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CHAPITRE XX

Eudistes. — Lazaristes. — Visitation. — Charité de Caen. — Ursulines de Bayeux. — Ursulines de Caen.— Bénédictines de Caen. — Bon-Sauveur.

Eodisies. Chargés de ia direction do séminaire de Caen, les Endistes ne fléchirent jamais sur la doctrine, et s*ils ne furent pas, comme les Jésuites, interdits de lenrs fonctions, Tautorité leur lit sentir son mécontentement par un violent abus de pouvoir.

M. de Matignon, d*abord chanoine de Bayeux, et qui, en 167 f, avait succédé à Bossuet sur le siège de Condom, venait de fonder au séminaire de Caen, en 4 702, trente-trois bourses en Fhonneur des trentetrois années que Jésus-Christ a passées sur la terre. Les Eudistes se virent dépouillés de cette importante fondation, sur laquelle nous reviendrons plus tard;

elle fut transférée aux Lazaristes de Bayeux. Nous Laurâtes. ignorons quelles étaient les dispositions de cette communauté ; mais Tabbé Beziers nous apprend que son supérieur, M. Hamon, était un « ennemi dédaré de la bulle. » Il eut avec les religieuses de THÔtel- Dieu de fréquents démêlés, pendant lesquels la Sœur Saint-Augustin se fit remarquer par la vivacité de ses attaques. En 4726, elle accusa Tun des Pères de la Mission d'avoir nié la présence réelle, et les autres « d*adorer Dieu à tout hasard. »

Le pape Benoit XIII avait adressé aux Jacobins, le 6 novembre 4724, un bref dans lequel il les exhortait à persévérer dans la doctrine de saint Augustin et de saint Thomas sur la grâce e£Qcace. Les appelants s*en prévalurent: ils firent imprimer le bref en latin et en français, « sur une feuille volante de quatre pages, avec de petites notes. » Ces notes étaient composées par M. Le Roux, prêtre Lazariste, supérieur d'un des séminaires dirigés par ses collègues, probablement celui de la DéliVrande. On lui opposa un mémoire de vingt-quatre pages, intitulé: « Réflexiom $ur le bref de notre saint Père le pape Benoit XIII du 6 novembre 4724. »

Le monastère de la Visitation fut d'abord fondé à visiuuon. Dol, en 4627, du vivant de sainte Chantai, par six religieuses professes du monastère de Paris. La mort de Tévêque de Dol, qui les avait appelées dans son diocèse, l'air malsain de celte petite ville, le peu de ressources qu'elle leur offrait , les déterminèrent à la quitter. Par l'ordre de sainte Chantai, la mère Chahu vint à Caen en 4634, accompagnée de onze

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religieuses; elle s'établit d'abord dans la rue Saint- Jean, et acheta Tannée suivante, au Bourg-rAbbé, une maison considérable; les lettres - patentes qui Tautorisent, sont du mois d'août 4633. Vers Tan 4636, la mère Marie-Elisabeth de Haupeou, fille du président, commença les nouvelles constructions à l'usage de la communauté. L'église, bâtie par Guillaume Brodon, fut consacrée par H^ de Nesmond le 8 avril 4668. Dès cette époque, le nombre des religieuses s'élevait à plus de soixante, et l'on comptait parmi elles des filles nobles, appartenant aux premières familles.

Sous l'administration de H^ de Nesmond , quelques-unes avaient pris du goût pour ce que l'on appelait alors les opinions nouvelles. Après sa mort, elles devinrent beaucoup plus entreprenantes, surtout quand H'' de Lorraine eut levé la défense qui interdisait aux Jansénistes le parloir des communautés. En 1749, abusant de la surdité et de la vieillesse de H. de Launey-Hue, elles firent proclamer supérieure, par leur confesseur l'abbé de Surville , la Sœur des Charmettes, du monastère d'Annecy, bien qu'elle n'eût obtenu que le tiers des suffrages. L'élection des Sœurs dyscoles (4] ayant été annulée par le roi, la Mère d'Epinay, belle-sœur de M. de Brionne, fut canoniquement élue ; mais, loin de paraître satisfait de ce résultat (2), M^ de Lorraine n'en mit que

(1) C'est le nom que l'on donnait aux Sœurs qui préféraient l'opinion des hérétiques à l'enseignement de l'Église.

(2) M. de Brionne était frère de M«' de Lorraine.

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pkis d*ardâur à loarmeiiler le moMStère. Il déposa M. de LauDey-HQ6» défendit même qa'on le reçût à la grille , et donna ses pouvoirs aa Père Jahouéi , abbé de Mondiyer En vain loi fsAjl représenté qm les règles de la Visitation défendaîeAt. expressément de eonfier la charge de sapérienr à un membre du clergé régulier ; Fabbé Jahouel était appelant : c'était une raison pour que le pi^lat restât inflexible. Où ne sait à quel sentimenf éùvAr^son ccsur, quand on lit, dans les registres de la communaitté« les cruelles vexations qu*il imposait à ces samtes filles. Tantôt il iaisait élire pour assistabtes des Scrars de son choix ; tantôt il donnait les fonctioBS de portières et de surveillantes aut Sœurs dyscoles; aux fêtes solennelles » il désignait des prédicateurs qui osaimt associer à la parole de Dieu des invectives contre la foi de rÉ^^e; enfin; il ôtait à la communauté la liberté de conscience^ en lui imposant pour confesseur ce même abbé dé Surville, qui Tavait si indignement trompée.

A la fin du triennal de la Hère d'Epinay, l-évèque l'exclut des suffrages, 4r par voie de pénitence : » c'était exclure toutes les Sœurs orthodoxes ; puis il désigna la Sœur Matignon de Thorigriy à Télection de la OMumlnaùté. Dans cette grave cirCcnstance , tous les monastères de la Visitation forent consultés ; et tk)us ebgagèrent les Sctors de Caen'à procéder suivant les règles à Télection d'une snpériedre. On adressa d'abord au prélat des sommations respectueuses; ensuite on eut recours, à l'antérité do métropolitain, et la Hère d'£pinay obtint les suffrages. Ici commen-

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cent, pour la supérieure cânoniquement élue et pour ies Sœurs orthodoxes:, une suite de vexations et d'épreuves-, pendant lesquelles Vévèque s^emporta eontre elles jusqu'aux injures , sans jamais lasser leur patience. Après avoir défendu à la communauté de receivoir> des pensionnaires et des novices, il lut défendit, le 26 septembre 4725, de procéder an remplacement de la Mère d*Épinay. 11 fallut qu^une sentence de Tofficialité métropolitaine pourvût à Téleotion. Le roi nomma commissaire l'abbé de Grainville, chanoine de Bayeux, et la Sœur Henriette de Haroourt fut élue. En vain s'empressa-t-olle de rendre ses devoirs au prélat : il fit répondre de Paris qu'il ne pouvait la reconnaître, et appela comme d'abus de son élection devant le parlement ; mais le roi défendit qu'on s'y occupât de l'afiEftire jusqu'à ce qu'on lui en eût rendu compte.

Cependant la cause de la Hère d'Épinay, que les délais des officiers de l'évèque avaient fait traîner en longueur, fut jugée devant l'officialité métropolitaine : on lut et l'on admira publiquement au parquet ' l'esprit et la sagesse de ses réponses ; l'official la rétablit dans tous ses droits, et condamna ses adversaires aux dépens.

La santé de M*' de Lorraine était devenue mauvaise ; ses soufErances augmentaient de jour en jour. Aussi, lorsque la Mère de Harcourt écrivit à M. Pescbard pour le prier de désigner un commissaire qui reçût sa dépontian, celui-ci la pria de différer jusqu'après la mort de l'évèque. L'élection fut ajournée à six semaines , et, pendant cet intervalle , M^ de

Lorraine mourut à Paris. Aussitôt la Mère de Hareourt déposa la supériorité entre les mains de N. de GrainyiUe, Tun des vicaires -généraux capitnlaîres ; cinq jours api^ës, elle fut réélue. Les Scrars dyscoles assistaient à l'élection.

Ce fut le 22 décembre 1650 que M. Le Bôui de charité decen. Langrie, président an parlement* se déclara fondateur du couvent de la Cbarité de Caen , à la prière du F. Eudes ; mais on n*obtint Tautorisation de M^ Mole que le 8 février 4654. Les religieuses pour lesquelles ce monastère fut institué, outre. les TOBm ordinaires, s'engagent par m v(bu fspémi à recevoir les filles ou femmes de mauvaise vie qui veulent renoncer à leurs désordres. Dès Tan 4641. le P. Eudes, secondé par M. de Bernières, M. et M*' Blouet de Camilly (1), en avait mis un certain nombre sous la conduite de quelques femmes pieuses; celles-ci, pour les motifs que nous avons indi^ t|ués (3), cédèrent la place trois ans plus tard aux religieuses de la Visitation. Sou$ la direction des religieuses et avec leur concours, il se form^ une congrégation spéciale, destinée à la conduite des femmes qui désiraient faire pénitence de leurs désor> dres; ce fut alors que cette maison, instituée sous le: titre de Notre-Dame-de-Refuge , y substitua celui de Notre-Dame-de-la-Charité. Le P. Eudes avait obtenu, dès l'année 4642, les lettres-patentes qui autorisaient le nouvel institut ; ces lettres, étant sur-

(1) Voir les Pièces jusUfioaiîves, page 30. {^) Gouyeût de la Chanté, à Bayeux, p. 206.

années, forent remplacées par Gaufres, an mois «te déeembre f6l7: to fomialîon de M. de Langrie leur est donc postérieuFe. Enfo, le partement d^ RoaeA vérifia ees teMîes^ m 166», et, en 166ft, le pape Alexandre VII accorda la bulle de eonfirmatîmi* La même année, le nouvel ^établissement fat apprravé par IP^ dé Kesmond. Le bon éivèque voulut loi-même apporter à la eomminauté la 6ulle do saint PèiB, et ootifirmer les voeux de foutes les religieuses qui àvsdeiii feit profession avant cetb époqu» (f }% Bn 4€^3^ deux d*^itre elles furent envoyées à BajDux potir ai^Bumr ta fbndafioh du monastère de la tiiaiW, diônt les eottfmencements élaiebt difficiles; rites y restèrent jusqu'en 4676; d'autres pâirtirent pour la Bretagne', oh leur instittit (mnpta bientôt trois maiisons'.

' Les annales de la communauté , auxquelles' b^us empruntons ces détails, s'élendeM longuement sur les bienfaftir de H^ de Nesmond; nM» tes passms sotts siilence, car nous aurions à répéter ce que^nons aVons^ dit ailleurs. H n'en est p^ de mSm& deV^de Lorraine ; sa modération etivers là GhaPité d& Caen forme dans sa' conduite un contras^ qii^iliiiiporce de connaître.

Avatrt soit arrivée dans le diboèse, K^ de Lérraine avait été' prévenu par lès appéllantb contt'^lê mona»-

(1) « Monseigneur se chargea de recevoir à l'évêché les parents des Sœurs nouvellement professes, ainsi que les amis de la maison; dans cette occasion, il traita plus de miiqttante personnes. » (jtmmUf moMucrUeê dt fo CkmritéJ)

JME BiYEUX. 3i5

tare de la Charité. Le fiipéneur des reiigieum ajaAt résigné aei pouvoirs atâiit Texpir^^ou du débi IBxé par révoque, la Mère sopérieure demaada shi prélat de vouloir bien dés^oer MM. Balley» finères, pour coofesaer, Tun. les religieuses « l'autre , les pé^i-* teules; le prélat répoudii par un refus* VjLfiUctiou de la wmmwmté lut profonde; elle eut recours aux pri^s et auK bopoes œuvres,; po^r obtenir qp^ Die« la préservât des maw affreux que sou^aieut d*aulres monastères , victimes de leur dévouennent à la même cause* L'époque des élections approchait; la communauté, se trouvant privée de super rieur par la démission de M. de Pibron, pria Monseigoeor de vouloir bien y pourvoir. Monseigneur donna le choix entre dieux prêtres, qui ne cooveqaient m Fur ni l'autre* Alors, on résolut de demander ii Monseigneur M. Peschard , son grand -vicaire de confiance* « On le savût être dans les mèmea sentiments que le prélat» aussi bien que ceux qu'on refusait; mais on espérait que cette préférence ferait plaiaîr à Monseigneur, et nous le rendrait plus favorable ; la suite fit voir qu'on ne s*était pi^ trompé. » D*abord la demande fut octroyée fort gracieusement, et celte conduite des religieuses changea tout-à-coup les dispositions de M'' de Lorraine; car il accorda de lui-même, sans qu'on fit de nouvelles instances, MM. Halley pour confesseurs. Encouragées par ce premier succès, les religieuses osèrent prier Tévèque de présider lui-mtaie à Télection. L'évèque accepta. « Quoiqu'il ne fût pas à cette époque dans les seniâments du saint Père, il était, dit le mémoire,

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notre pastear légitime, et nous aimions mieux encore avoir affaire à lui qu'à H. Peschard. > Le jour de l-élecfion, il témoigna la satisraction que lai causait l'union de la communauté, assura la supérieure noo- Yellement élue de sa protection ; ses manières gracieuses et affables inspirèrent aux religieuses qu*il visitait , le dési^ de l'avoir pour supérieur, et elles lui en firent la demande ; il y souscrivit avec empressement, malgré les représentations de M. Peschard, et ce point fut regardé comme le plus grand avantage auquel la maison pût aspirer, a La suite le prouva bien, par tout ce qu'eurent a souffrir les autres communautés du diocèse, de la part de leur^ supérieurs. Ceux-ci, en effet, étaient loin d'avoir l'esprit de douceur et de bonté naturelle dont M'' de Lorraine était pourvu, quoique Sa Grandeur partageât leurs sentiments par rapport au jansénisme. Depuis ce temps. Sa Grandeur disait hautement qu'il nous aimait bien, quoique nous ne fussions pas de son parti, parce que la paix régnait chez nous, et que toutes étaient unanimes dans leurs sentiments. » Il fit plus, il accorda pour confesseurs extraordinaires deux saints ecclésiastiques, « chose qu'on n'osait presque pas espérer, d'après tout ce qui se passait dans le diocèse, pour ceux des messieurs prêtres quon connaissait pour orthodoxes. » En 1723, à la fin du premier triennal de la Mère Marie de Sainte- Catherine (Blouet de Camilly), W de Lorraine vînt présider l'élection; il consentit, sur l'avis de la Mère supérieure, à faire la déposition en dehors de la clôture , et, cinq jours après , il reçut les suffrages

à la griOe. Il assura de non veau da toute sa,bien>r YeîllaDce et de sa protection la Mère Marie de Saintes Ca&eriDe, qui venait d*ôtre réélue, lui accorda « ud eoufesseur orthodoxe pour les péniteutes , et piu^ sieurs autres grâces qui lui furent demandées. »

Si nous comparions la conduite du prélat envers la Charité de Caen à celle qui troubla si long^temps la paix de la Visitation, les réflexions se présente^ raient en foule« Mous nous bornerons à demander pourquoi les prêtres orthodoxes, admis dans l'une à exercer les fonctions de leur ministère, ne pouvaient être tolérés dans l'autre. Cette conduite de M^ de Lorraine ne prouve pas qu'il eût des convictions bien arrêtées sur la doctrine à laquelle il sacrifia son repos, la faveur du roi, l'assentiment de presque tous ses collègues, l'approbation du chef de rÉglisè.

Nous le retrouvons chez les Ursulines de Bayeux umuiine^ en 1725, nommant supérieure la Sœur Marie de ''''"'^"- Sainte - Claire , précédemment assistante ; les jeli*gieoses vocales avaient cédé pour cette fois seulcr ment leur droit d'élection. Quelque temps après, la supérieure déclare au chapitre des vocales que, Son Altesse ayant réclamé le droit d'élire un supérieur, elle leur propose les trois personnes sur lesquelles était tombé le choix des di$crète$: M.d'Amayé, grand pénitencier; H. Le Vaillant, chanoine du Locheur, et le révérend P. Le Sage, ex-provincial des Augustins. On demande à la pluralité des voix que l'on ajoute à ces noms celui de M. de Creully, supérieur du séminaire de Caen. Il était impossible à la communauté de proposer un candidat plus honorable.

Ursalinea de C«en.

di*CaM.

Enfin, dans un chapitre du 40 juin 1725, la supé^ rieure représente le besoin que roa a dun confesseur pour réunir les cœurs et ramener la psâx ; mais la inajorité décide « qu*il faut prendre du temps pour n*ètre pas trompé. » Ce peu de roots prouve Tinsistance avec laquelle Thérésie convoitait les monastères , dont une respectueuse fermeté élo^[nait lé péril et maintenait les droits.

Il y a deux époques a distinguer dans lliistoire des Ursulines de Caen, par rapport au jansénisme. Eq 4657, s'étant aperçues que les partisans de Thérésie cberehaîent à pénétrer auprès d^elles , elles avaient résolu de se soustraire à ces visites , auxquelles on associait toujours une périlleuse direction. Elles avaient a^ussi décidé qu'elles ne permettraient à aucun prêtre soupçonné de jansénisme de célébrer la messe dans leur église. Ce fut à cette occasion qu'elles refusèrent des ornements au sieur Dufonr, abbé d'Aunaijr, qui, après avoir inutilement employé les prières et les menaces, envoya chercher en ville les choses nécess^res à la célébration du saint sacrifice. Plus tard, les Ursulines, s'étant laissé séduire, reçurent une des premières visites de Mf de Luynes, qui les di rentrer dans la soumission.

On lit dans les s^chives des Bénédictines de Caen : « En Tannée 4734 , lorsque le diocèse était apparemment infecté de jansénisme, on fit Timpossible pour séduirQ nos Mères, jusqu'à vouloir introduire dans la communauté des confesseurs suspects, pour remplacer les orthodoxes qu'on leur avait enlevés. Elles ont prouvé beaucoup de combats à ce sujet, même

de la part de personnes consîdéraUes à'vilkion. B a blin toute la sagesse et la fermeté de la révérewie Mère prieure Hostie du Saiot-Saereiqest, pour tnlerdire Teotrée des parloirs aux Jaiiséaistes : ce qui lui attira l'indignatien des elieis du parti. On alla jusqu'à la déposer, sans aucune priojsédm jurîdirque. Mms, ce qui fait Tétoge de kt eoaiiauaautéi quiétait alors nooibrense, c*est runanianté des sentes laents : car toutes les religieuses s'opposèrent de vîfie Toix et d'action à cet injuste procédé. Les perséci»*tions ont duré plusieurs années, y^

On sait que saint Prançoîs de Sales se plaignait ma/t-uweur. d*ètre le parrain plutôt que le père de sa eoflitb»^^ aauté, et que sa première pensée avait été de fonder un étabfissement qui eût pour but de vi$tter les* malades et les pauvres. Ce que n'avait pu faire le saint éTèque de Genève, la Providence le réservait, parmi nous, à une pieuse fille nommée Anne Leroj, née à Caen, en 1694 . Le Bon-Sauveur de Sainte Lô venait d'être fondé en 4742 par M"^ de Surville» assistée de trois autres compagnes, « pour Tinstruction de la jeunesse et le soulagement des pauvres malades », lorsqu'Aone Leroy s'y présenta. Fille d'un marchand tourneur de la rue Saint-Jean, elle était depuis plusieurs années attachée aux Ursulines de cette ville, en qualité de Sœur tourière ; mais, l'hérésie de Jansénius s'étant introduite dans cette communauté, Anne Leroy craignit la contagion, et alla se présenter à Saint-Lô, chez les filles du Bon-Sauveur. Quoiqu'elle y fût entrée avec l'attrait le plus vif pour la vie religieuse, et en particulier pour les œuvres

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anxqudtes se daosàe^ait le couveot (}u*edle avs^I dmsi, le dégoût et reanui altérèrent bientôt sa santé. Ce fut alors que M"* Le Couvreur de la Fontaine.» qui avait partagé ses modestes fonctions, aux Ursu- Unes de Càen, la raoïena dans sa ville natale : c'était là que Dieu raq>pelait à une nouvelle fondation. Anne Leroy n*avait pour toute fortune qu'une somme de doum crate Iranes ; sa compagne possédait aussi fort peu de ohose; mais, comptant Fune et l'autre sur le secours de Dieu, elles loueixt une maison dans la .paroisse de VauceUes ,. rue du Foutr, et s'y étajblissenjt an mois de juin 47|M) (4)^ files commencent par instruire tes jeunes fiUes ; elles vont à domicîie visi^ ter les pauvres, et soigner les malades ; h oopfiance qu!el)es inspirent j attire à elles quatre autres jeunp^ persQnJ>€fi. Enfin» en |728, Ann^ Leroy obtient de H. Fabbé de CreuUy, supérieur du séminaire de Caçn, qu'il se charge de diriger la communauté naissante. Cette élection ne fut confirmée qu'en 4730, après l'arrivée de M'^ de Luynes.

Ce fut le 20 décembre 4729, que le prélat vint bénir la pauvre chapelle de l'établissement; plus tard, il japprouva l'élection d'Anne Leroy, choisie pour première supérieure, le 4^' juillet 4732, Le premier soin de cette sainte fille avait été de trans*-

(1) M. Vautier, que nous avons suivi dans Vlntroduetion , reporte la fondation du Bon-Sanveur à rannée 1731. Cest aussi la date indiquée dans le pouiilé de M. Delamare. Les chiffres que nous donnons ici, nous ont été fournis par M. Tabbé Youf, supérieur de la communauté, d'après le ré^ gistre des recottes et des dépenses.

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porter sod établissement de la rue du Four dans la rue d*Aug6, sur un terrain plus étendu; ce fut alors que V de Luynes fut supplié de donner à la maison naissante une règle et des constitutions. D*accord avec la fondatrice, il fit quelques chugemeats à. celles de Saint-Lô, et les approuva pour Caen te 88 juillet 4735.

L'administration de M^ de Luynes fut pour la communauté une époque de lutte et de triomphe» pendant laquelle elle eut à vaincre les plus sérieuses oppositions. Dès Tannée 4733, sur la demande de M. Laîr, lieutenant de p<^ce à Caen, révoque avait prié le roi d'autoriser les Sœurs à se charger des « filles et femmes débauchées. » Il n'obtint les lettres-patentes que le 46 septembre 4734^ et celles-ci ne furent enregistrées au parlement que le 4 7 mars 4754. Durant cet intervalle, il eut à lutter contre le lieutenant de police, qui voulait séculariser le nouvel institut; contre les curés et les communautés de Caen, qui déclaraient le nombre des établissements religieux déjà trop considérable, eu égard aux ressources dont ils pouvaient disposer ; enfin, contre le maire et les échevins, qui prétendaient qu'une nouvelle congrégation serait une charge pour la cité* Les réclamations des opposants échouèrent devant les instances et la fermeté du prélat. Les lettrespatentes du roi désignent le soin des filles et femmes débauchées comme l'œuyre principale de la communauté, et, en effet, jusqu'en 4848, ce fut l'œuvre spécialement énoncée dans la formule des vœu$. Nous avons indiqué [p. xlix] la différence qui exis-

tait sur ce point entre le Bon-Sauveur et la Charité. Ce fut alors que les religieuses de Caen prirent pour la première fois le nom de t Filles du Bon-Sauveur. » Jusque-là, leur maison avak été connue sous le titre « d*Assoeiatîon de Marie. » M. Delamare l'appelle aussi « le Petit-Couvent. »

Cependant la Hère Leroy travaillait à multiplier les atijets sur lesquels devait s'ex^cer la charité des Sœups. L'école qu'elle avait établie pour les enfents du quartier, devenait fort nombreuse ; plusieurs maîtresses étaient employées à les instruire ; deux classes ouvertes dans l'intérieur furent des*- Hnées , Tune , aux enfants de famille que leurs parents mettaient en pen^on ; Tautre « aux jeunes ftlles qui avaient surtout besoin de leur travail. Enfin, il j avait, parmi les religieuses, celles que Ton appelait a les visiteuses des pauvres. > Cellesci ne se bornaient pas h visiter les pauvres de la viHe, elles les recevaient avec ceux de la c-ampagne, les saignaient en cas de prescription , et leur administraient gratuitement les médicaments exigés par leurs maladies ou ordonnés par les médecins.

Le traitement des femmes aliénées commença en 4785, & Caen. Auparavant, les victimes de cette affreuse maladie, renfermées au sein de leurs familles ou entassées dans des basses fosses, les unes à Bicètre, les autres à la tour aux Fous (1), étaient enchaînées aux murs de leurs cachots. Le Bon -Sauveur leur

(1) La tour aux Fous était située entre la maison d'arrêt et celle qui servait autrefois de caserne pour la cavalerie. Elle a été démoUe à Tépoque où le palais de justice fût construit.

ouvrit sa porte; mais le nombre de celles que l'on put y recevoir jusqu'à la révolution, ne dépassa jamais vingt-cinq. A cette époque, les femmes seules y étaient admises.

Le Bon- Sauveur de Caen, formé sur le modèle de celui de Saint-LÔ, ne lui doit donc pas son origine; il lui est seulement uni par le nom, la conformité de ses œuvres et la société des biens spirituels qui s'est établie entre les deux maisons. La correction des filles et fenmies débauchées , attribuée à celle de Caen , est particulière à cet institut.

Les religieuses du Bon-Sauveur ajoutent aux trois vœux ordinaires la profession spéciale d'assister le prochain; mais, pour ne pas effrayer les consciences, on n'a point élevé au rang d'un quatrième vœu l'obligation qu'elles s'imposent. Leurs vœux sont simples, mais perpétuels. L'évèque diocésain a le droit de les en relever, à l'exception du vœu de chasteté, qui est réservé au souverain pontife.

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