‹ Histoire de diocèse de BayeuxChapitre 18 sur 112 · CHAPITRE r · texte numérisé non relu

CHAPITRE r

Coup-d'œil rétrospectif sur la situation du diocèse de Bayeux avant Tépiscopat de W de Nesmond. — Arrivée du prélat. — Ses qualités personnelles. — Caractère de son administration.— Synodes.— Calendes. — Visites.

L*£gUse n'avait pas attendu les cris de révolte que siio«iioQ les écrivains protestants poussèrent contre elle au

•Tant

ivi* siècle , pour censurer le relâchement , et répri- ««' <>« Nrtmond. mer les scandales qui déshonoraient, à cette époque, une partie du clergé, te diocèse de Bayeux, en particulier, s'était signalé de bonne heure par de courageuses réclamations et de louables efforts. On sait que, dans son synode de 1515, M^' René de Prie avait publié des règlements pleins de vigueur et de sagesse , renouvelés et étendus par son successeur, Louis de Canossa. Mais les troubles civils qui éclatèrent bientôt à la suite des dissensions religieuses, avaient arrêté brusquement ces tentatives de réforr me. Lorsqu'on 1562, Tévêque Charles d*Humiéres fut

i HISTOIRE DU^DIOCËSE

contraint de se dérober par la fuite à la fureur des Protestants, on ne vit partout que désordre et confusion. Le successeur de M^ d*Humières, Bernardin de Saint-François , eut à peine le temps de restaurer la Cathédrale, et de pourvoir aux nécessités les plus urgentes de l'administration temporelle. Ceux qui vinrent après lui , ne résidèrent pas dans leur diocèse , ou, du moins, n'y firent que de courtes apparitions. Jacques d'Angennes fut le premier qui entreprit sérieusement d'extirper les anciens et les nouveaux abus ; François Servien marcha courageusement dans la même voie. Cependant il restait beaucoup à faire, quand la Providence nous envoya M^ de Nesmond. Son épiscopat fut , pour le diocèse de Bayeux , une époque de glorieuse transformation.

M^ de Nesmond fut nommé au siège épiscopal de Bayeux dès le commencement de l'année 4659; mais une contestation survenue entre deux cardinaux, relativement à une pension dont l'évèché de Bayeux était redevable, à la cour de Rome, retarda pendant trois ans rexpédition des bulles ; elles ne furent délivrées que sur la fin de l'année 4661. Né à Paris, en 4629, d'une famille illustre dans la magistrature , François de Nesmond était neveu , par sa mère , de Guillaume de Lamoignon, premier président du parlement de Paris. Il avait fait ses humanités au collège de Clermont, et achevé ses études à celui de Navarre; à vingtcinq ans, il était docteur en Sorbonne. La tonsure, que lui donna de bonne heure l'archevêque de Paris, fut pour lui le commencement d'une vie sérieuse , uniquement appliquée à la prière et à l'étude. Les

bénéfice^ dont il ne tarda pas à être pourvu « furent toujours entre Sies mains le patrimoine des pauvres ; jamais il u*en détourna la moindre partie au profit de sa famille, et rhistorien est heureux de pouvoir ajouter que la piété de son père était d*aceord sur ce point avec ses propres inspirations. Il quitta cependant la maison paternelle , dès qu'il rat été promu au sacerdoce , et se retira au séminaire de Saint-Nicolas-du- Chardônnet, pour s'y exercer aux fonctions ecclésiastiques. Telle éfoit, à viugt-six ans, la maturité de son esprit, qu'il fut député du second ordre k l'assemblée du clergé de 4 655, et appelé a &ire partie de la com- . mission chargée d'examiner les cinq propositions de JanséoiM, Aussitôt que ses bulles lui eurent été délivrées , il se prépara par une retr^te à sa consécration épiscopale; elle lui fiit dolmée, au mois de mars 4602, par W de Harhy, alors archevêque de Rouen, et il vint prendre possession de son évêché au mois de mai de la même année.

Les mémoires du temps nous ont laissé des détails Arrivée très-circonstanciés sur son arrivée. Nous le voyons **■ '**'•'• d'abord visiter les abbayes de Fontenay et d'Ardennes, situées aux environs de Caen. Le 44 mai, il part pour la Délivraade, où ses prédécesseurs, depuis le xni* siècle , avaient coutume de faire un pèlerinage avant d'entrer à Bayeux. U est reçu et harangué par le chapelain ; ses vassaux de la baronnie de Douvres le saluent de cent coups de mousquet. Sur le chemin de Bayeux à Villiers^le-Sec, il rencontre plusieurs membres du chapitre , l'abbé de Gaillard , archidiacre de Caen , et trois cents gentilshommes , tant catholiques

que prolestants , conduits par lé marquis de Colombières. A quelque distance de la yille , H monte à cheval, et s*aiTête au prieuré de Saint-Vigor, où les vassaux de l'évèché étaient obligés de lui rendre hommage. Le sire de Choisy, seigneur de Be^umont, se présenta pour le recevoir, lui tint Tétrier et s*empara de sa haquenée blanche : c'était un des droits atta* chés au fief de Beâumont-Ie-Richard* Le sieur de la Colombe , possesseur du fief de 3aint-Vigor, s'approcha ensuite du prélat, lui enleva ses éperons d'argent et en fit son profit. Le souper fut servi en poisson, comme le prescrivait lé cérémonial. Le sieur d'Étreham , qui professait la religion prétendue réformée , fut remplacé dans le service d'échanson par le sieur du Bose-Brunville, et celui-ci reçut, en conséquence, le gobelet d'argent dans lequel avait bu Tévèque. D'après le « Dénombrement du temporel deTévèché, » rédigé par ordre de W de Harcourt, c'était au seigneur de Saint-Vaast et Ondefontaine qu^appartenait « la première -coupe , hanap oii autre vaissel en quoi boit le dit évëqué. » De plus, le manuscrit ajoutelc « la première fois qu'il dine en son manon* ou hôtel épiscopal, au dit lieu de Bayeux. » Il n'y est pas question du prieuré de Saint- Yigor. Cependant il paraît certain que les choses se passèrent, à l'arrivée de M^ de Nesmond, comme je viens de le raconter. Les trois personnages cî-dessus désignés étaient également sujets à conduire et mener l'évèque de Saiot- Vigor à la Cathédrale. Le seigneur de Beaumont tenait la droite ; le seigneur de Saint-Ta^st , la gauche ; te gentilhomme de Saint-Vigor marchait en armçs der-

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rière le prélat, la hallebarde sur Tépaule. L*eûlrée dans la ville épiscopale ne devait avoir lieu que le second jour, et cette imposante cérémonie embrassait une foule de détails, qui se reproduisaient invariablement à chaque prise de possession. L'abbé de Saint- Martin les a décrits avec une exactitude minutieuse, dans sa lettre à M. de Saint-Jeàn. Nous n'avons rien de mieux à faire que de lui céder la parole :

« Le lendemain , dit-il , quinzième jour de mai , ce fut au bruit des cloches et des tambours, qu'on entendait par toute la ville,, qu'un chacun se leva à la pointe du jour pour voir la cérémonie, et que les commu-: nautés de rel^ieux sortirent ée leurs maisons avec leurs croix ; et les prêtres des dix-sept paroisses de la ville et du fauxbourg se rangèrent sous leurs croix et leurs bannières^ S'étant rendus à la Cathédrale, ils en partirent à six heures avec le chapitre , accompagnés des officiers de la ville et de quantité d'honnêtes gens. Il faisait beau voir eûtre les autres le sieur de Longaunay, doyen du chapitre, et le sieur Descrametot, chantre, avec leurs robes d'écarlate, lesquels firent chanter par le chemin , contre la coutume, à cause du jour des Rogations.

« Quand ils furent parvenus au dit prieuré (de Saint-Vigor}, le doyen et les principaux du chapitre, lequel reçoit son évêque a son entrée, l'allèrent trouver en sa chambre , où il avait son surplis et son rochet ; et, après qu'ils lui eurent fait de profondes révérences et quelques civilités, le dit doyen donna la main à Monseigneur, et l'emmena devant le maître autel, où s'étant humilié de corps et d'esprit, et offert

au flls de Dieu par une courte prière , il redonna la main à ce grand prélat, qu'il conduisit à une des chapelles de l'église , où il se fit ôter sa chaussure par le secretin , à qui elle appartient; ce qui a été introduit, à mon avis, à l'exemple de Moïse, qui ôta son soulier afin de parler à Dieu arec plus grand respect. L'on bailla ensuite des sandales à Monsieur ; puis il se revêtit d'une chape de damas blanc , rehaussée d'or, et prit une mitre de même couleur. Alors, le doyen lui présenta sa crosse, qu'il tint entre les mains , assis sous un grand dais de toile d'argent , en un grand siège de pierre de jaspe, que l'antiquité a non-seule-» ment rendue vénérable , mais encore le même Odo , qui l'apporta de Rome , et ordonna que tous les évê-» ques s'y asseoireaient avant que de prendre possession ; ce qui a toujours été pratiqué depuis, et elle ne sert à d'autre usage.

« Monseigneur fut harangué fort éloquemment par le susdit doyen , lequel , pour marque de son respect, demeura debout et tète nue. Monsieur repartit ensuite de si belles et savantes choses , et avec tant de jus-^ tesse^ que tout l'auditoire demeura ravi d'admiration.

« Monseigneur sortant de l'église , le château tira ses oanons, qui annoncèrent au loin la joie que la ville recevait pour l'entrée de son évèque ; et ils por-^ talent non-seulement le très-illustre nom de Nesmond sur la terre, mais encore bien loin sur la mer, qui est voisine de cette ville-là.

« Monseigneur marchait après la procession , précédé d'un ecclésiastique qui portait une aumusse blanche sur son bras , et avait à ses côtés le sieur de

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Choisy , seigneur de Beaumont » et le sieur du Boscr BrunvUle, représentant le sieur d*Étreham, qui soutenaient les deux bouts de sa chape, et deux aumôniers en portaient la queue. Suivait le gentil-homme de Saiot-Yigor» ayant des panaches à son casque ; et des vassaux de T^vêché présentaient de la paille à un gentil-homme, qui est obligé, à cause de son fief, d'en répandre depuis Saint-Vigor jusqu'à Saint*Sauveur, à mesure que Monsieur passe.

a Venait ensuite la justice , la maison de ville et quantité d'honnêtes gens.

« On entendait de tous côtés le carillon des cloches de la Cathédrale, des paroisses et couvents, ainsi que les tambours et les trompettes, qui poussaient à Tenvi leurs harmonies dans les airs ; à quoi répondaient agréablement les bourgeois par leurs mousqueteries, les enseignes déployées, et bordaient les chemins , depuis réglise de Saint-Georges jusqu'à la Cathédrale. »

Au-dessus de la porte par laquelle le cortège devait entrer dans la ville, un immense tableau représentait le pape Grégoire XI (Pierre Roger), doyen de no.tre chapitre en 4350, et Guillaume-Longue-Épée, duc de Normandie, originaire de Bayeux, par sa mère, faisant l'un et Tautre les honneurs de la cité au nouveau prélat : tel était le sens de deux inscriptions latines , composées pour la circonstance par le célèbre Antoine Halley, professeur d'éloquence à l'université de Caen, et placées au bas du tableau.

« Un ^peu plus loin , se présenta le clergé de la paroisse Saint-Sauveur, qui venait au-devant de Mon-

sieur, lequel étant entré dans Téglise de la dite paroisse , les pieds et les mains lui furent lavées , et l'aiguière et le bassin d'argent demeurèrent en propre au chapitre, à cause que la cure est en déport (1 ).

« Enfin, arrivé à laCathédrale, Tévèque s'agenouilla sur un carreau de velours violet, et jura, la main placée sur le livre des Évangiles , de respecter les droits, statuts, coutumes et libertés de l'église de Bayeux ; après quoi , les portes lui furent ouvertes. »

Je passe sous silence la messe pontificale, la réception dont elle fut suivie dans les salons de 1 evèché , l'offrande du chapitre, consistant en douze pains et douze flacons de vin, le diner et les réjouissances. Je renvoie aux pièces justificatives un sonnet improvisé par l'abbé Marcel , curé de Basly, sur « le tonnerre obligeant , dont le bruit officieux ne fit qu'applaudir innocemment au triomphe de Monseigneur. » Il est néanmoins deux épisodes de cette mémorable journée que je ne puis omettre. Non content de s'être fait précéder à Caen et à Bayeux par d'abondantes aumônes , M'^ de Nesmond voulut servir les pauvres en personne le jour même de son arrivée, et il leur distribua la somme de quatre cents livres : c'était ainsi qu'il préludait à ses immenses bienfaits. Après les

(1) L'aiguière et le bassin d'argent qui servaient à cette cérémonie, restaient en propriété au curé de la paroisse; le chapitre s'en empara, en vertu de son droit de déport, parce que la cure était vacante. Lorsque la cure de Saint-Sauveur fut réunie, en 1676, à Saint-Nicolas-des-Gourtils , il fut stipulé que la cérémonie du lavement des pieds aurait lieu désormais dans cette dernière église, et que le droit du sieur curé serait maintenu.

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complies, le ministre protestant vint le complimenter. L'éVèque lui répondit par une allocution aussi chaleureuse que bienveillante, et Texhorta, ainsi que ses coreligionnaires, qui l'accompagnaient en grand nombre, à rentrer dans le sein de rÉglise catholique. Nous Terrons bientôt les efforts qu'il tenta pour un rapprochement si désirable.

Sans se laisser éblouir par la pompe du cérémonial officiel, ni par les hyperboles deTabbé de Saint-Martin, on doit reconnaître qu'il y eut, dans la réception faite à M^ de Nesmond, un empressement véritable. Jamais élection ne fut accueillie par l'opinion publique plus favorablement que ne l'avait été la sienne; et, quoique une grande renommée soit ordinairement un lourd fardeau, il est vrai de dire que le jeune prélat réalisa toutes les espérances qu'il avait fait naître.

Cependant M^' de Nesmond n'était point ce qu'on appelait alors à la cour un prélat distingué. On y souriait parfois de sa simplicité, de sa bonhomie , quin'était pas exempte de rudesse ; mais, à la cour comme dans son diocèse , on admirait en lui une instruc-^ tion solide, un zèle infatigable, une héroïque charité, une patiente énergie, qui ne se démentit jamais, pendant un règne de cinquante-trois ans; enfin, un rare discernement dans le choix des hommes auxquels il accordait sa confiance.

Son humilité était trop éclairée; il comprenait tropbien la grandeur de sa tâche, pour dédaigner les lumières d*autrui, et la Providence, qui bénit surtout la pureté de nos intentions, sembla lui désigner ellemême les hommes remar(|iiables qu'il devait associer

Set qualités penonnellcs.

Caractère

de son

administrtUoo.

à Texécution de ses projets. Le premier auquel il voulut demander des conseils, fut le bon abbé Ratier, son ancien précepteur.

Jean Ratier, docteur ès-^roits , originaire d'Agen , fut successivement promoteur aux officialités de Caen et de Bayeux, grand-couteur et trésorier de la Cathédrale en 1687. C'était un prêtre d*une éminente piété» et qui pratiqua toute sa vie, avec une grande édification, la charité, dont il avait inspiré l'amour à son élève. Comme lui , il ne préleva jamais sur le revenu de ses bénéfices que le strict nécessaire ; le reste s'écoulait en bonnes œuvres. Il prit une part très-active k toutes celles qui honorent Tépiscopat de M^ de Nes^ mond ; mais , pour tout le reste , il était plus propre à l'éclairer par ses conseils qu'à lui prêter un concours énergique, dans la lutte que celui-ci se préparait a soutenir; ce rôle était réservé à M. Petite.

Jean Petite, né à Melun en 4649, était, en 4650, avocat au parlement de Paris. A la mort de sa femme, il quitta le monde pour embrasser l'état ecclésiastique. En 4658, il se retira au séminaire de Saint-Nicolas, et s'y lia d'amitié avec l'abbé de Nesmond, qui eut bientôt apprécié son rare mérite. Le 29 mai 4662, il était installé à Bayeux en qualité d'ofiicial. Savant laborieux et modeste, magistrat éclairé, inflexible par caractère aussi bien que par devoir, il verra bientôt, sans pâlir, une effroyable tempête se déchaîner contre lui , et il ne mettra bas les armes qu'après avoir vaincu le désordre et écrasé la calomnie.

Mais, pour ramener à l'unité la partie de son troupeau qui avait embrassé ce qu'on appelait alors la reli-

gioD prétendue réformée , il ne suffisait pas à M"' de Pfesmond de corriger les abus qui avaient servi de prétexte à la division. Il fallait qu'il pût mettre aux prises avec les dissidents, parmi lesquels on comptait d'babiles théologiens, un orateur infatigable, toujours prêt à la controverse ; un homme d*un caractère élevé, d'un esprit conciliant, d'un commerce agréable,, qui sût mériter l'estime de ses adversaires par sa modération , et les convaincre sans jamais les aigrir. Cet homme, W de Nesmond eut le bonheur de le rencontrer dans M. Hue de Launey, Né à Coutances en 4638, l'abbé de Launey avait suivi les cours de la Sorbonne, qui lui conféra, en 4666, le grade de docteur. U s'était fait connaître à Rouen, à Gaen, à Évreux, par d'éloquentes pr^ications ; il avait même prêché avec le P. Eudes une mission à la cour, lorsque M"* de Nesmond l'attacha au diocèse de Bayeux, en lui donnant la cure de Notre-Dame de Gaen, vers, 4666. U le nomma vicaire-général en 4674, et le. pourvut d'une prébende. En 4680, il le fit grand pénitencier et archidiacre de Gaen. Nous l'y retrouverons à cette époque, signifiant au consistoire l'avertissement, pastoral du clergé de France, et nous aurons à parler des nombreuses conversions qui furent le fruit de son zèle, mais surtout de sa charité.

Ce fut le 4 5 mai , avons-nous dit , que M^ de Nés- syoodM. mond prit possession du siège de saint Exupère, et, le 24 du même mois, il avait déjà convoqué le synode, dont la célébration annuelle fut fixée au mercredi de la première semaine après Pâques. Les statuts qu'il publia dans ces réunions, ont été imprimés par Her-

M HISTaiRE DU DIOCÈSE

manl, à la fin de son histoire. Ils traitent de la modestie cléricale , de la résidence , de la prédication , de Tadininistration des sacrements , des fondations, des solennités religieuses , de la sanctification du dimanche, des cimetières, des écoles, des conférences et des retraites ecclésiastiques. La différence des temps et des mœurs, la situation nouvelle que les lois de l'État ont faite au clergé, sous l'empire du concordat qui régit actuellement l'église de France , n'ont pas permis à NN. SS. les évèques d'adopter sans modification ces statuts vénérables. On peut dire cependant qu'ils subsistent encore aujourd'hui , au moins dans leurs dispositions essentielles. Plusieurs ont été reproduits textuellement en 4852, à l'occasion du dernier syipde. L'esprit qui les avait inspirés, souffle toujours au milieu de nous.

caiendet. Indépendamment du synode général, il y avait annuellement, dans chaque doyenné, une assemblée du clergé appelée calendes , parce^ qu'elle se tenait au commencement du mois , et à laquelle présidait l'évèque ou son grand-vicaire. D'après le cérémonial imprimé en 4677, voici quels étaient le but et la forme de ces assemblées : « Le doyen ayant pris séance proche de M. l'évèque , le secrétaire fait l'appel des curés, qui viennent, selon l'ordre de leur appel, faire inclination à M. l'évèque, et répondent à ce qu'il leur demande, leur faisant les défenses, ordonnances, admonitions ou exhortations qu'il advisera bien; et le secrétaire marquera dans un cahier toutes les ordonnances et défenses qui auront été faites. »

Visites. Il ne faut pas confondre les calendes, auxquelles

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le clergé seul était appelé, avec la fisite de l'église paroissiale, faite tantôt par l'évèque, tantôt par Tarchidiacre. La visite était annoncée par un mandement que l'on publiait au prône ; on y convoquait les trésoriers, les maîtres des confréries et généralement toute la population. La visite avait pour objet de constater l'état du tabernacle , du baptistère , des ornements, tableaux, images, épitaphes, etc.; de vérifier les comptes du trésor, les registres de baptême et de mariage ; les lettres d'érection et les statuts des confréries. Les maîtres et les maîtresses d'école, ainsi que les sages-femmes , comparaissaient à leur tour ; les scandales et les désordres de la paroisse étaient signalés, et soumis à une répression sévère. On comprend quelle était l'importance d'une pareille enquête, destinée a servir de base aux travaux du synode. M^ de Nesmond y soumit constamment toutes les cures de son diocèse , celles même qui appartenaient aux ordres religieux, et prétendaient, en cette qualité, se soustraire à la juridiction épiscopale.

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