourt en fit faire le dénombrement, en 447&, comprenait:

La baronnie de Saint-Vigor-le-Grand »

La baronnie de Neuilly et Isigny,

La baronnie des Bois-d'Elle ,

La baronnie de la Ferrière-Harang ,

La baronnie de Douvres «

La baronnie du Plessi^-Grimoult ,

La baronnie de Cambremer.

De ces sept baronnies, celles de la Ferrière-Harang et du Plessis-Grimoull avaient été acquises

INTR0DIJCTI0]9. XI

au XVI* siècle par les comles de Thorigoy ; au xviir siècle, le bourg . dlsigny fut aussi l'objet d^uu échange entre W de Rochechouart et le marquis de Bricque ville. Quoique les terres et seigneuries de révèché eussent été érigées en hautes-justices par Louis XI , en faveur de H'^ Louis de Harcourt , Tévèque de Bayeux' ne s'attribuait que le droit de basse et moyenne justice dans Fétendue de ses baxonnies; sa juridiction temporelle y était exercée par un sénéchal.

La justice ecclésiastique était rendue dans le diocèse par deux ofQcialilés , Tune jt Bayeux , l'autre à Caen.

. L'officialité de Bayeux comprenait dans son iuriaiccion ressort les doyennés de la chrétienté de Bayeux , *p'"^"«"''de Campigny, de Couvains, de Greully, de Fontenay-le-Pesnel , de Thorigny , de Trévières , de Villers, de Vire.

L'officialité de Caen comprenait dans son ressort les doyennés de la chrétienté de Gaen, de Cinglais, de Condé , de Douvres , d'Ëvrecy , de Maitot , de Troam , de Vaucelles et Texemption de Cambrenter.

Chaque officialité se composait d'un officiai, d'un vice-gérant, d'un promoteur, d'un vice-promoteur , d'un greffier et d'un huissier ou ^pariteur. Ces tribunaux tenaient leurs audiences au palais épiscopal de Caen et à celui de Bayeux. L'abbaye de Saint-Etienne et celle de Sainte-Trinité avaient aussi leurs officialités, où se traitaient les affaires de leurs exemptions. Enfin , l'abbaye de Fécamp exerçait la double juridiction ecclésiastique et civile sur quelques paroisses de notre diocèse.

Chapilre do régiïM cathédrale.

Di^ilèl*

•ffiCM.

XII INTRODUCTION

lajaridiclion spirituelle était exercée par on offi^ cial , et la juridiction temporelle , par un sénéchal ou vicomte. Cette juridiction s'appelait « la baute*justiee d'Argences et de Sain^GabrieL » Le siège en fut d*aborâ établi à Argences , et transféré à Sailite-Paix « près Caen ; il existe encore dans le faubourg de Vmicelles.

Le diocèse de Bayeux comptait trois chapitres: celui de la Ca}hédrale ; celui du Saint-Sépulcre , à Caen ; celui de Croissanville.

Le chapitre de la Cathédrale était composé de dou2e dignités , d'un grand-péniteticier et de qua* rante-neuf canonicats .

Les douze dignitaires étaient : le haut-doyen , chef de la compagnie ; le graDd--chaQtre , qui prési^ dait au chant et aux cérémonies pendant l'office canonial ; le chancelier , qui gardait anciennement les sceaux de Tévêque et portait sa crosse ; le trésorier , chargé de teiller k la garde des reliques et des vases sacrés ; les archidiacres de Bayeux , de Caen , d'Hyesmes , des Yeys , chargés de faire la vi^ site des églises ; le sousndoyen ; le sous-chantre ; le scolastique ou écolâtre , inspecteur des écoles ; le conteur ou grand-sacristain (cette charge, qui était plutôt une servitude qu*une dignité , fut éteinte en 1751 ). Venait ensuite le pénitencier , auquel il ap* partenait d-absoxldre des cas réservés à Tévèque; mais cette charge n'était regardée comme une dignité qu*autant qu'elle était possédée par un chanoine.

Indépendamment des dignitaires proprement dits, il y avait aussi : le communier (communiarimj,

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chargé d>diniiiis|rer les reveiAis de la mei^se eapitulaire; le fabricier, nomsid ohHQJQQ a^e pour, régler les comptes de la fabrique; te thédogaU dont Toffice , aonexé à un eane^oîcat , eousi^taît daw la prédication et renseîgueineDt de la théologie. . VarchidiacoBé de Bayeux eompreuait les doyeû'^ A«^kMiacoiié«. Hés de Condé, d'Évrecy, de Fontenay» de Villers ei do Vire,

L'archidiaconé de Gaeu comprenait le doyenné de la chrétienté de Bayeux , le doyenné de la chrétienté de Caen, avec ceux de CreuUy, de DQuvres et de Maltot.

L'archidiaconé d'Hyeames comprenait les dpyeur* nés de Cinglais , de Troarn et de Yauceilea. ; L'archidiaconé des Veys pomprenait les doyennés de Gampigny, de Couvains» de Thorigny et de Tré^ yières.

Les prébendes possédées par l'église de Bayeux canonictu étaient au nombre de dnquante* II n'y avait cependant que quarante-neuf çanonicats , parce qu'une de ces prébendes était attachée au doyenné. On peut les partager ea trois catégories.

Trente-^inq sont antérieures à Fsm 4074. C'étaient» celles de : Brécy ; FeugueroUçs ; Meryille ; Tbanis , à Monceaux ; la Mare ; Cussy ; Moon ; Saipt-Marlin

de Bayeux ; Cartigny ; Gavray ; Grisy , annexée à la principauté du ccHlége de Bayeux ; la H^ye^Picque** Rot; Vendes; Colombiéres; Audrieu ; Saint^ermaki'' de-la-Lieue; Gueron; Amayé; Saint-Patrice; Cam^: bremer; Arry; Saint-Laurent; Castilly; BreUeville; Missy ; Landes ; Sainte-Honorioo-du-Fay ; Goupilliéres; Monts; Barbières; Pezerolles, anciennement

XIV INTRODUCTION

Subies ; SaiDtrJéan-des-Essartiers ; Esquay-sur-SeuI^ les ; Bernesq ; Yaucelles.

Sept avaient été fondées en 1074 par Tévèque Odon de Conteville i frère de Gmliaume-4e-Gonquérant. C'étaient celles de: Saint-Jean-le-Blanc , annexée au prieuré du Plessis-Grimoult ; Albray , aneiennement Évrecy ; la Vieille ; Damvou ; Castillon ; la Ferrière-Duval , annexée au doyenné ; le Locheur. Elles remontent à la donation que le duc Guillaume fit à son frère de la baronnie du Plessis-Grimoult.

Enfin , huit avaient été fondées à des époques plus récentes ; c'étaient celles de : Saint-Pîerre de Caen , Saint-Jean de Caen , Frokle-Rue , Cully, Peuligny, Fort, Mathieu, Gavrus.

(kitre TofiBce canonial , les chanoines possesseurs des anciennes prébendes , fondées avant le mf siècle , récitaient chaque jour une partie du psautier. Ge partage , qui remonte à la fin du xi* siècle , est te sujet d'une peinture murale que Ton voit encore dans la salle du chapitre. Il avait été combiné de telle façon que le psautier était récité intégralement tous les jours. La prébende de la Ferrière-Duval , dévolue au doyen , est seule exceptée. M*' Tévêque était chargé de la récitation des trois premiers psaumes.

Le grand-chœur, qu'il ne faut pas confondre avec le chapitre, se composait, 1^ des dignitaires, qui possédaient ordinairement une prébende canoniale ; 2^ des chanoines non dignitaires; 3^ des six hautsvicaires, attachés au service du grand autet, et qui siégeaient dans les hautes formes. Le bas-chœur comprenait: 1" les chantres,, dont le nombre a

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beaucoup varié. Il y en avait huit au xiv^ siècle • douze au xv" siècle, appelés heuriers, et que Ton distinguait des vicaires. Au xvni'' siècle, il n'y avait plus que six chantres, appelés indistinctement petits vicaires ou heuriers; — 2^ les chapelains, au nombre de cinquante-cinq ; — 3"" deux chapiers, deux sacristains-prêtres , deux diacres et deux sous-dia« ères d'office, appelés évangélistes et épistoliers, un acolyte , huit enfants de chœur , plusieurs musi-* ciens, un maître de musique et les habitués.

Le chapitre en corps nommait de plein droit à la cure de Saint-Sauveur de Bayeux. Il y en avait d'autres qu*ii conférait sur la nomination de révë-* que. Le chanoine en semaine nommait aussi, avenant vacance, à plusieurs cures, même dans le diocèse de Rouen. Enfin , la plupart des dignitaires ou chanoines, à raison de leur titre, présentaient à des bénéfices, curés ou chapelles, ou les conféraient de plein droit. Avant 1671, la juridiction contentieuse du chapitre s'étendait sur cent paroisses ; à partir de cette époque, elle fut restreinte à dix-neuf et à la chapelle de la Délivrande. Les chs^^elles de la Cathédrale constituaient autant de bénéfices auxquels le chapitre nommait de plein droit, soit eu corps, soit par Tintermédiaire du semainier. Quelques-unes avaient deux portions et deux chapelains. 11 y en avait douze à la chapelle Notre-Dame.

L'église collégiale du Saint-Sépulcre avait été fon- i:i.a|Mtrp dée en 1219 par Guillaume Acarin, prêtre, originaire de Grainville. La fondation fut ratifiée par Tévèque Rol)ert des Abléges , qui nonmia le fondateur premier doyen. Le nombre desJ chanoines ,

du

Saint-Fôpuirro.

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