XLV. — PAGE
Ven oompMèa par G. Maioel, ouré de Basiy, et prétentét à Hgr oe nefmoiio' aemc heurei eprae le eévémonie
de toai iaftteUetion.
« Sur les tonnerres du m^iin de son eiUrée , dont le jbruit o/licieux ne fit qu'applaudir innocemment à la pompe de son triomphe, *
( SONNET in pràmptu.)
Enfin elle paraît Vaiibe de ce beau jour Qui remplit de nos vœux Tattente glorieuse, Et nous offre la vue aimable et précieuse JDu prélat que le ciel nous donne en son amour.
Sus donc apprêtez-vous à lui faire la cour, Tambours , fifres , clairons , milice ofilcieuse » Et que de cent concerts la voix harmonieuse L'amène triomphant dans cet heureux séjour.
Mais quoi? Tair est tout triste, et la nature en pleurs, Au lieu de sous ses pieds faire naître les fleurs. Semble dans cette joie ou chagrine on malade?
Mais non( comprenons mieux ce tonnerre obligeant , Et disons que le ciel, par ce tambour battant, Ne prétend que Thonneur de la première aubade.
XLVl.— PA0E15.
Sémiaeîre de Geea. — MoiiaBtère de le Chenté.
Nous devons à Tobligeance de M. le vicomte L. d'Osseville ia
FliCXS JUSTIFICATIY&S. 3*1
pièce suivante, dont il nous garantit la parfaite authenticité: « Au non de Nostre Seigneur Jésus Christ et de sa très divine mère.
« Je Anqe Le Haguays, veuve de feu Jacques Blouet sieur de Camilly mon très cher et très honoré mari, désclare par set eacrit que je désire fere en forme de testament que qaand il plerm à Dieu mapeler a luy, je le suplie de ma fere miséricorde, je lui donne mon &me, je suplie la très sacrée Vierje de ' la luy présenter et tout se qui mapartient. Je donne mon cœur ' à mais bômé lears les religieuses de Nostre-Dame de la Charité qui me kmt demandé avec, grande instanse et amitié me foi-' saut la grasèe de me regarder comme leur fondatrisse avec fea Madame de Langrie, et je désire que mon cors, soit innumé . dans réglise des prettreus rot8siottnère$ de la congrégation du Cœur adorable de Jésus et Marte tant parse qu'il a plu a Nostre Seigneur me donner une dévotion particulière au très adorable Cœur de Jésus et Marie a Thonnenr desquels la dite esglise doitestre consacrée, et d'autant que lés dits prestres missionnères nous ont tousiours regardés feu Monsieur, de Camilli mon très cher mari et moy comme leurs fondateurs après feu Monsieur de Than :mon neveu prestre raissionnère de la dite oongtégation, et que je set que feu Monsieur dé Camilli aurait» vouUu pamiilemeat choisir sa sépufture dans la dite esglise si ^ lors de son de^sais elle eûst esté en lestât ou elle est mainte-, nant, veu spesiallement qu'il avait se droit ayant la calité de' fondateur, se qui me fet espérer que quelques uns de mes: enfans vousdront semblablement estre enterrés dans la dite esglise. Maisipioy que sen soit, je désire y avoir masépul-» ture. J'ay cru qu'il estaitbon que quelqu'un desnostres prenne, posession de se droit que le bon Dieu nous a donné, enfin sest issi ma .dernière volonté à la quelle je prie mais enfans' de ni aporter point denpeschement aucun mais de l'èxsècuter fidellement et sans nulle seremonie. Fet à Caen se samedi» catorse daoust veille de. la feste de la glorieuse Asomption do: la divine mère de Dieu mil sis sens soissante et disset.
« Anne Lb Hagcaits. »
32 fik^ts icsTiFicATtvei.
XLVH. - PAGE 21.
Avènement de Louîs XIV^ BeUîlle de Booroî.
Extrait du discours prononcé par Gilles Buhot dans l'église Cathédrale de Bayeux, lo 15 juin 1643, à l'occasion du joyeux ayènement de Louis XIV et de la bataille de Rocroi.
«Nos ennemis qui sçauent que la France est inuincibleik toutes autres armes qu'aux siennes, et qu'elle ne se peut déstniîre que par ses propres diuisions , s'imaginèrent que nostre grand Lovls le iuste estant mort, toutes choses estaient tombées dans la confusion , ou si elles n'y estaient entièrement • qu'il leur serait facile d'acheuer de les y porter par la moindre terreur. Us pensèrent que la discorde se jetteroit entre nos princes, que les dissensions s'élèueroient entre les grands, que le trouhk) saisiroit la milice . l'espouuante les peuples, el qufainsi il ne leur serolt pas tant besoin de combattre la France, comme de luy prester la main afin d'auancer sa ruine. Mais ifo n'avoient pas veu ni les cœurs de nos princes, qui en îgnoroient l'union, ni ceux de tous les bons François, qui les croyoient si peu affectionnés envers leur roy, et surtout ils n'auoient pas considéré ni la prudence et. la piété de nostre grande reyne, qui la rendent aimable à tous ses fidelles scgets, ni la protection singulière que Dieu a tousiours prise de cette monarchie. Ils se préparent donc sur ces folles imaginations à> en venir aux mains, présentent la bataille, et au lieu qu'ils, pensent trouuer des soldats effrayez, trouuent des hommes' inuincibles qui les taillent en pièces, et qui en font Une si horfiUe boucherie, qu'elle a osté à leur nation, non-seulement la hardiesse de nous attaquer, mais le pouuoir de se deffendre. Or à quelle main particulièrement attribueronsnous cette grande victoire, laquelle, si on avait égard à la multitude des hommes, estoit deuë à nos ennemis? Car cette, question mérite qu'on l'agite, afin qu*on juge par la cause,
que ce n'est pas tant !un bonheur iqnè nous avons reçeu, qu'un présage de ceux que nous deuons attendre. Certes, après la diuine bonté, nous ne la pouuons rapporter qu'à la protection de la trôs-sainte Vierge, qui, ayant mis la couronne sur la teste de ce jeune prince , ne peut qu'elle ne Ty maintienne. Elle l'a donné à la France, comment souffrirait-elle que la France luy fust rauie, et luy fust ostée à luy mesme? On dit que Démosthène fist graver dessus son bouclier cette devise ayeiOti 'nj)nn9 la bonne fortune : ce qui n*empescha pas qu'il ne fust obligé do le laisser en un combat , et de prendre la fuite: pour ce que ce bouclier ne contenoit en sa deuise que le désir d-un homme et non pas le présent du eîel. Vais la reyne de runiuers «t la mère du Tout-Puissant n'a peu métré le sceptre à la droite de nostre prince, qu'elle ne luy ait [mis quant ^ quant un bouclier à la gauche, qui porte la mesme devise , «yaOjn tv;(«, la bonne fortune ; qui sera autant inséparable do ce sacré monarque, que la main qui la luy présente est constante et inuariable. 0 prince bienheureux, que vous avez juste raison de la recognolstre toute vostre vie pour vo^tre saincte protectrice et de lui crier après Dieu, spes mea ab uberibus matris mece, vous estes mon espérance dès la mammelle de ma mère. Ouy je sucçois encorle lait, par manière de dire, tant mon aage estoit foihle , que vous combatiez pour moy les ennemis de mon estât, et que vous preniez ma défense.
« Et afin que Ton voye que c'estoit la fortune de nostre jeune Lovis, qui surmontolt en ce combat , Dieu a permis que ce fût un autre Lovis qui en eust la conduite. l'entends ce prince magnailime qui «'y est signalé par tant de valeureux exploicts : car il y a représenté de tout poinct ce grand roy; U y a dis-je représenté son nom, par le moyen du sien : son enfance, par sa jeunesse: les commencemens de son règne « par ceux de ses combats, et ce i^ui luy est plus glorieux,* les très-éminentes vertus qui orneront son àme, par les illustres témoignages qu'il a donné des siennes. Apprenez donc, ennemis de celte monarchie, qu'elle est trop affermie , pour estre si facilement destruite ou démembrée. Apprenez qu'ayant
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subsisté par l'estendnë de tam de siècles , ses racuMS ^mi trop profondes pour estre arrachées ea an instant. AppreBes qu'yn monarque que la saincte Vierge a éle?é dessus le throne de son père, n'en peut estre tiré, ny mesme son throne es-^ branlé piar toutes les puissances du monde. *